Islam Karimov

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Islam Karimov en 2002

Islam Abdouganievitch Karimov (parfois écrit Islom pour se rapprocher plus de la prononciation ouzbèke) né le 30 janvier 1938 à Samarcande est le président de la république d'Ouzbékistan depuis l'indépendance de ce pays en 1991.

Biographie

Karimov est élevé dans un orphelinat de la République Socialiste Soviétique d'Ouzbékistan, il fait ses études à Tachkent et devient ingénieur en machine-outils et économiste. Il rentre en 1964 au Parti communiste de l'Union soviétique.

Suit une ascension classique dans l'appareil du parti : Karimov commence dès 1966 par participer à l'élaboration du plan quinquennal de la RSS, puis il devient ministre des finances de 1983 à 1986,vice-premier ministre et enfin premier secrétaire du Parti en Ouzbékistan en 1989. Le 24 mars 1990, il devient Président de la RSS Ouzbèke et suite à l'effondrement de l'URSS il déclare l'indépendance du pays le 31 août 1991. Il assume le rôle de Président d'Ouzbékistan en attendant les élections présidentielles du 29 décembre.

Karimov gagne les élections présidentielles avec 86% des suffrages. En 1995, il organise un référendum qui étend son mandat jusqu'en 2000 et obtient 100% des voix. Puis Karimov se fait réélire le 9 janvier 2000 avec 91,6% des voix face au seul autre candidat Abdoulaziz Djalalov. Djalalov ne cache même pas qu'il n'est qu'un candidat servant à donner au régime un minimum de façade démocratique et que, d'ailleurs, il a personnellement voté pour Karimov.

Le 27 janvier 2002, Karimov fait encore prolonger son mandat par référendum.

Les ONG présentes dans la région ainsi que l'ONU dénoncent les tortures, le manque de démocratie, la répression contre l'opposition politique et religieuse, le manque de liberté de la presse dans l'Ouzbékistan sous la coupe de Karimov. Le chef du parti Erk, Mohammed Saleh a été obligé de choisir l'exil alors que son collègue Atanazar Oripov passe beaucoup de son temps en détention « provisoire ». Néanmoins la structure sociale qui existe en Ouzbékistan est très différente des sociétés occidentales qui laissent une plus grande liberté à l'individu. En Ouzbékistan, le pouvoir est basé en grande partie sur l'accord des mahallas (sortes de communautés de quartier) et donc il doit satisfaire un minimum aux exigences de la population. Il reste toutefois indubitable qu'en dehors de la soumission aux mahallas et aux représentants de l'islam officiel, la répression est féroce.

Ne voulant pas être déstabilisé par les États-Unis, Karimov ouvre son territoire et ses base aériennes aux militaires étasunien qui combattent en Afghanistan à partir de la fin 2001. L'Ouzbékistan devient ainsi un allié stratégique des États-Unis.

Karimov sait que l'économie ouzbèke dépend de l'aide étrangère et que pour qu'elle arrive, il doit montrer des (petits) signes d'évolution du régime. Ainsi lors de la venue du Secrétaire à la Défense des États-Unis Donald Rumsfeld, et des médias internationaux qui le suivent, à Tachkent en février 2004, Karimov fait libérer une femme condamnée à six ans de prison pour avoir dénoncé les tortures qui ont causé la mort de son fils. Ces petits gestes suffisent amplement pour que la BERD et le FMI aident la dictature ouzbèke.

Depuis la fin 2003, le Président Karimov n'apparaît que très rarement en public et la rumeur le dit très malade.

Les récentes vagues d'attentats en mars et juillet 2004 montrent que la répression musclée de Karimov n'a pas su endiguer le renouveau de l'islamisme armé dans la vallée de la Ferghana et que son alliance avec les États-Unis va peut-être causer sa perte. D'autre part il est difficile de comprendre pourquoi Karimov persiste à attribuer ces attentats au mouvement islamiste pacifique Hizb-ut-Tahrir, alors que tout laisse croire à des actions du mouvement islamique d'Ouzbékistan de Tohir Yuldach et Djuma Namangani.

Karimov est marié à l'économiste Tatiana Akbarovna Karimova. Ils ont deux filles et trois petits-enfants. Karimov a effectué le pèlerinage de la Mecque (hajj) en 1992.

Le 13 mai 2005, il réprime une insurrection dans la vallée de la Ferghana, en faisant tirer sur les insurgés à la mitrailleuse lourde [1], 169 morts selon les sources officielles ouzbèkes, 769 morts selon l'opposition, des ONG présentent sur place, estiment qu'il y en aurait plus d'un millier.

Liens externes

See also: Islam Karimov, 13 mai, 1938, 1964, 1966, 1983