Jimmy Connors
Jimmy Connors (né le 2 septembre 1952 à Belleville, Illinois) était un fameux joueur de tennis professionnel des États-Unis de 1972 à 1992.
Carrière 1972-1996
A l'automne 1991, lors de la dernière levée du Grand chelem qui se déroule à Flushing Meadow, un joueur enflamme le public américain comme peu de champions ont su le faire avant lui. Il s'agit du vieux Jimmy Connors, 39 ans, qui, dans une énième résurrection, crée l'improbable exploit d'atteindre une nouvelle fois les demi-finales du tournoi américain. La légende du lion est définitivement assurée et aujourd'hui encore, lorsqu'il pleut à New York, CBS, le réseau diffuseur, repasse fréquemment les grands matches de l'américain lors de cet US Open.
Né en 1952 dans l'Illinois, Jimmy Connors est resté professionnel durant un quart de siècle, ce que seul Ken Rosewall, sa victime quadragénaire en finale de Wimbledon et de l'US Open 1974, fut capable de réaliser avant lui. Le jeu de ce gaucher était basé sur deux éléments essentiels : l'esprit combattif, l'acharnement dans le combat d'une part ; le revers de l'autre part. Rarement joueur, qui plus est gaucher, construisit aussi clairement son jeu du côté de son revers. Son coup droit en conséquence fut souvent son point faible, flottant et imprécis. Mais pour avoir l'opportunité de viser son coup droit de gaucher, il fallait déjà parvenir à contenir l'immense agressivité de fond de court de son revers à deux mains.
Ce geste, aujourd'hui si répandu chez les grands (Kafelnikov, Andre Agassi) était dans les années 70 encore relativement peu fréquent. Et c'est Connors qui le démocratisa en en faisant un usage immodéré. Si la légende du vieux lion a rendu le souvenir des amateurs de tennis tendre à son égard, Connors passa d'abord (un peu comme Lleyton Hewitt ou Agassi) par plusieurs phases dans le public américain. Haï dans les années 70 jusqu'à l'arrivée de John McEnroe qui monopolisera les rancunes du public au tournant des années 80, Connors gagna du respect en même temps qu'il gagnait en âge.
L'arrogance de sa jeunesse devint une combativité respectée puis admirée par les Américains, qui aiment ce genre de caractères, mais aussi par les Européens : on se souvient tous de ce 1/16e de finale de Roland-Garros 1991 face à Michael Chang, où Connors lutta durant plus de 3 heures face au relanceur de Hoboken, ne cédant que par abandon au 5e set, non sans avoir remporté la 4e manche et le premier point de la 5e sur une attaque de revers flamboyante.
Connors devint pro en 1972. Rapidement, il s'imposa comme un des grands espoirs américains avec Solomon et Tanner. Durant deux saisons, il parvint à s'emparer de 17 titres, atteignant les quarts de Wimbledon 72 et 73, ainsi que ceux de l'US Open 73. Personne ne le savait alors mais la razzia entamée à Jacksonville en 72 le ménerait jusqu'au total aujourd'hui inatteignable de 109 titres en simple, plus 19 en double!
Il occupa la première place mondiale durant 268 semaines, 2 de moins que Lendl, dispose toujours du record de semaines consécutives à la première place et acheva 5 saisons à ce rang (record battu par Pete Sampras en 1998).
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Le petit chelem de 1974 : Connors sur le toit du monde
Alors qu'il commençait à se faire un trou dans le paysage du tennis mondial en 1973, il franchit un cap l'année suivante, enterrant toute une génération de champions (dont Ilie Nastase et Stan Smith) en réalisant le petit chelem, exploit rarissime durant l'ère open (réalisé par Mats Wilander en 88 et Roger Federer en 2004). Il emporte d'abord l'Australian en battant Phil Dent, le père de l'actuel honnête joueur américain Taylor Dent. Au printemps, il est interdit de Roland-Garros! En effet, à l'époque, les pros américains préféraient jouer des exhibitions lucratives (un championnat intervilles américain notamment) peu avant le tournoi et hésitaient parfois à faire le déplacement parisien. En réaction, Philippe Chatrier, alors président de la FFT bannit du tournoi l'ensemble des joueurs de ces intervilles, dont Connors qu'on priva peut-être de Grand Chelem!
Néanmoins, cela n'empêcha pas l'américain d'enchaîner sur un Wimbledon et un US Open, bouclant par ailleurs la meilleure saison de sa carrière. En finale de ces deux tournois, il triompha d'un australien quadragénaire, Ken Rosewall, qu'il égalerait en longévité 18 ans plus tard...
1975-1978 : le duel face à Borg
Désormais solidement attaché à la première place mondiale, Jimmy Connors entamait l'un des plus grands duels de l'histoire du tennis, contre le suédois Björn Borg, aussi calme et froid que lui était bouillant et acharné.
