Jean-Charles Pichegru

Jean-Charles Pichegru, général français de la Révolution, né à Arbois le 16 février 1761 et mort à Paris le 5 avril 1804. Après s'être couvert de gloire et avoir sauvé la Révolution, il trahit et fut déporté en Guyane.

Né au sein d'une famille de paysans, il reçoit une solide éducation puis devient répétiteur de mathématiques au Collège militaire de Brienne, où il enseigne Napoléon Bonaparte. Il s'engage ensuite au 1er régiment d'artillerie, prend part à la guerre d'indépendance des États-Unis d'Amérique et en revient adjudant. Président du club révolutionnaire de Besançon en 1791, il se fait élire commandant d'un bataillon de volontaires du Gard qui rejoignait l'armée du Rhin. Dès les premières batailles, son habileté manœuvrière et son esprit de décision se révélent.

L'appui de Saint-Just et de Robespierre l'aide également à franchir les échelons : général de division le 4 octobre 1793, puis commandant en chef des armées du Rhin et de la Moselle le 23 décembre de la même année. En février 1794, il remplace Jourdan à la tête de l'armée du Nord, et mène une très belle campagne en Flandre, entre le 7 juillet à Anvers, à Amsterdam le 20 janvier 1795 et conclut la campagne par la capture de la flotte hollandaise au Helder. Le 14 février 1795, il entre à Groningue, dans le nord des Pays-Bas : l'ensemble du pays est occupé.

À noter qu'il sut maintenir une discipline exemplaire dans ses troupes, qui ne se rendirent coupables d'aucun pillage à Amsterdam, une des plus riches villes d'Europe.

Il réprime l'insurrection du 12 Germinal an III (1er avril 1795), et reçoit alors le titre de Sauveur de la Patrie, et est alors nommé général en chef des armées du Rhin, du Nord et de Sambre-et-Meuse. Après avoir pris Mannheim en septembre, il est contacté par un agent royaliste, et trahit. Le parti blanc lui promettait un million au comptant, une rente de 200 000 francs, le maréchalat, le gouvernement d'Alsace et le château de Chambord. Son inertie contraignit Jourdan qui marchait sur Düsseldorf à repasser sur la rive gauche du Rhin. Soupçonné de trahison, il dut démissionner en Ventôse an IV (mars 1796). Restant populaire, il obtient l'ambassade de Suède.

Convaincu de collusion avec le prince de Condé, il est arrêté après le coup d'État du 18 fructidor an V. Il fut condamné à la déportation en Guyane, s'échappe et gagne Londres en Prairial an VI (juin 1798). Il participe à la conspiration de Cadoudal, débarque en Normandie en janvier 1804, mais est livré par un de ses anciens officiers, Le Blanc.

Il fut opportunément «suicidé» par pendaison dans sa prison du Temple.

See also: Jean-Charles Pichegru, 14 février, 16 février, 1761, 1793, 1794, 1795, 1796, 1798