Istrie

L'Istrie est une presqu'île du Nord de l'Adriatique entre les golfes de Trieste et de Rijeka.

Sommaire

Histoire

Ses premiers habitants sont les Histres qui ont donné leur nom à la région. Elle a été soumise par les Romains en 178 av. J.-C. puis par les Goths en 476. Elle devient possession de Byzance en 539 puis des Francs en 788.

En 1060, elle fut élevée au rang de margraviat autonome du Saint Empire romain germanique.

En 1420, elle passe sous l'autorité de la République de Venise jusqu'à la Révolution française.

De 1806 à 1813, elle fait partie de l'empire napoléonien (Provinces illyriennes). Le maréchal Jean-Baptiste Bessières fut fait duc d'Istrie par Napoléon Ier.

Après la chute de Napoléon, la péninsule fut rattachée à l'Autriche.

En 1866 l'Italie s'allia à la Prusse en guerre contre l'Autriche. L'Italie subit une cruelle défaite navale près de l'île de Lissa (Vis pour les Slaves). L'Autriche n'en céda pas moins la Vénétie à l'Italie et la frontière se rapprocha de Trieste et de l'Istrie.

Les deux composantes de l'Autriche-Hongrie (1867-1918) étaient séparées par une ligne douanière. Le Kustenland ou Pays Côtier relevait de l'Autriche et avait pour Trieste pour chef-lieu. Ce Kustenland regroupait le comté princier de Görz (Gorizia en italien), Gradisca et le margraviat d'Istrie ; les cartes de l'époque montrent que trois îles situées dans le golfe de Fiume (Veglia, Cherso et Lussino) appartenaient à l'Istrie. Il n'y avait pas continuité territoriale entre le Kustenland et la Dalmatie qui relevait aussi de l'Autriche : la Hongrie possédait en effet un débouché maritime dont Fiume (les Hongrois utilisaient cette forme) était le port principal.

Après la Première Guerre mondiale, l'Autriche-Hongrie fut démantelée et l'Istrie passa à l'Italie lors du traité de Rapallo qui réussit peu après à annexer Fiume (appelée Rijeka par les Slaves, les deux termes signifiant « rivière ») grâce à l'expédition de Gabriele D'Annunzio. L'Italie annexa en outre les îles de Cherso (Cres pour les Slaves) et Lussino (Lošinj pour les Slaves) tandis que la Yougoslavie annexait l'île de Krk (Veglia pour les Italiens). Les Italiens annexèrent en outre l'enclave de Zara (Zadar pour les les Slaves) sur la côte dalmate ainsi que, plus au sud, l'île de Lagosta (Lastovo pour les Slaves).

Après la Seconde Guerre mondiale l'Istrie fut disputée par l'Italie qui ne garda au bout du compte (en 1954) que Trieste (ainsi coupée de son arrière-pays) et la Yougoslavie qui annexa le reste. La région, au relief karstique riches en grottes et cavités naturelles, fut le théâtre des massacres des foibe en mai et juin 1945 qui poussèrent la minorité italienne à se réfugier en Italie.

La Slovénie et la Croatie, deux composantes (républiques) de la Yougoslavie fédérale (et communiste) devinrent indépendantes dans les années 1991-1992 en conservant les frontières yougoslave internes de 1954 de l'Istrie (règlement de la question de Trieste)  : la Slovénie disposait d'un débouché sur la mer comprenant Koper (Capodistria en italien) et Piran (Pirano en italien). L'Istrie appartient donc maintenant presque complètement à la Croatie.

La Slovénie a intégré l'Union européenne en 2004.

La candidature de la Croatie à l'Union européenne devrait supprimer à terme tout problème de frontières pour l'Istrie.

Population

Les habitants de l'Istrie sont les Istriotes.

On note la présence d'une minorité parlant un dialecte roman, apparenté au roumain, et connu sous le nom d'istro-roumain. La minorité italienne est estimée à plus de 20 000 habitants : la Voce del popolo en est l'organe de presse principal, publié à Rijeka.

Le végliote parlé dans l'île de Veglia s'est éteint à la fin du dix-neuvième siècle : c'était un dialecte du dalmate, une langue romane aujourd'hui disparue.

le statut de l’Istrie croate

En avril 2001, le ministère de la Justice, de l’Administration et des Collectivités locales a décidé de suspendre 10 dispositions du nouveau statut de la joupanie (comitat, c’est-à-dire région) d'Istrie : celles qui consistent à ajouter des noms italiens aux noms croates des villes et des communes en Istrie; celles qui sont relatives à l’utilisation de la langue italienne ; celles qui introduisent le terme « istriotisme » comme expression de l’appartenance régionale.

L'IDS-DDI (parti démocrate d'Istrie, en croate Istarski Demokratski Sabor, en italien Dieta democratica istriana) réclame la régionalisation de la joupanie ou au moins un statut spécial pour l'Istrie. Le débat concerne également la ville de Rijeka et ses environs.

Économie

La région possède des gisements de charbon et de bauxite. Elle tire également des revenus du tourisme, et des industries du bois et agro-alimentaire.

See also: Istrie, -178, 1060, 1420, 1806, 1813, 1945, 1954, 1991, 1992