IPv6
IPv6 (Internet protocol version 6) est le successeur du protocole IPv4, encore utilisé presque exclusivement sur Internet.
| 7 - couche application | HTTP, SMTP, FTP, SSH, IRC, SNMP, SIP ... |
| 4 - couche de transport | TCP, UDP, SCTP, RTP, DCCP ... |
| 3 - couche réseau | IPv4, IPv6, ARP, IPX ... |
| 2 - couche de liaison | Ethernet, 802.11 WiFi, Token ring, FDDI, ... |
| 1 - couche physique | RS-232, RS-449, ... |
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Pourquoi un nouveau protocole IP ?
Le protocole IPv4 permet d'utiliser un peu plus de quatre milliards d'adresses différentes pour contacter les ordinateurs et les autres appareils connectés au réseau. Du temps des débuts d'Internet, quand les ordinateurs étaient rares, cela paraissait plus que suffisant. Il était pratiquement inimaginable qu'il y aurait un jour suffisamment de machines sur un unique réseau pour que l'on commence à manquer d'adresses disponibles.
Une grande partie des quatre milliards d'adresses IP théoriquement disponibles ne sont pas utilisables, soit parce qu'elles sont destinées à des usages particuliers (par exemple, le multicast), soit parce qu'elles appartiennent déjà à des sous-réseaux importants. En effet, d'immenses plages de 16,8 millions d'adresses, les réseaux de classe A, ont été attribuées aux premières grandes organisations connectées à Internet, qui les ont conservées jusqu'à aujourd'hui sans parvenir à les épuiser. Les Américains, et dans une moindre mesure les Européens, se sont partagés les plus grandes plages d'adresses, relativement peu nombreuses, tandis que les régions connectées plus tardivement, comme l'Amérique du Sud et surtout l'Asie, sont restées sur la touche.
En conséquence, il y a aujourd'hui, principalement en Asie, une pénurie d'adresses que l'on doit compenser par des mécanisme comme la translation de ports (PAT) et l'attribution dynamique d'adresses, et en assouplissant le découpage en classes des adresses (CIDR).
Au vu de l'importance et de la croissance d'Internet, cette situation ne peut pas durer. Il est de plus prévisible que la demande d'adresses Internet va augmenter dans les années à venir, même dans les régions du monde épargnées jusqu'ici, suite à des innovations comme les téléphones mobiles (et bientôt, sans doute, les automobiles et divers appareils) connectés à Internet.
C'est principalement en raison de cette pénurie, mais également pour résoudre quelques-uns des problèmes révélés par l'utilisation à grande échelle d'IPv4 qu'à commencé en 1995 la transition vers IPv6. Parmi les nouveautés essentielles, on peut citer :
- l'augmentation de 232 à 2128 du nombre d'adresses disponibles ;
- des mécanismes de configuration et de renumérotation automatique ;
- IPsec, QoS et le multicast « de série » ;
- la simplification des en-têtes de paquets, qui facilite notamment le routage.
Certains de ces points sont détaillés dans la suite de l'article.
Adresses IPv6
Format des adresses
Une adresse IPv6 est longue de 128 bits, contre 32 pour IPv4. On dispose ainsi d'environ 3,4 × 1038 adresses, soit, pour reprendre l'image usuelle, plus de 67 milliards par millimètre carré de surface terrestre.
Notation d'une adresse IPv6
On abandonne la notation décimale pointée (par exemple, 80.130.234.185) employée pour les adresses IPv4 au profit d'une écriture hexadécimale, ou les groupes de quatre chiffres sont séparés par un signe deux-points :
- 243f:6a88:85a3:08d3:1319:8a2e:0370:7344.
Quand un groupe de 16 bits est nul, on peut l'omettre et indiquer simplement deux signes : à la suite. Si plusieurs groupes nuls se suivent, il est permis d'omettre aussi les : intermédiaires, pourvu que ce soit la seule fois dans toute l'adresses que deux : se suivent. Ainsi,
- 588:2353::1428:57ab
équivaut à
- 0588:2353:0000:0000:0000:0000:1428:57ab
en revanche 3906::25de::cade n'est pas une écriture valable.
Les 64 premiers bits de l'adresse IPv6 servent généralement à l'adresse de sous-réseau, tandis que les 64 bits suivant identifient l'hôte à l'intérieur du sous-réseau : ce découpage joue le même rôle que les masques de réseau d'IPv4.
Notation des masques de sous-réseau
Un sous-réseau, au sens large, est un ensemble d'adresses IPv6 commençant par une même séquence binaire. Le nombre de bits que comporte cette séquence est notée en décimal derrière un slash. Ainsi,
2001:6b0:1:ea::/64 est le sous-réseau correspondant aux adresses qui commencent par 2001:6b0:1:ea.
Catégories d'adresses
Différentes sortes d'adresses IPv6 jouent des rôles particuliers. Ces propriétés sont indiquées par le début de l'adresse, appelé préfixe.
- L'Internet IPv6 est défini comme étant le sous-réseau 2000::/3 (les adresses commençant par un 2 ou un 3). Seules ces adresses peuvent être routées. Toutes les autres adresses ne peuvent être utilisées que localement sur un même réseau physique (de niveau 2). Parmi les adresses de 2000::/3, on distingue :
- Les adresses permanentes (2001::/16)
- Les adresses 6to4 (2002::/16)
- Les adresses du 6bone (3ffe::/16)
- Toutes les autres adresses routables (plus des trois quarts) sont actuellement non affectées
- Les adresses locales (utilisables uniquement au sein d'un réseau local de niveau 2, non routables) appartiennent à fe80::/64
- Il existe également d'autres catégories d'adresses non détaillées ici (multicast, adresses compatibles IPv4...)
- Enfin, l'adresse de bouclage (loopback address) est particulière et notée ::1
Historique
D'abord nommé SIPP, celui-ci a été choisi en 1994 parmi plusieurs candidats et a reçu en 1995 son nom définitif d'IPv6 (IP version 6).
Utilisation d'IPv6
- l'ICANN a annoncé le 20 juillet 2004 que les enregistrements AAAA d'IPv6 pour les serveur de nom des country code Top Level Domain (ccTLD) .jp (Japon), .kr (Corée) et .fr (France) deviennent visibles dans le fichier de zone DNS de la racine (DNS root server).
- L'un des premiers réseaux français à utiliser IPv6 est Renater, depuis 1996.
Voir aussi
- Adresse IP - format des adresses, masques réseaux, CIDR.
- IPv6, spécifications techniques
Liens externes
- Portail technique
- Un autre portail technique
- Site de la Task Force IPv6 en France
- Documentation et applications IPv6 disponibles sous Linux
