Joachim de Flore

Joachim de Flore (Celico, Calabre, 1132–San Giovanni in Fiore, 1202), moine cistercien et théologien catholique.

Né en Calabre en 1132, il partit en pèlerinage en Palestine où il se convertit. Il se retira ensuite dans le monastère cistercien de Corazzo. Il fonda plus tard l'abbaye de Saint-Jean des Fleurs (d'où il tira son nom), une branche plus austère de Cîteaux (approuvée en 1196, disparue au XVIe siècle). Il mourut en 1202.

Œuvres

Joachim de Flore a été un ascète réputé, mais c'est avant tout un exégète qui étudie la Bible en cherchant des correspondances entre l'Ancien et le Nouveau Testament. Il est l'auteur d'une Concordance de l'Ancien et du Nouveau Testament et d'un Commentaire sur l'Apocalypse. Les Commentaires sur Isaïe et sur Jérémie, qui lui ont été attribuées au Moyen Âge, sont en réalité plus tardifs et apocryphes.

Doctrine

Comme d'autres penseurs médiévaux, Joachim de Flore se méfie de la raison (il refuse Aristote), des laîcs (censés obéir aux clercs) et des hérétiques.

Sa pensée est pourtant très novatrice. Refusant le pessimisme de saint Augustin, il ne croit pas que « le monde vieillit » : pour lui, il y a de la place pour l'espérance avant la fin des temps. Il divise l'histoire humaine en trois périodes :

L'âge de l'Esprit n'est pas la période de paradis terrestre décrit par les millénaristes traditionnels mais une période de pureté où l'Église deviendra spirituelle, gouvernée par un « pape angélique », où tous (y compris les hérétiques et les infidèles) comprendront le véritable message de Jésus (l'« évangile éternel »).

La fin du monde est proche, selon lui. Les signes s'accumulent : chute de Jérusalem en 1187, multiplication des hérésies. Il la prédit pour 1260 (42 générations de 30 ans depuis la naissance de Jésus).

La critique implicite de l'institution ecclésiastique de son temps rend la pensée de Joachim suspecte à Rome. Il est accusé de trithéisme au concile de Latran IV en 1215.

Postérité

L'influence de Joachim de Flore est considérable du XIIIe siècle, jusqu'à la Renaissance. On retrouve sa pensée eschatologique derrière la recherche de l'« empereur des derniers jours » (Philippe Auguste, ou encore l'empereur Frédéric II).

Mais sa postérité la plus importante est spirituelle. Il influence un certain nombre de courants dissidents comme :

Dans les discussions philosophique durant le XXe siècle concernant les racines de la « crise de la modernité », le nom de Joachim de Flore et ses idées reapparaissent, notamment dans l'œuvre de Erich Voegelin et chez Karl Löwith.

See also: Joachim de Flore, 1132, 1187, 1196, 1202, 1215, 1260, Ancien Testament, Aristote