Jean-Marie Bastien-Thiry
Jean-Marie Bastien-Thiry, né le 19 octobre 1927 à Lunéville, mort le 11 mars 1963 à Fresnes, était un ingénieur militaire français, qui tenta de faire assassiner le général de Gaulle.
Issu d'une famille de militaires, élève de l'École polytechnique, puis diplômé de l'École nationale supérieure de l'Aéronautique, il se spécialisa dans les engins air-air ; il devint ingénieur militaire principal de l'Air en 1957. Il a eu trois filles.
Partisan de l'Algérie française, membre de l'OAS, il perçoit la séparation d'avec l'Algérie comme « plus grave encore que celle d'avec l'Alsace-Lorraine » et organise contre le général de Gaulle l'attentat du Petit-Clamart le 22 août 1962, estimant trouver dans les propos de Thomas d'Aquin sur la légitimité que peut avoir dans certains cas le régicide la conciliation entre son projet et sa religion. Arrêté en septembre à son retour d’une mission scientifique en Grande-Bretagne, son procès devant la Cour militaire présidée par le général Roger Gardet se déroule du 28 janvier au 4 mars 1963. Son avocat est maître Jacques Isorni. Bien qu'il n'ait commis qu'une tentative d'assassinat, il est condamné à mort. Contrairement aux tireurs, probablement pour des raisons politiques, De Gaulle refuse de le gracier. Il est fusillé et laisse une veuve et trois orphelines de 7, 6 et 3 ans.
De Gaulle aurait dit de Bastien-Thiry peu après l'attentat : « Il en prendra pour vingt ans et je le ferai libérer au bout de cinq ». Mais Bastien-Thiry émit lors de son procès des considérations sur le « pays légal » opposé au « pays réel » qui firent changer d'avis De Gaulle, très pointilleux sur sa légitimité qu'il allait faire avaliser par le suffrage universel deux ans plus tard.
Une considération médicale aurait néanmoins pu obtenir cette grâce : Bastien-Thiry avait fait une grave dépression nerveuse peu de temps auparavant, et se trouvait encore sous antidépresseurs au moment de son acte; mais par décision du condamné, la demande de recours en grâce n'en fit pas état.
Déclarations au procès
- « Il n'y a pas de sens de l'Histoire, il n'y a pas de vent de l'Histoire car ce qui fait l'Histoire, selon notre conception occidentale et chrétienne qui est vérifiée par tous les faits historiques, c'est la volonté des hommes, c'est l'intelligence des hommes, ce sont leurs passions, bonnes ou mauvaises. »
- « Le danger que court actuellement ce pays ne vient pas d'un risque de destruction physique ou matérielle : il est plus subtil et plus profond car il peut aboutir à la destruction de valeurs humaines, morales et spirituelles qui constituent le patrimoine français. Ce patrimoine provient d'un héritage qui est à la fois grec, latin, occidental et chrétien et repose sur une conception précise de la liberté et de la dignité de l'homme et des collectivités humaines et sur la mise en application de principes fondamentaux qui sont la recherche et le souci de la justice, le respect de la vérité et de la parole donnée et la solidarité fraternelle entre tous ceux qui appartiennent à la même collectivité nationale. Nous croyons qu'on ne viole pas impunément et cyniquement ces différents principes sans mettre en péril de mort, dans son esprit et dans son âme, la nation tout entière. »
Bibliographie
- Agnès Bastien-Thiry, Mon père, le dernier des fusillés, Paris : Éditions Michalon, 7 avril 2005. 179 p. ISBN 2-84186-258-6
Filmographie : Docu-drama "Ils voulaient tuer De Gaulle" (2005) réalisé par Jean-Teddy Filippe Avec : Jean-Pierre Michael (Jean-Marie Bastien-Thiry), Pierre-Arnaud Juin (Alain Bougrenet de la Tocnaye), Fred Bianconi (Armand Belvisi)...
