Jean-Pierre Brisset


Jean-Pierre Brisset (La Sauvagère, Orne 1837 – La Ferté-Macé, Orne 1919)

Jean-Pierre Brisset naît le 30 octobre 1837 à La Sauvagère, dans l’Orne de parents fermiers, il quitte l’école à 12 ans pour aider ses parents à la ferme. À quinze ans il part comme apprenti pâtissier à Paris. En 1855 il s’engage dans l’armée pour sept ans et part pour la guerre de Crimée.

En 1859 il met à profit la guerre en Italie contre l’Autriche pour apprendre l’italien. Blessé à Magenta, il est fait prisonnier. La guerre de 1870 le verra sous-lieutenant au 50e de ligne, il sera fait prisonnier et envoyé à Magdebourg, en Saxe ou il apprend l’allemand.

En 1871, il publie La natation ou l’art de nager appris seul en moins d’une heure. Il démissionne de l’armée et part vivre à Marseille. Il y dépose le brevet de la ceinture-caleçon aérifère de natation. C’est un échec commercial. Il retourne vivre à Magdebourg où il gagne sa vie comme professeur de français et éventuellement d’italien. Il met au point une méthode d’apprentissage du français qu’il édite à compte d’auteur en 1874 sous le titre de Methode zur Erlernung der Französischen Sprache (méthode d'apprentissage de la langue française). En 1876 il revient à Paris et reprend du service comme capitaine au 32e Régiment d’infanterie. Il dépose un nouveau brevet : celui d’une planchette calligraphique destinée à l’enseignement de l’écriture et du dessin. En 1877 nouvelle (et définitive) démission de l’armée. Il devient professeur de langues vivantes à Paris mais n’obtient pas d’emploi dans l’Instruction publique car il n'a pas de diplôme de latin. En 1878 c’est la publication de la première édition de La grammaire logique ou théorie d’une nouvelle analyse mathématique (48 pages).

Il postule à un emploi dans les chemins de fer et il est nommé en 1879 Commissaire de surveillance administrative à la gare d’Orchies, dans le département du Nord, puis en 1880 à la gare d’Angers Saint-Serge. C’est là qu’il publiera en 1883 une nouvelle édition, plus complète, de la Grammaire logique. C’est pendant l’achèvement de cette grammaire qu’il recevra la révélation qui sera le fondement de tous ses ouvrages : l’homme est né dans l’eau, son ancêtre est la grenouille et l’analyse des langues humaines apporte la preuve de cette théorie. En 1890, devant l’accueil fait à ses œuvres précédentes, il imprime lui-même Le mystère de Dieu est accompli (Chez l’auteur, en gare d’Angers Saint-Serge). En 1891 la mairie d’Angers et le propriétaire du cirque-théâtre lui ayant refusé leurs salles pour ses conférences, il les donne en août à Paris, salle des Capucines et au café turc, Boulevard du Temple, face à la pâtisserie où il fit son apprentissage.

En 1895 il prend ses fonctions de commissaire de surveillance administrative à la gare Saint-Laud à Angers. Après des ennuis causés par son prédécesseur dans ce poste, il terminera sa carrière à la gare de L’Aigle, dans l’Orne. En 1900 il fait distribuer à Paris par des crieurs, une feuille au format d’un quotidien : La Grande Nouvelle qui annonce la parution de La Science de Dieu ou la création de l’homme. En 1906 il publie Les Prophéties accomplies (Daniel et l’Apocalypse) et le 3 juin il donne une conférence publique à l’Hôtel des Sociétés Savantes, à Paris, rue Danton. En 1912, Jules Romains, professeur à Laon et auteur des Copains, reçoit Le mystère de Dieu est accompli, édité en 1890 et Les origines humaines qui vient de paraître. Il organise avec des amis habitués des canulars l'élection du « Prince des penseurs ». Le 6 janvier 1913, Jean-Pierre Brisset est élu « Prince des penseurs », et le 13 avril Jules Romains et ses amis organisent une journée Brisset à Paris avec banquet, discours et conférence du Prince des Penseurs à l’Hôtel des Sociétés savantes.

Jean-Pierre Brisset meurt le 2 septembre à midi, dans sa maison de La Ferté-Macé après avoir refusé l’extrême-onction. Sa tombe est aujourd’hui disparue. Un legs à Jules Romains permit l’instauration d’un dîner annuel à sa mémoire jusqu’en 1939.

André Breton le met en bonne place dans son anthologie de l’humour noir et ses œuvres sont depuis plusieurs dizaines d’années l’objet d’études, d’articles, et de rééditions.

Jean-Pierre Brisset est un des saints du calendrier pataphysique.

Œuvres

Décimo, Marc : Jean-Pierre Brisset Prince des penseurs, grammairien, inventeur et prophète. Presses du réel.

Les Œuvres complètes de Jean-Pierre Brisset sont disponibles chez le même éditeur, ainsi que les œuvres natatoires.

Les éditions du Paréiasaure à Poitiers ont réédité le Maître de dictées, les éditions Mille et une nuits proposent la Grande nouvelle et les éditions Deleatur un digest de ses œuvres sous le titre de Brisset sans peine.

Liens externes

See also: Jean-Pierre Brisset, 13 avril, 1837, 1855, 1859, 1871, 1874, 1876, 1877, 1878