Incendie du Reichstag
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Controverse
L'événement a donné lieu à une longue controverse pour déterminer qui étaient les auteurs véritables de l'incendie. Dès l'origine, la thèse officielle du « complot communiste » visant à renverser le régime a été accueillie avec scepticisme à l'étranger. Pendant longtemps, la thèse communiste d'un incendie criminel volontaire organisé par les nazis eux-même a tenu lieu de vérité, avant que de nouvelles recherches historiques viennent infirmer cette lecture. Aujourd'hui, la thèse de l'acte isolé est très largement admise. Voir Sources
Ainsi, ce ne sont pas les nazis qui ont mis le feu au Reichstag, mais bien un militant communiste Marinus van der Lubbe qui a agit seul. La surprise et l'hystérie qui s'emparent des plus hauts dirigeants nazis la nuit de l'incendie, à commencer par Hitler lui-même, est un signe du caractère inattendu de l'événement.
Contexte
Le 1er février 1933, Hitler obtient du président Paul von Hindenburg la dissolution du parlement et de nouvelles élections agendées au 5 mars 1933. Dans une atmosphère de quasi guerre civile entre nazis et communistes, les affrontements entre bandes rivales sont fréquents. La crainte d'un coup de force communiste est très vive chez les nazis, mais aussi dans la droite allemande qui escompte une victoire électorale massive.
L'incendie
Après plusieurs autres tentatives d'incendie de bâtiments publics les jours précédents, un jeune communiste (pyromane?) d'origine hollandaise, Marinus van der Lubbe (1909-1934) incendie le bâtiment du parlement à Berlin. Le Reichstag brûle dans la nuit du 27 février 1933. L'incendiaire est rapidement retrouvé. Tous les indices, y compris les rapports de police, laisssent penser qu'il a agi seul, mais les nazis, persuadés de voir se réaliser leurs craintes, décident d'exploiter l'incendie comme le signe avant-coureur d'un vaste complot communiste.
Conséquences
La crainte du soulèvement communiste se répand comme une trainée de poudre sur tout le territoire allemand.
- « C'est un signe de Dieu, Herr Vice-Chancelier! Si ce feu, comme je le crois, est l'œuvre des communistes, nous devons écraser cette peste meurtrière d'une main de fer ! » (Hitler au vice-chancelier Franz von Papen, le 28 février).
Dès le lendemain de l'incendie, le 28 février, Hindenburg signe un décret présidentiel (Reichstagsbrandverordnung) pour la protection du peuple et de l'État. Les libertés individuelles sont suspendues sine die (avec la bénédiction d'une bonne partie de la population).
Dans la foulée, le gouvernement en profite pour faire arrêter 4 000 militants communistes, membres du KPD, ainsi que plusieurs leaders socialistes. Après l'arrestation le 3 mars 1933 de Ernst Thälmann (chef du KPD), Moscou donne l'ordre de s'exiler aux communistes afin de former des antennes du KPD hors d'Allemagne et apporter de l'aide aux partisans restés en Allemagne (comme Walter Ulbricht et Wihlelm Pieck, futurs dirigeants de la RDA).
Mais les rafles permettent de découvrir des fichiers communistes contenant les adresses de tous les membres, ce qui permet au gouvernement d'emprisonner par milliers les militants communistes. Ces derniers seront déportés dans les premiers camps de concentration - Dachau - qu'ils construiront d'ailleurs eux-mêmes.
Sources
- Ian Kershaw : Hitler, Flammarion (2 volumes)
- Kershaw donne (note 112, page 1010, premier volume) une abondante bibliographie sur l'incendie du Reichstag.
