Islamophobie
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L'islamophobie se définit par une hostilité, voire une haine, envers l'islam. On parle parfois de « racisme anti-musulmans ». Cette notion fait l'objet de controverses.
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Définition
Étymologie
Le terme « islamophobie » est un néologisme, créé dans les années 1990 ; il dérive de « xénophobie » ou « judéophobie ». Étymologiquement, « phobie » émane du grec ancien phobos (φόβος) qui signifie « peur, effroi ». L'islamophobie traduirait à ce titre une réaction de peur, comme la xénophobie. Elle est considéré comme une forme de racisme par les personnes qui pratiquent l'amalgame arabe/musulman et estiment que les musulmans constituent par conséquent une race à part entière. Ceci est naturellement inexact car il existe des Musulmans de toutes couleurs de peau et de toutes cultures. Les Arabes sont largement minoritaires parmi l'ensemble de la population Musulmane.
Histoire du terme
La première apparition du terme islamophobie date du tournant des années 90, lors de l'affaire Salman Rushdie. Il était alors utilisé par les mollahs iraniens. Utilisés par les prédicateurs musulmans comme Tariq Ramadan, le terme a ensuite intergré le langage de l'association antiraciste MRAP, puis a intergré le vocabulaire d'un quotidien comme Le Monde, sous la plume de Xavier Ternissien avec les attentats du 11 septembre.
Sens
La signification réelle de l'« islamophobie » n'est pas définie précisément, et oscille entre la critique d'une religion et les agressions contre ses adeptes. Dans son acceptation la plus générale, l'islamophobie est souvent caractérisée dans sa définition par une confusion entre culture et religion. Selon cette optique, elle est alimentée par des préjugés et des stéréotypes négatifs pratiquant l'amalgame entre « musulman », « arabe », « islamiste », « intégriste », « terroriste », etc.
Usage
Si le terme n'est pas défini précisément, c'est parce qu'il est employé dans des cas très différents, comme par exemple :
- pour désigner des atteintes aux personnes en raison de leur confession musulmane ;
- pour désigner une discrimination à l'encontre de musulmans (et par amalgame un racisme anti-arabe) ;
- pour désigner une critique de l’islam en tant que système de croyances ;
- pour désigner une dénonciation d'un repli identitaire de musulmans ;
- pour désigner un comportement contraire aux valeurs de l'islam (cet usage est en régression)
- pour désigner un rejet de l'exploitation politique de l'islam (islamisme).
Ce vocable a ainsi été employé dans des cas très différents, comme par exemple :
- lors de l'affaire Salman Rushdie ;
- lors du débat du voile en France ;
- lors d'incendies criminels de mosquées.
La presse française utilise essentiellement ce terme pour désigner les actes d'hostilité et de violence contre les musulmans : mosquées incendiées, tombes profanées, violences et menaces contre les personnalités et associations musulmanes, discrimination en raison de l’appartenance religieuse, etc.
Débat
Certaines associations (telles que le CCIF et le MRAP en France) estiment que l'islamophobie est un délit, au même titre que l'antisémitisme.
Tout comme l'antisémitisme, cette opinion n'est pas partagée par tous, pour deux raisons :
- l'usage du terme est trop vague (par exemple, la critique d'une religion et, à fortiori, des dérives de sa pratique n'est pas un délit)
- d'une manière plus générale, la catégorisation des formes de racisme peut engendrer des jugements de valeur sur l'importance de certaines formes de racisme par rapport à d'autres, et donc finalement être une nouvelle forme de racisme.
Comme l'antisémitisme, il peut être instrumentalisé pour promouvoir le repli identitaire de ses victimes. Il est ainsi pour les intégristes islamiques, l'équivalent du racisme anti-blanc pour les mouvements d'extrême droite occidentaux. Il permet également de nier les fondements du racisme, en laissant entendre qu'il changerait de nature en fonction de ses victimes.
Discrimination à l'embauche
Dès 1999, le bulletin Liaisons sociales, qui publie l'évolution commentée du droit du travail, s'inquiérait de la montée du racisme à l'embauche. Depuis, un certain nombre d'affaires ont défrayé la chronique dans laquelle celle du fichier de ADDECO fut particulièrement remarquée.
Depuis peu (fin 2003), se fait jour parmi le patronat des réactions éthiques. Fabrice Lacombe directeur général de Michael Page France, et signataire depuis cet été, d’un partenariat avec SOS Racisme pour lutter à l'intérieur des entreprises contre les discriminations.
Le phénomène de discrimination [...] est un problème de société qui touche les entreprises dans leur gestion quotidienne des ressources humaines
Des expériences ont été menées par diverses associations dont le résultat est constant :
- le candidat au nom à consonance maghrébine où à l'apparence franchement méditerranéenne, n'obtient pas de réponse à ses offres de services tandis que le même CV et la même lettre de motivation avec un nom français reçoit de nombreuses réponses
- le candidat au nom à consonance maghrébine où à l'apparence franchement méditerranéenne, met deux fois plus de temps à trouver un premier emploi et demeure plus longtemps dans des formes précaires de salariat que son collègue autochtone à niveau de qualifications égales.
Aussi à voir
Bibliographie
- La nouvelle islamophobie - Vincent Geisser - Editions La découverte - ISBN 2707140600
Liens externes
- Collectif contre l'islamophobie en France
- Rapport de la Commission Nationale consultative des Droits de l'Homme
- Citations de personnalités françaises, présentées sous le titre « islamophobie »
