Jacques Rivière
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Jacques Rivière (1886-1925), homme de lettres qui fut le directeur de La Nouvelle Revue Française (NRF) de 1919 jusqu'à sa mort et l'ami d'Alain-Fournier avec qui il échangea une abondante correspondance.
Né le 4 juillet 1886 à Bordeaux, il se lie d’amitié avec Alain-Fournier, le futur auteur du Grand Meaulnes, sur les bancs du lycée Lakanal, près de Sceaux, où tous deux préparent le concours d’entrée à l’École normale supérieure. Revenu à Bordeaux en 1905, il continue à entretenir avec lui une correspondance régulière où l’on voit se dessiner chez l’un et l’autre leur goût particulier pour la littérature.
Il obtient sa licence ès lettres à Bordeaux puis fait son service militaire et, en 1907, il revient à Paris préparer l’agrégation de philosophie et une thèse à la Sorbonne sur la Théodicée de Fénelon. Entre temps, il gagne sa vie comme enseignant au lycée Stanislas. Il subit tour à tour les influences de Maurice Barrès, André Gide et Paul Claudel avec qui il entreprend de correspondre. Le 24 août 1908, il épouse la jeune sœur d’Alain-Fournier, Isabelle, et, en 1913, il se rallie explicitement au catholicisme.
D’abord collaborateur à l’Occident, il devient rapidement secrétaire de rédaction de la NRF en 1912. Il entreprend alors la rédaction de critiques littéraires, qu’il rassemble et publie sous le titre d’ Études, où il révèle un excellent sens de la psychologie.
Il est mobilisé en 1914 au 220e régiment d’infanterie et fait prisonnier le 24 août, dès les premières échauffourées. Emprisonné au camp de Königsbrück en Saxe, il tente de s’en évader et est alors envoyé au camp disciplinaire de Hülsberg en Hanovre où il consigne ses souvenirs de captivité, L’Allemand (1918). Gravement malade, il est transféré en Suisse et interné jusqu’à la fin de la guerre.
Au lendemain du conflit, il songe à relancer la NRF dont la parution avait été interrompue. Sous sa nouvelle direction, elle reparaît le 1er juin 1919 et il y déploie de remarquables qualités publiant Marcel Proust, François Mauriac, Paul Valéry, Saint-John Perse, Jean Giraudoux et Jules Romains. Il néglige sa propre carrière d’écrivain et n'écrira qu’un court roman psychologique, Aimé, publié en 1922.
Décédé le 14 février 1925 à Paris d’une fièvre typhoïde, son épouse Isabelle, se consacra après sa mort au classement et à la publication de ses nombreuses œuvres posthumes.
Œuvres
- Études (1912)
- L’Allemand (1918)
- Aimé (1922)
- À la trace de dieu (1925)
- Correspondance de Jacques Rivière et Alain-Fournier (publiée de 1926 à 1928)
- Correspondance avec Paul Claudel (1926)
- Carnet de guerre (1929)
- Etude sur Rimbaud (1931)
- Moralisme et Littérature, dialogue avec Ramon Fernández (1932)
- Florence (1935) roman inachevé
- Carnet 1914-1917 (1977)
