Jacquerie
Jacqueries médiévales
- Jacques Bonhomme, chef de Jacquerie en 1358.
Jacques Bonhomme : sobriquet désignant le paysan français
Durant l'été de 1358, éclate en Île-de-France une révolte populaire appelée Jacquerie. Cette révolte s'inscrit dans le contexte difficile de la guerre de Cent Ans, assombrit depuis 1347 par les épidémies de peste. La noblesse, après les défaites de Crécy en 1346 et de Poitiers en 1356, est déconsidérée. Les grandes compagnies, lorsqu'elles ne guerroient pas pour l'un ou l'autre des partis, rançonnent le pays. À Paris, Étienne Marcel entretien un état d'agitation en demandant des réformes.
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Jacqueries sous Louis XIV
Au XVIIe siècle, les paysans vivent presque exclusivement des produits de la terre qu'ils cultivent, ou au moyen d’achats et d’échanges limités aux voisins immédiats. Ils ont une vie simple. Survient-il une mauvaise année, une calamité agricole, de la grêle, des inondations, et les récoltes sont compromises. Si les récoltes sont mauvaises, c’est d’abord une hausse des prix, puis, très rapidement, une disette.
Contrairement à une opinion très répandue, l’histoire de ces misères commence très tôt dans le règne de Louis XIV. La famine s’abat sur la France en 1662 ; on assiste à un exode rapide des paysans vers la ville, où ils cherchent du secours et envahissent les hospices. D’autres calamités viennent accabler les paysans ; les épidémies déciment les populations affaiblies par le manque de nourriture, et la charge des impôts, la gabelle (impôt sur le sel), le papier timbré apparaissent comme un insurmontable fardeau imposé par l’État.
La plupart des soulèvements populaires qui ont troublé le royaume, surtout le Sud-Ouest, de 1624 à 1670, ont été provoqués ces pressions fiscales. Ce sont les laboureurs, les fermiers, les gros métayers qui se soulèvent le plus volontiers. La jacquerie française du XVIIe siècle est une action désespérée.
Les révoltes sont innombrables et généralement réprimées avec une extrême dureté.
- En 1662, c’est la révolte du Boulonnais, qui se solde par trois mille arrestations et l’envoi de quatre cents rebelles aux galères.
- En 1664, Colbert veut à nouveau imposer la gabelle aux pays rédimés. En Gascogne, un aventurier, Bernard d’Audijos, prend le commandement des révoltés. Il tient tête, pendant deux ans à l’armée royale. Quand il est enfin pris, le roi, devant sa popularité, n’ose pas sévir, le gracie et le nomme colonel.
- Un des plus graves soulèvements est la jacquerie vivaraise de 1670. Un inconnu avait fait courir un bruit stupide : un édit allait créer de nouvelles taxes, plus vexatoires encore que celles qui existaient. Il n’y avait évidemment pas un mot de vrai dans cette ridicule histoire, mais l’émeute grossit à Aubenas et aux environs. Les pillages commencent. Les révoltés trouvent un chef en Antoine du Roure. Aux pillages succèdent les incendies et les meurtres. Les « Rourois » ont soulevé une nouvelle jacquerie. Cette révolte se termine en défaite, suivie d’une répression sanglante. Du Roure est arrêté et exécuté.
- En 1674, les nouveaux droits fiscaux nécessités par la guerre de Hollande amènent de troubles en Guyenne. La répression est particulièrement dure : Bordeaux doit loger deux cent neuf compagnies d’infanterie et de cavalerie à ses frais.
- L’augmentation des droits d’octroi soulève la fureur populaire au Mans en 1675.
- Le prestige que Louis XIV offre à la France se trouve être fort onéreux. Dans le but de renflouer les caisses de l’État, une déclaration royale de 1673, met en vigueur en 1674 un édit inappliqué de 1655 selon lequel tout acte susceptible d'être présenté en justice devra être désormais rédigé sur du papier timbré, pour pouvoir être enregisré. Il réinstaure également sur le tabac et la vaisselle d’étain des droits que la Bretagne avait racheté deux millions de livres. Or, depuis l’union de la France et de la Bretagne en 1532, tout nouvel impôt doit être accepté par les États Provinciaux de Bretagne. Bien sûr, ceux-ci s’opposent à cette taxe supplémentaire, mais Louis XIV passe outre. Ces taxes provoquèrent un vif mécontentement, principalement à Rennes, à Nantes et en Cornouaille : elles y amenèrent la révolte dite du Papier Timbré ou des Bonnets Rouges, en 1675. Les paysans bretons de quatorze paroisses prirent les armes, dirigés par Sébastien Le Balp. Des nobles furent maltraités, des châteaux incendiés, des villes menacée, des bureaux de timbre et de tabac saccagés. Les révoltés exprimèrent leurs revendications dans un Code Paysan, rédigé à Notre-Dame de Tréminou, près de Pont-l'Abbé. Ils réclamaient l’adoucissement et parfois la suppression des droits seigneuriaux.
- Les droits des vins à Mâcon en 1680
