Jacques Laffitte

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Jacques Laffitte

Jacques Laffitte, banquier et homme politique français (1767-1844).

Jacques Laffitte connait une ascension rapide dans le monde de la Banque qui le conduit jusqu'au poste de gouverneur de la Banque de France. Député libéral, il participe à la révolution de juillet 1830 et devient Président du Conseil de Louis-Philippe Ier.

Sommaire

Origines

Jacques Laffitte est né à Bayonne dans les Pyrénées-Atlantiques le 24 octobre 1767. Il est issu d'une famille modeste et nombreuse (10 enfants). Son père, Pierre Laffitte était maître charpentier.

Après de courtes études, il devient d'abord apprenti charpentier auprès de son père, puis 3e clerc chez un notaire de Bayonne, puis commis chez un négociant de Bayonne.
En 1788, à l'âge de 21 ans, il entre chez le banquier Jean-Frédéric Pérégaux qui lui manifeste très vite une grande confiance.

Une carrière de banquier

Jacques Laffitte fait preuve de remarquables qualités et manifeste de réelles aptitudes pour le métier de la banque et il connaît, grâce à cela, une ascension rapide.
La Banque Pérégaux était à cette époque, en raison de ses relations avec l'étranger, la banque du Comité de Salut Public. Pérégaux est devenu par la suite l'un des conseillers financiers de Napoléon.

Pérégaux lui permet de progresser et lui confie des responsabilités de plus en plus importantes. Il l'intéresse aux bénéfices et en fait même, en 1806, son associé dans la S Pérégaux et Ce.

Mais l'état de santé de Pérégaux obligeant à dissoudre cette société, une nouvelle société est constituée en 1807 : Pérégaux , Laffitte et Ce. Laffitte détient 50% du capital social et devient Directeur-Gérant (le reste du capital social se partageant entre les enfants de Pérégaux).
Cette nouvelle banque devient très vite la première banque de Paris et l'une des plus puissantes banques européennes.

Le 19 janvier 1809, Laffitte devient Régent de la Banque de France prenant la place de Pérégaux après le décès de celui-ci. Il est en même temps juge au Tribunal de Commerce de la Seine et devient, en 1810, Président de la Chambre de Commerce.

Le 6 avril 1814, il est nommé Gouverneur de la Banque de France. Il occupera cette fonction jusqu'en 1820.

Laffitte est à la tête d'une fortune très importante. Cette fortune lui permet de racheter le château de Maisons à la duchesse de Montebello en 1818.
Il possède également le château de Meudon, le château de Breteuil-sur-Iton dans l'Eure ainsi qu'un hôtel particulier à Paris.

Sa fortune était évaluée à 20 / 25 millions.

Il épouse en 1801 Marine-Françoise Laeut, fille d'un négociant. De cette union naît une fille unique : Albine qui épousera en 1828 le prince de la Moskowa, fils du maréchal Ney.

Napoléon lui aurait dit : « Je vous connais Monsieur Laffitte, je sais que vous n'aimez pas mon gouvernement, mais je vous tiens pour un honnête homme. »

Une carrière politique

Jacques Laffitte est élu député de la Seine en 1816 et siège dans l'opposition libérale.

Il est l'un des instigateurs de l'insurrection de Juillet 1830 qui aboutit à l'abdication de Charles X et à l'accession au pouvoir de Louis-Philippe. Il finance le journal Le National.

Il est nommé Président du Conseil avec la charge de ministre des Finances le 2 novembre 1830 et exerce ces responsabilités jusqu'au 13 mars 1831.

La tâche de Laffitte fut difficile car le procès des ministres de Charles X (15-21 décembre 1830), qu'il organisa avec le ministre de l'Intérieur le comte de Montalivet, où les accusés furent condamnés à la détention perpétuelle, provoqua une émeute. De plus, son désaccord avec Louis-Philippe qui refusait une intervention en Pologne conduit à son remplacement par Casimir Perier.

Il sera réélu député quelques années plus tard et siègera dans l'opposition à Louis-Philippe.
Laffitte déclarait plus tard : « Je demande pardon à Dieu et aux hommes d'avoir concouru à la révolution de Juillet. »

Un revers de fortune

Lorsque Laffitte quitte ses fonctions de Président du Conseil, il est quasiment ruiné. La politique l'avait entraîné à des dépenses importantes. De plus, sa banque avait prêté à des industriels ou à des sociétés immobilières qui ont fait faillite et n'ont pas pu le rembourser. Il se trouve dans l'obligation de liquider sa banque le 28 janvier 1831. Il n'échappe à la faillite que grâce à une avance conssentie par la Banque de France et garantie sur ses biens propres. L'avance dont il bénéficie lui donne un délai qui lui permet d'organiser la vente d'une partie du parc de son domaine de Maisons.

Son hôtel particulier est racheté par une souscription nationale pour le lui offrir. Son épouse est même amenée à vendre ses diamants.

En 1836, il réussit cependant à créer une nouvelle banque d'affaires.

L'évolution de son domaine de Maisons

En 1833, à la suite de ses difficultés financières, Jacques Laffitte décide donc de procéder au morcellement du grand parc du château sur le modèle des lotissements paysagers anglais.
Il fait de Maisons une ville composée de maisons de campagne acquises le plus souvent par des parisiens fortunés appartenant aux milieux des affaires et du spectacle.
Les acquéreurs sont attirés à Maisons par une importante campagne publicitaire.
Jacques Laffitte fait démolir les écuries du château afin d'en récupérer les pierres pour les vendre et permettre la construction des villas du parc.
C'est à partir de cette époque que l'appellation Maisons-Laffitte commence à être utilisée. Elle sera officialisée plus tard, en 1882, comme nom de la ville.

À partir de 1833, Jacques Laffitte, encouragé par son gendre le prince de la Moskowa et son neveu Charles Laffitte, organise les premières courses de chevaux à Maisons.

Jacques Laffitte meurt à Paris le 26 mai 1844 à l'âge de 77 ans.

See also: Jacques Laffitte, 1767, 1844, Banque de France, Bayonne, Camille de Montalivet, Casimir Perier, Charles X