Infection urinaire
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Une infection urinaire est définie par la colonisation des voies urinaires par des bactéries, ce qui se traduit le plus souvent par des signes infectieux urinaires. Elles sont très fréquentes, en particulier chez les nourrissons et les jeunes enfants, les femmes enceintes. Il existe deux tableaux principaux d'infection urinaire : la cystite (infection de la vessie) et la pyélonephrite (infection du rein). Elles se traitent très bien par antibiotiques, mais un traitement insuffisant ou une absence de traitement peuvent mener à des complications sévères.
| Sommaire |
Physiopathologie
Les germes les plus fréquemment en cause sont Escherichia coli (75% des cas), Proteus mirabilis, Klebsiella, tous trois des entérobactéries (bacilles gram négatif).
Chez l'enfant
L'immaturité des voies urinaires est fréquemment responsable d'un reflux vésical (par perméabilité anormale des uretères : l'urine contenue dans la vessie ne peut normalement pas remonter vers les reins). Il existe parfois en plus des malformations urinaires.
Chez la femme enceinte
Les infections urinaires sont particulièrement fréquentes en raison de modifications anatomiques et physiologiques inhérentes à la grossesse qui profitent aux bactéries :
- La croissance de l'utérus entraine une compression de la vessie (d'où un résidu post-mictionnel, c’est-à-dire une stase des urines avec des mictions incomplètes) et des uretères,
- La progestérone entraine une hypotonie des voies urinaires,
- Les estrogènes ont tendance à rendre l'épithélium urinaire plus propice au développement des bactéries,
- Il existe une glycosurie physiologique (par abaissement du seuil de résorption du glucose),
- La contamination bactérienne vulvo-périnéale est plus fréquente,
- Le pH urinaire est élevé (urines alcalines).
Chez l'adulte
La principale cause d'infection urinaire est la longueur de l'urètre, ce qui explique leur prévalence très supérieure chez les femmes : un urètre court permet plus facilement aux bactéries d'atteindre la vessie, puis parfois le rein. La prévention repose sur une toilette intime régulière, et surtout la miction post-coïtale.
Diagnostic
Bactériurie asymptomatique
Elle n'est dépistée que pendant une grossesse, où la bandelette urinaire mensuelle est obligatoire. Elle se définit par la présence de plus de 100 000 bactéries/ml d'urine, sans entraîner le moindre symptôme. La bactériurie asymptomatique peut toutefois être responsable de contractions utérines et de menace d'accouchement prématuré à elle seule, ce qui justifie son traitement systématique.
Cystite
Elle se manifeste par des signes fonctionnels urinaire :
- Pollakiurie (augmentation de la fréquence des mictions),
- Dysurie (douleurs à la miction),
- Brûlures mictionnelles,
- Hématurie (présence de sang dans les urines).
Il n'y a pas de fièvre ni de douleur lombaire.
Pyélonéphrite aiguë
Tableau le plus sévère, il associe des signes fonctionnels urinaires, de la fièvre (39 à 40 °C), des frissons (lors de décharges bactériennes dans le sang), des douleurs lombaires unilatérales, une douleur à la mobilisation du rein à l'examen clinique.A une phase avancée,la pyurie s'associe et la vessie peut se rétracter(vessie bilharzienne) dans d'autres cas.
Examens complémentaires
La preuve de l'infection urinaire est donné par l'ECBU ou examen cyto bactériologique des urines.
- En cas de bactériurie asymptomatique ou de cystite simple, aucun autre examen n'est nécessaire.
- En cas de pyélonéphrite, on prescrit :
- Examens biologiques : numération formule sanguine, CRP, vitesse de sédimentation, hémocultures (avec recherche de listéria chez la femmes enceinte), ionogramme urinaire, urée sanguine, glycémie),
- Un ECBU (examen cyto-bactériologique des urines) avec identification bactérienne, culture, et antibiogramme.
- Une échographie rénale à la recherche de complications (dilatation des cavités pyélo-calicielles, obstacle sur les voies urinaires, abcès du rein)
- Une urographie intra-veineuse (après la grossesse chez la femme enceinte) parfois.
Complications
De la bactériurie asymptomatique et de la cystite
- Évolution vers une pyélonephrite chronique,
- Récidive,
- Contractions utérines et menace d'accouchement prématuré chez la femme enceinte.
De la pyélonephrite
- Récidive,
- Abcès rénal,
- Septicémie, choc septique,
- Néphrite interstitielle chronique.
Traitement
De la bactériurie asymptomatique et de la cystite
Le traitement est ambulatoire (à domicile).
- Antibiothérapie à bonne pénétration urinaire, bactéricide sur les germes habituels (bacilles gram négatifs), secondairement adaptée aux résultats de l'ECBU (s’il y a lieu), par voie orale, pendant 10 jours.
- ECBU de contrôle 48 heures après la fin du traitement (les urines doivent être stériles).
- Recommandations hygiéno-diététiques : boissons abondantes (boire 1,5 à 2 litres d'eau par jour), hygiène locale, uriner après les rapports sexuels, ne pas s'essuyer d'arrière en avant après la selle.
- ECBU mensuel pendant le reste de la grossesse chez la femme enceinte (à la recherche d'une récidive).
De la pyélonéphrite
Le traitement est ambulatoire (à domicile) ou à l'hôpital (enfants, femmes enceintes, pyélonéphrite compliquée).
- Traitement antalgique et antipyrétique (paracétamol).
- Antibiothérapie a bonne pénétration urinaire, bactéricide sur les germes habituels (bacilles gram négatifs), secondairement adaptée aux résultats de l'ECBU (s’il y a lieu), par voie orale ou veineuse, pendant 21 jours.
- ECBU de contrôle 48 heures après le début et la fin du traitement (les urines doivent être stérile).
- Recommandations hygiéno-diététiques.
- ECBU mensuel pendant le reste de la grossesse chez la femme enceinte (à la recherche d'une récidive).
- Urographie intra-veineuse à 3 mois pour rechercher une malformation des voies urinaires.
- Surveillance fœtale pendant la grossesse, tocolyse en cas de contractions.
