Jean Chouan

Jean Chouan, Jean Cottereau (dit) (5 octobre 1757 Saint-Berthevin (Mayenne), 25 juillet 1794, Olivet (Mayenne), (Mayenne) ).

Les frères Cottereau - Pierre, Jean, François et René - étaient les chefs de l'insurrection qui se développait dans le Bas Maine en 1793.

Origine

Héros de la chouannerie, Jean Cottereau naquit dans une hutte de bûcheron-sabotier de la forêt de Concise dans la Mayenne. Il hérita du surnom de chouan (le taciturne) de son père, sabotier et probablement faux saunier, se servant du cri de la chouette pour se faire reconnaître de ses complices. En 1760, il fut emmené avec ses frères et ses sœurs dans la fermette des Poiriers à Saint Ouën des Toîts. Le père mourut en 1778 laissant son métier à l'aîné, les trois autres pour survivre, devinrent contrebandiers en sel.

Il pratiquait le faux saunage avec ses frères François et René. C'est ainsi qu'ils connurent avec d'autres les recoins de la forêt de la région qui leur permettra d'échapper aux Bleus (soldats républicains) de façon assez efficace malgré un nombre restreint. En 1780, âgé de 23 ans, il fut poursuivi pour avoir d’abord rossé un nommé Marchois qu’il soupçonnait de l’avoir vendu aux gabelous, puis pour avoir tué à force de coups un agent de la gabelle. Il disparut à cette époque, peut-être engagé au régiment de Turenne sous un faux nom. Arrêté en 1785, il passe plusieurs années en prison.

Chouannarie

En 1792, à Saint-Ouen-des-Toits, non loin de Laval, il ameute les paysans lors d’une tentative d’enrôlement de volontaires, bouscule les gendarmes et constitue une bande qui va s’installer dans le bois de Misedon.

Il joue un rôle actif dans la contre-révolution, favorise l’émigration. Sa tête étant mise à prix, il tente en vain, en mars 1793, de gagner l’Angleterre. En octobre 1793, il rejoint l’armée des Vendéens à Laval et participe aux combats jusqu’à la sanglante défaite du Mans, le 12 décembre 1793. Les deux sœurs (Perrine et Renée Cottereau furent arrêtées, conduites à Laval où elles furent jugées et guillotinées le 20 avril 1794. Au Mans, la mère de Jean Cottereau fut écrasée accidentellement par une charette. Le frère de Jean Cottereau se blessa grièvement avec son fusil.

Il se replie alors dans sa forêt de Misedon, où il continue la lutte sur un terrain qui lui est plus favorable que celui d’une bataille rangée. Mais le ravitaillement est difficile dans un pays sillonné par les troupes républicaines. En juillet 1794, il est reconnu dans une ferme ; poursuivi, il attire sur lui le feu des républicains pour permettre à sa belle-sœur, enceinte, de s’échapper. Jean Cottereau demeura à l'arrière-garde et reçut une balle dans l'abdomen. Il réussi à se cacher et fut transporté dans les fourrés où il mourut le 25 juillet 1794. Grièvement blessé, il parvient à regagner la forêt mais meurt de ses blessures ; sa tombe n’a pas été retrouvée.

La famille de Jean Chouan connut un sort aussi tragique : un de ses frères mourut à la guerre, un autre fut guillotiné, ainsi que ses deux sœurs. Seul survécut René Cottereau, qui reçut des Bourbons une pension de 400 francs et mourut en 1846.

Bibliographie

See also: Jean Chouan, 12 décembre, 1757, 1760, 1778, 1780, 1785, 1792, 1793