Ingénieurs sans frontières
Ingénieurs sans frontières (ISF) est une association de solidarité internationale regroupant principalement des élèves d'écoles d'ingénieurs à travers toute la France. Elle a été crée en 1982 par des élèves de l'École nationale des ponts et chaussées. Elle a deux types de missions :
- les projets Sud, qui consistent à l'élaboration et au soutien de projets de développement dans les pays en voie de développement.
- les projets Nord, ou d'éducation au développement qui visent à la sensibilisation des pays développés sur des thèmes tels que le développement durable et le commerce équitable, via des conférences, des débats, des campagnes de prévention dans les écoles et les lieux publiques...
D'autres associations existent portant le même nom dans plusieurs pays tels que la France, le Québec, la Belgique, l'Espagne, mais en général ces associations n'ont de commun que le nom.
En France, l'association compte environ 900 membres, répartis dans 38 groupes locaux, implantés dans 80 écoles et universités technologiques.
Les projets d'aide au développement
Concernant les « projets Sud », il s'agit, sauf exception, de microprojets d'aide au développement local. Outre la réalisation du projet, le plus important est le transfert de savoir-faire et la création d'une dynamique locale. ISF s'efforce à ce que les pays bénéficiaires des projets en soient les initiateurs et les maîtres, afin d'une part d'éviter le paternalisme et d'autre part de s'assurer que les projets sont bien adaptés aux besoins locaux.
Plusieurs raisons ont conduit au choix de faire de l'appui technique à des microprojets locaux :
- de nombreuses organisation font déjà de l'urgence (aide alimentaire, médicamenteuse...) et le font bien ; par ailleurs, à trop s'occuper de ce qui est urgent, on oublie ce qui est essentiel et qui permet précisément d'éviter les situations d'urgence,
- le choix de l'appui technique permet d'exploiter au mieux la formation technique des adhérents, qui est une spécificité d'ISF,
- le choix de microprojets locaux permet d'éviter les dérives des grands projets de développement, éloignés des réalités de terrain et mal perçus par les populations locales.
Au départ du projet, il doit y avoir un partenaire local et organisé, en général une association, qui formule un besoin. Ce besoin est étudié, et si le partenaire semble fiable et le besoin semble réel, le projet est lancé.
Un projet s'articule autour de trois missions, en général constituées de trois étudiants durant les vacances d'été.
- Dans une première phase, on étudie la faisabilité en prenant en compte l'impact sur la société locale ; en effet, le projet peut créer des tension en désorganisant la vie courante, ou en créant des tensions, notamment si certaines catégories sont plus bénéficiaires que d'autres ou si cela donne un pouvoir aux gérants du projet. Une première mission dite d'évaluation part afin d'évaluer sur place la faisabilité et de se rendre compte de la réalité des faits. Si le projet semble viable, la deuxième phase est lancée.
- La deuxième phase est le projet proprement dit. Il doit faire appel à des ressources locales, afin de pouvoir être reproduit et maintenu. Durant l'année scolaire, les membres du projet étudient la partie technique. La deuxième mission, dite de réalisation, part afin d'exécuter le projet.
- La troisième phase est une phase de post-évaluation. Il s'agit d'un suivi à moyen terme du projet, afin d'avoir un retour d'expérience. Elle donne lieu à une troisième mission.
Durant toutes ces phases, les étudiants sont encadrés de personnes ayant réalisé des projets de développement à l'étranger, et les missions sont validées avant leur départ par une commission. Les membres partant doivent suivre au minimum trois formations d'un week-end chacune : une formation au décalage culturel (dite d'interculturalité), une formation projet et une formation sur l'hygiène.
Les projets d'éducation au développement
Le but des « projets Nord » est de sensibiliser les citoyens, et notamment les ingénieurs, puisqu'ils auront potentiellement un pouvoir consultatif ou de décision sur des projets industriels pouvant avoir des répercussions sur le développement local.
L'éducation au développement est complémentaire des projets d'aide au développement : d'une part les membres partant en mission doivent d'abord se former, et d'autre part leur expérience et leurs témoignages va servir de base aux actions de sensibilisation.
Un des objectifs est de faire réfléchir les citoyens du Nord sur la notion de développement durable, de leur faire comprendre leurs responsabilités, en tant que financeurs via leurs impôts et décideurs via les élections de la politique étrangère de leur pays, et de casser l'image misérabiliste des pays en voie de développement.
ISF a par exemple soutenu le label de commerce équitable Max Havelaar dès 1991.