L'année 1975 fut terrible pour Connors qui perdit ses 3 titres du grand chelem en finale, vaincu par John Newcombe en Australie (il n'y reviendrait plus jamais), par le noir américain Arthur Ashe, 33 ans, en finale de Wimbledon, puis par l'espagnol Orantes en finale d'un US Open passé pour 3 éditions sur har-tru, la terre battue américaine.
Il demeura néanmoins numéro 1 mondial, ne disputant ni l'Australian, ni Roland-Garros l'année suivante. Vaincu en 1/4 de Wimbledon par un serveur surpuissant, Roscoe Tanner, le premier de l'histoire récente, il battit Borg en finale de l'US Open. Désormais le partage des titres serait clair : Borg à Wimbledon, Connors à l'US Open. Chacun battant l'autre régulièrement pour s'assurer de SON tournoi.
En 1977, toujours numéro 1 mondial, il emporta son unique Masters en battant Borg. Ce tournoi avait lieu à l'époque à New York et devant son public, Connors était intouchable. Bien qu'il ait perdu son titre à l'US Open face à Vilas quatre mois plutôt et qu'il ait encore perdu en finale de Wimbledon face à Borg.
Borg qu'il retrouvait l'année suivante en finale de Flushing, le nouveau stade de l'US Open : 6/4, 6/4, 6/2, le suédois échouait une nouvelle fois dans un tournoi qu'il ne gagnerait jamais. Connors y était trop fort! Comme Borg l'était à Wimbledon, puisque l'impassible blond avait encore battu l'américain à Londres deux mois plus tôt. Pour Connors, le rêve d'un second Wimbledon ne se concrétiserait qu'avec la retraite de Borg.
Nul ne savait encore, mais cette année 78 voyait la première carrière de Jimmy Connors s'achever. Le numéro un mondial arrogant qui irritait parfois les foules (comme lors d'un match mythique face à Nastase à l'US Open 78 où l'on vit la foule sur le bord de pénétrer sur le terrain), qui refusait de jouer la Coupe Davis, « trop collective » pour cet individualiste forcené, voyait son règne s'achever. Borg était intouchable et surtout arrivait John McEnroe, le génie du jeu d'attaque, un autre fou furieux qui allait le remplacer comme tête de turc des publics du monde entier.
Le déclin?
Lors des années 1979-1981, Connors n'atteignit pas une seule finale du grand chelem, gagnant 18 titres (un nombre qui baissait d'année en année) mais étant barré constamment par McEnroe et Borg. Rejouant à Roland-Garros, il escomptait bien enfin emporter le seul tournoi qui échappait encore à son palmarès. Le problème, c'est que le tournoi parisien vivait sous la domination totale de Borg et que l'américain sortait en fin de parcours face à des joueurs surprenants, le paraguayen Pecci en 1/2 1979, son compatriote le regretté Gerulaitis en 1/2 1980 et l'argentin Clerc en 1/4 1981.
Jamais il n'emporterait le tournoi français. D'aucun parlaient déjà de son déclin, idée accentué par ses défaites en 1/2 de Wimbledon 79, 80 et 81 face à Borg et McEnroe. Devenu le 3e de ce combat des chefs, il était aussi sorti dans le dernier carré de son US Open par ces mêmes joueurs, Borg en 79 et 81, McEnroe en 80. En outre, il était parfois écrasé par ces deux champions, comme à WImbledon 1979 (victoire de Borg 6/2, 6/3, 6/2) ou à l'US Open 1981 (Borg 6/2, 7/5, 6/4).
Mais il était aussi capable de les menacer gravement. La demi-finale de Wimbledon 1981, aujourd'hui dans l'ombre de la formidable finale du lendemain, en est témoin, Borg ne l'emportant que 0/6, 4/6, 6/3, 6/0, 6/4. Connors n'avait réussi à tenir que 2 sets 1/2 sur son rythme de départ... À l'US Open 1980, il fallut attendre le tie-break du 5e set pour que McEnroe parvienne à l'éliminer dans un thriller magistral (6/4, 5/7, 0/6, 6/3, 7/6).
Jimbo est de retour
Bref, ce fut une ère dorée du tennis. Et Connors reprit vie à la retraite de Borg en septembre 81. Désormais en face à face contre McEnroe, il allait faire un premier come-back magistral, reprenant la première place mondiale par des victoires à Wimbledon 1982 (sur McEnroe vaincu dans un match énorme : 3/6, 6/3, 6/7, 7/6, 6/4, passant à 3 points de la défaite), à l'US Open la même année sur Ivan Lendl, puis à l'US Open 1983 contre le même adversaire. À 30 ans, il emportait ses 6e, 7e et 8e titres du grand chelem, prouvant qu'un joueur pouvait encore se battre après 30 ans.
