Jean Honoré Fragonard
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Jean-Honoré Fragonard (5 avril 1732, Grasse - 1806, Paris) est un peintre français. Il est fils de François Fragonard, garçon gantier, et de Françoise Petit. Après le décès, à dix mois, de son petit frère Joseph, Jean Honoré restera enfant unique.
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Sa vie
Jean Honoré Fragonard quitte sa ville natale à l'âge de six ans, pour s'installer avec sa famille à Paris, où se déroulera la plus grande partie de sa carrière.
Les dispositions artistiques de Fragonard sont précoces et, après avoir quelque temps travaillé avec Chardin, il entre, à l'âge de 14 ans, dans l'atelier de Boucher. En 1752, il est lauréat du grand prix de peinture et entre à l'école royale des élèves protégés, dirigée par Carle Van Loo, puis il part pour l'Académie de Rome.
En 1805, Fragonard est expulsé du Louvre par décret impérial. Il s'installe alors chez son ami Veri, au Palais Royal. L'année suivante, il décède, apparemment terrassé par une congestion cérébrale.
Il est inhumé dans l'ancien cimetière de Montmartre où sa tombe n'est plus visible.
La famille de Fragonard comprenait de nombreux artistes :
- sa belle-sœur et élève, Marguerite Gérard, remarquable peintre intimiste ;
- Marie-Anne Gérard, son épouse, miniaturiste charmante ;
- Alexandre Fragonard, son fils ;
- et son petit-fils, Théophile Fragonard, fils d'Alexandre.
Son cousin, Honoré Fragonard, est un anatomiste célèbre dont les « écorchés » sont conservés dans le musée Fragonard (école nationale vétérinaire d'Alfort)
Son œuvre
À l'instar de François Boucher, Fragonard est considéré comme le peintre de la frivolité, du Rococo. C'est un peu injuste puisqu'il a peint dans bien d'autres registres : grands paysages inspirés de peintres hollandais, peintures religieuses ou mythologiques, notamment.
D'un trait virtuose, Fragonard savait montrer le tourbillonnement du monde par des gestes expressifs et gracieux ou des drapés pleins de vigueur. Fragonard est le dernier peintre d'une époque sur le déclin, ses scènes de genres seront bientôt rendues obsolètes par la dureté néo-classique de David, par la cruauté de la Révolution et celle de l'Empire.
Les scènes de genre de Fragonard sont volontier putassières comme par exemple Les hasards heureux de l’escarpolette, fantasme d'un commanditaire libidineux (M. de Saint-Julien, receveur général des biens du clergé) qui donna à l'artiste des conseils de mise en scène : «Je désirerais que vous peignissiez Madame sur une escarpolette qu'un évêque mettrait en branle. Vous me placerez de façon, moi, que je sois à portée de voir les jambes de cette belle enfant et mieux même, si vous voulez égayer votre tableau.»
Mais même ces scènes effectivement frivoles peuvent être lues à un niveau différent, on peut y voir percer, souvent, une inquiétude, un sentiment de fin de fête parfois (et cela rappelle Watteau ou encore le roman Point de lendemain par Vivant-Denon), ou encore une menace diffuse : les couples dans l'intimité, les belles qui s'épouillent, les endormies, tout ce petit monde de grâce et de sympathie est observé par un peintre qui nous rappelle que la jeunesse ne dure pas et que les moments de tendresse lascive sont fugaces et rares.
Exposition récente
- Jean-Honoré Fragonard, dessins du Louvre, Musée du Louvre, du 3 décembre 2003 au 8 mars 2004.
Bibliographie
- Jean-Pierre Cuzin, Fragonard, 2003
Galerie
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