Jean Victor Marie Moreau
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Jean-Victor Marie Moreau
Jean Victor Marie Moreau (né le 4 février 1763 à Morlaix - mort le 2 septembre 1813 à Laun en Bohême) fut un général français.
Son père était un avocat bien installé, et au lieu d'autoriser Jean à entrer dans l'armée, il lui imposa d'étudier le droit à l'université de Rennes. Jean utilisa son temps pour devenir le prévôt des étudiants qu'il organisa en milice qui prit part aux échauffourées entre les jeunes nobles et la populace. En 1791 il fut élu lieutenant colonel des volontaires d'Ille-et-Vilaine. Avec eux, il servit sous Dumouriez, et en 1793 la bonne conduite de son bataillon, son caractère martial et ses principes républicains lui assurèrent une promotion comme général de brigade. Carnot qui avait un œil pour les vraies qualité d'un chef le promut général de division pendant l'hiver de l'an II et lui donna le commandement de l'aile droite de l'armée sous Pichegru dans les Flandres.
La bataille de Tourcoing établit sa célébrité militaire, et l'année suivante il obtint la direction de l'armée de Rhin-et-Moselle, avec laquelle il franchit le Rhin et avança en Allemagne. Au début il fu victorieux (prise de Mayence et de Kehl, victoire de Heydenheim), mais il se heurtera aux Russes et aux Autrichiens ce qui le força à la retraite. Celle-ci est considéré comme un modèle du genre d'autant qu'il ramena plus de cinq mille prisonniers.
En l'an V (1797) après des difficultés prolongées par le manque d'argent et de matériel il traversa à nouveau le Rhin mais ses opérations furent interrompues par les préliminaires de la paix de Leoben. Ce fut à cette époque qu'il trouva la correspondance de trahison entre son ancien camarade et chef Pichegru et l'émigré prince de Condé. Il avait été le témoin de Pichegru contre des dénonciations de déloyauté mais il découvrait alors que son attitude le rendait lui-même suspect de complicité.
Il fut démis et ce n'est qu'en l'absence de Bonaparte et l'avance victorieuse de Suvarov qui rendait nécessaire l'emploi d'un général d'expérience qu'il reçut le commandement de l'armée d'Italie. Il resta avec son successeur Joubert jusqu'à la bataille de Novi où ce dernier fut tué. Il mena alors la retraite et remis les troupes entre les mains de Championnet. Quand Bonaparte revint d'Égypte il trouva Moreau à Paris très mécontent du Directoire autant comme militaire que comme républicain. Lors du coup d'État du 18 Brumaire il prêtera main forte à Bonaparte (en bloquant deux des directeurs dans le Luxembourg) qui lui confie l'armée du Rhin.
Il épouse Mlle Hullot, une créole du cercle de Joséphine de Beauharnais qui prend une ascendance complète sur lui.
Il remporte la célèbre victoire de Hohenlinden le 12 frimaire an IX (3 décembre 1800). Il revient pour jouir de la fortune obtenue pendant ses campagnes. Sa femme rassemble les opposants à la montée du pouvoir de Napoléon. Lequel fait arrêter les conspirateurs dont Moreau. Pichegru fut opportunément «suicidé» dans sa prison. Moreau, d'abord déclaré innocent par ses juges, fut condamné à deux ans de prison après une seconde délibération exigée par Bonaparte. Lequel commua la peine en bannissement. Moreau partit pour les États-Unis d'Amérique en passant par l'Espagne. Il vécu tranquillement à Morrisville, New Jersey jusqu'à ce qu'il apprenne la destruction de la Grande Armée en Russie.
Alors, probablement à l'instigation de son épouse il commit la dernière et la moins excusable de la série d'erreurs politiques qui marquèrent sa carrière. Bernadotte qui commandait alors une armée contre Napoléon, l'introduit auprès du tsar Alexandre Ier. Dans l'espoir de revenir en France pour établir un régime républicain, il donne aux alliés des conseils sur la conduite de la guerre. Heureusement pour sa réputation il ne vécut pas pour voir l'invasion de son pays. Il fut mortellement blessé par un boulet français à la bataille de Dresde le 27 août 1813 et mourut le 2 septembre. Sa dépouille est enterrée à Saint-Pétersbourg. Sa veuve reçut une pension du tsar et obtint le rang de maréchale par Louis XVIII.
