Humanisme
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Le terme est formé sur l'allemand Humanismus, venant lui-même du terme humaniste : au XVIe siècle, l'humaniste s'occupait d'humanités (studia humanitatis en latin) ou lettres antiques. Pour ces érudits de la Renaissance, le terme humanitas avait le même sens qu'à l'époque cicéronienne et signifiait « la culture qui, parachevant les qualités naturelles de l'homme, le rend digne de ce nom ».
Le terme désigne un programme culturel, scientifique, philosophique et, par bien des aspects, politique qui propose un « modèle humain » défini comme synthèse des qualités intellectuelles, sociales, affectives, caractéristiques de la « nature humaine ». L'humanisme est un courant de pensée idéaliste et optimiste qui place l'Homme au centre du monde, les valeurs humaines au-dessus de toutes les autres valeurs. Il y a donc à travers le siècles différents humanismes (chrétien, libéral, marxiste).
Historiquement, le terme désigne le mouvement qui débute au XIVe siècle en Italie et prend son essor aux XVe et XVIe siècles en Europe. La révolution de l'imprimerie en Occident (milieu du XVe siècle) permet la diffusion de l'humanisme. On considère généralement que l'âge d'or de l'humanisme se situe au début du XVIe siècle avec les grandes figures d'Erasme, Thomas More ou Guillaume Budé. L'humanisme de la Renaissance prône le retour aux sources antiques, païennes (grecques et romaines) ou chrétiennes (retour aux enseignements purs des Evangiles). Cet humanisme connaîtra une évolution qui le mènera, en passant par une phase moderne au XVIIIe , à l'humanisme scientifique du XIXe s.
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Le sens historique
À la Renaissance, l'humanisme a donc consisté en une remise en valeur des richesses culturelles contenues dans les littératures anciennes. Cette entreprise a comporté plusieurs aspects :
- l'humanisme philologique fut un immense travail de restitution et de diffusion des textes anciens altérés par des copistes du Moyen Âge. Ce fut la tâche de Pétrarque, de Boccace, de Marsile Ficin, d'Érasme, de Budé, par exemple ;
- l'humanisme pédagogique s'opposa à l'enseignement scolastique en imposant l'étude des lettres latines et grecques dans leurs textes authentiques. François Ier fonda le Collège de France, à l'instigation de Guillaume Budé, dans le but de faire prévaloir cette pédagogie fondée sur l'étude des « humanités » antiques ;
- l'humanisme philosophique est fondé sur la connaissance de l'homme, l'accomplissement harmonieux de sa nature, sous le contrôle de sa raison. Pour Rabelais, Érasme, Montaigne, la valeur des œuvres antiques tenait dans la philosophie morale qu'ils y trouvaient. Celle-ci leur apprenait que la mesure des désirs et des ambitions, le courage et la justice conduisaient à la vertu et au bonheur. Alors qu'il n'était pour d'autres que l'étude érudite de textes, l'humanisme fut pour eux une « conception sobre et équilibrée de la vie humaine » (Emile Bréhier). À la fin de l'Apologie de Raymond Sebond, Montaigne cite Sénèque : « Ô la vile chose et abjecte que l'homme, s'il ne s'élève au-dessus de l'humanité ! » et il commente : « Voilà un bon mot et un utile désir, mais pareillement absurde. Car de faire la poignée plus grande que le poing, la brassée plus grande que le bras, et d'espérer enjamber plus que l'étendue de nos jambes, cela est impossible et monstrueux. Ni que l'homme se monte au-dessus de soi et de l'humanité ». Ainsi, l'homme n'est pas Dieu et l'humanisme consiste à agir « humainement ».
- Voir aussi néoplatonisme
Liste d'humanistes par époque
- XIVe siècle
- XVe siècle
- Marsile Ficin (1433-1499)
- Guarino Veronese (1374-1460)
- Francesco Filelfo
- Lorenzo Valla (1407-1457)
- Jean Pic de la Mirandole (1463-1494)
- Nicolas de Cuse (1401-1464)
- Johannes Reuchlin (1455-1522)
- XVIe siècle
- Erasme (v. 1466-1536)
- Guillaume Budé (1467-1540)
- Étienne Dolet (1509-1546)
- Thomas More (1478-1535)
- XVIIIe siècle
- XXe siècle
Les grands principes humanistes
L’Humanisme est une pensée qui apparaît pendant la Renaissance. Elle consiste à valoriser l’Homme, à le placer au centre de son univers. Dans cette optique, le principe de base de cette théorie est que l’Homme est en possession de capacités intellectuelles potentiellement illimitées. La quête du savoir et la maîtrise des diverses disciplines sont nécessaires au bon usage des ces facultés. L’Humanisme s’inspire de la réflexion et de la philosophie antiques, et demeure attaché à la croyance divine. Il prône la vulgarisation de tous les savoirs, notamment religieux : la Parole divine doit être accessible à toute personne, quelques soient ses origines, sa langue (traduction de la Bible par Erasme en 1516) ou sa catégorie sociale. Ainsi, l’Humanisme vise à lutter contre l’ignorance, et à diffuser plus amplement le message du Christ. Cependant l’individu, correctement instruit, reste libre et pleinement responsable de ses actes et choix devant Dieu. Les notions de liberté, de tolérance, d’indépendance, d’ouverture et de curiosité sont de ce fait indissociables de la théorie humaniste.
Le sens moderne
Dans l'acception actuelle, l'humanisme s'inspire de cette définition philosophique. Il désigne toute pensée qui met au premier plan de ses préoccupations le développement des qualités essentielles de l'homme et qui dénonce ce qui l'asservit ou le dégrade. On parle, par exemple, de l'humanisme « militant » de Voltaire.
Depuis Montaigne, l'humanisme, ainsi conçu, a été un des éléments les plus constants de la pensée française.
- L'humanisme pratique ou moral consiste à s'imposer, vis-à-vis de tout être humain, des devoirs et des interdits : ne pas tuer, ne pas torturer, ne pas opprimer, ne pas asservir, ne pas violer, ne pas voler, ne pas humilier... Cet humanisme-là revient donc à respecter les droits fondamentaux de l'homme. C'est dans ce sens qu'André Comte-Sponville s'exprime : « L'homme n'est pas mort : ni comme espèce, ni comme idée, ni comme idéal. Mais il est mortel ; et c'est une raison de plus pour le défendre ». (Présentations de la philosophie, 2000)