Il ne regagna jamais de grand chelem mais resta dans les dix meilleurs joueurs du monde 5 années supplémentaires. Toujours malchanceux à Roland-Garros (1/4 en 82, 83 (face à Roger-Vasselin un français inconnu), et 87, 1/2 en 85 face à Lendl), toujours absent de l'australian, même après que celui-ci se fut réinstallé en janvier après une décennie durant laquelle il était disputé à Noël, il parvint néanmoins à refaire un finale de Wimbledon à 32 ans (perdue 6/1, 6/1, 6/2 face à Mc Enroe) en 1984 et des demi-finales en pagaille (dont les US Open 1984 et 1985).
Cette carrière prolongée commença n'anmoins à s'étioler à l'arrivée de Becker et d'Edberg. Désormais distancé par ces jeunes loups, mais aussi par Wilander et par ses ennemis intimes Ivan Lendl (qu'il haïssait) et John McEnroe, il continue néanmoins à jouer et à gagner quelques titres (2 en 1988, 2 en 1989). Encore 1/4 de finaliste face au jeune Agassi aux US Open 1988 et 1989, il semble se retirer en 1990.
Le vieux lion rugit encore
Mais c'est sans compter sa légendaire combativité. À 39 ans, alors qu'il est au-delà de la 100e place mondiale, il revient disputer un match mythique en 1/16e de Roland-Garros face à Chang, éliminer Aaron Krickstein de Wimbledon et y atteindre aussi les 1/16e avant d'être invité par l'organisation de l'US Open. Il y élimine le frère de John McEnroe dans un thriller époustouflant 4/6, 6/7, 6/4, 6/2, 6/4, revenant de 2 sets à zéro dans une liesse populaire incroyable. Vainqueur ensuite des européens Schapers et Novacek (alors dans les 20) en 3 sets secs, il affronte l'américain Krickstein, alors 6e mondial, et ancien demi-finaliste du tournoi dans un match de folie pure. Il est mené 2 sets à 1, égalise puis laisse Aaron s'éloigner de nouveau dans le 5e, mener 5-2, avant de revenir et de gagner le tie-break. Le public new-yorkais est en transe et Paul Haarhuis est dépassé en 1/4 de finales 4/6, 7/6, 6/4, 6/2. On se met à rêver d'adieux sur une victoire en grand chelem, 17 ans après son premier US Open. Mais voilà, restait en demi-finales Jim Courier qui l'écrasa en 3 petits sets. Mais l'histoire était belle et resta plus dans les mémoires que la fade finale Edberg-Courier, où le suédois, en transe, pulvérisa le rouquin de Stanford.
Après cette saison magique, Connors fit une dernière tournée d'adieux, plus anonyme, en 1992, fêtant sur le court son anniversaire et son 22e US Open par une victoire sur le brésilien Oncins au premier tour. C'était son dernier match gagné en grand chelem. Il rejoua quelques matches en 1993-1996, atteingnant encore les 1/4 du trounoi de Halle à 43 ans. Il fit ses adieux définitivement à Atlanta 1996, se tournant vers le circuit senior qu'il domina quelques années jusqu'à l'arrivée d'une nouvelle génération, emmenée par ses cadets Borg et McEnroe.
Après avoir coupé avec le monde du tennis quelque temps, Jimmy Connors est de retour, nommé responsable de la performance du Tennis britannique : un travail de titan dans une fédération moribonde, voilà encore une mission qui plaira à Battling Jimbo!
Bilan:
109 titres emportés (record) dont
1 Australian 1974 (1 finale perdue en 1975)
4 demi-finales à Roland-Garros en 1979, 1980, 1984 et 1985
2 Wimbledon 1974, 1982 (4 finales perdues en 1975, 1977, 1978 et 1984)
5 US Open 1974, 1976, 1978, 1982, 1983 (2 finales perdues 1975, 1977)
1 Masters 1977 (5 demi-finales 1979, 1980, 1982, 1984 et 1985)
1 finale perdue de Coupe Davis en 1984 (la seule édition qu'il ait disputée)
Il est le joueur qui a disputé le plus d'US Open consécutifs (22), celui qui a enchaîné le plus de saison classées à l'ordinateur (1973-1996), le 3e plus long règne de l'histoire à la première place mondiale (derrière Sampras et Lendl)
En outre il a gagné Cincinnati 1972, Los Angeles 1973 (grand tournoi à l'époque), 1974, Philadelphie 1976 (grand tournoi dans les 70's), le Masters de la WCT (organisation concurrente du Grand Prix de l'ITF) en 1977, Philadelphie en 1978, 1979, 1980, le Masters WCT 1980, Los Angeles 1982, le premier tournoi pro disputé en Chine à Canton 1980 et Boca West (le futur Key Biscayne/Miami) en 1984.
