Jean Bédel Bokassa
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Bokassa
Jean Bédel Bokassa, (1921-1996) fut président de la République centrafricaine de 1966 à 1979.
Il naquit le 22 février 1921 à Bobangui en Centrafrique. Son prénom est dérivé du nom de Jean-Baptiste de la Salle, tel qu'il figure sur les calendriers : « St Jean B. de L. ». Il perdit ses parents à l'âge de six ans : son père, qui protestait contre la brutalité des sociétés concessionnaires coloniales, fut tué, et sa mère se suicida peu de temps après. Il fut élevé par sa famille. Les missionnaires des écoles qu'il fréquentait voulait en faire un prêtre mais il s'engagea finalement dans l'armée française en mai 1939. Il fut par la suite soldat des forces françaises libres et participa au débarquement de provence, à la bataille du Rhin. Après la guerre, il devint élève de l'école militaire St-Louis au Sénégal puis à Châlons-sur-Marne. Il combatit ensuite en indochine et en Algérie, obtint la légion d'honneur et la croix de guerre et quitta l'armée française avec le grade de Lieutenant.
Son cousin David Dacko, président d'un Centrafrique fraîchement indépendant fît appel à ses services pour réorganiser l'armée du pays et le nomma chef d'État Major en 1964. À la fin de l'année 1965, le chef de la gendarmerie tenta un coup d'État contre David Dacko et envoya également des gendarmes pour tenter d'arrêter Jean-bédel Bokassa. Ce dernier ne resta pas inactif, il neutralisa la Gendarmerie et renversa Decko à son propre avantage. Il accèda ainsi au pouvoir le 31 décembre 1965.
Les septs premières années de son règne furent plutôt populaire en dépit de la violence de son régime qui pratiquait la torture et les exécutions. Il défendait en effet le retour à la terre, la valeur du travail et combattait la corruption et la bourgeoisie.
Mégalomane, violent, imprévisible, Jean-Bédel Bokassa perdit pourtant peu à peu tout sens de la mesure. « Le soudard », comme le Général de Gaulle l'appelait, devint président à vie en 1972, puis maréchal en 1974, il se déclara musulman en 1976 pour courtiser Kadhafi et se couronna finalement empereur le 4 décembre 1977 au cours d'une célébration démesurée à laquelle le ministre français de la Coopération participa.
En 1979 Jean-Bédel Bokassa ne jouissait alors plus de sa popularité passée et il réprima dans le sang des manifestations qui lui étaient hostiles. Son implication personnelle dans les massacres fut établie par Amnesty International et une commission de juristes internationaux malgré un farouche déni de sa part.
Alors qu'il se trouvait en Libye, l'empereur Bokassa fût déposé le 21 septembre 1979 dans des conditions confuses dans lesquelles la France joua un rôle prépondérant. Au cours de l'opération, David Dacko fût déposé sur l'aéroport de Bangui par un Transall de l'armée française pour reprendre le pouvoir.
Parrallèllement, l'affaire des diamants émergea en France et contribua à la défaite de Valéry Giscard d'Estaing aux élections présidentielles de 1981. Bokassa se réfugia à Abidjan en Côte d'Ivoire puis en France pour finalement retourner à Bangui en 1989 où il fut arrêté et condamné à mort. Bokassa, dictateur violent, soutenu et déposé par Paris fut accusé de tous les maux, même de cannibalisme ! Il fut malgré tout libéré en 1993 et décéda en 1996.
