Histoire de la Tunisie
| Cet article fait partie de la série Histoire de la Tunisie |
| Carthage |
| Époque arabe |
| La Tunisie des Beys |
| Protectorat français |
| La Tunisie indépendante |
| Sommaire |
Préhistoire
On a retrouvé des traces de présence humaine en Tunisie datant du paléolithique. Le peuplement de la Tunisie par les Berbères, issus de la migration des populations libyques venues du Sud, est attesté au moins 4 000 ans avant J.-C.
Carthage et Rome
Voir aussi l'article détaillé : Carthage
Fondation de Carthage
En 814 av. J.-C., des colons phéniciens venus de Tyr fondèrent la ville de Carthage. D'aprés la légende, ce serait la reine Élyssa (Didon pour les Romains), sœur du roi de Tyr Pygmalion, qui fonda la cité. Certains historiens rejettent cependant la tradition littéraire et datent la fondation de la cité du milieu du VIIIe siècle.
Un siècle et demi après la fondation de la ville, les Carthaginois s'installent aux Baléares, puis, alliés aux Étrusques, ils dominent la Sicile, prennent pied en Sardaigne, et repoussent les Grecs de Corse.
Les guerres contre les Grecs
Les guerres puniques
La première guerre punique couvre les années 264-241 av. J.-C.. Il s'agit d'un conflit essentiellement naval, ayant pour origine des luttes d'influence en Sicile, une terre située à mi-chemin entre Rome et Carthage.
Les Carthaginois prennent la ville de Messine. Ceci provoque l'inquiétude des Romains en raison de la position de Messine proche des villes grecques d'Italie qui venait de tomber sous leur protection. Le sénat ne souhaitait pas ouvrir les hostilités avec Carthage, mais le peuple demanda d'intervenir. Ainsi Appius Clodius Caudex traversa et prit par surprise la garnison punique de Messine declenchant le début de la première guerre punique. Suite à ce revers la gouvernement de Carthage commence à regrouper ses troupes à Agrigente, mais les Romains mené par Claudius et Marcus Valerius Messalla prennent les villes de Segeste et d'Agrigente après un siège de 7 mois.
L'expansion rapide des Carthaginois dans le Sud de l'Hispanie, s'effectue sous la conduites des Barcides (famille des Barca, dont Hannibal). Ils y fondent la ville de Nouvelle Carthage (Carthagène) et y exploitent des mines, redonnant à Carthage sa puissance économique et commerciale.
La Deuxième guerre punique dans les années 218-202 av. J.-C. a pour point d'orgue la campagne d'Italie : Hannibal traverse les Alpes (avec ses éléphants) mais renonce à entrer dans Rome. Le prétexte de la guerre avait été le siège de Sagonte par les Puniques, qui selon le traité de 241 était au-delà de la rivière (Ebre) délimitant les zones d'influence respectives des deux puissances rivales.
Sous la conduite d'Hannibal, les troupes carthaginoises, parties d'Hispanie, traversent les Pyrénées et les Alpes et envahit l'Italie. Se contentant de sa victoire, il renonça à entrer dans Rome. Ceci permit aux Romains de contre-attaquer et ils réussirent finalement à retourner le cours de la guerre en leur faveur, prenant à Carthage la totalité de leurs possessions hispaniques, détruisant leur flotte et leur interdisant toute remilitarisation sans l'aval de Rome.
Malgré la victoire finale, cette guerre marqua profondément les Romains, et poussés par la crainte d'avoir à affronter à nouveau les Puniques, ils décident, selon le fameux mot de Caton (Delenda est Carthago), que la destruction totale de Carthage était le seul moyen d'assurer la sécurité de la nation romaine. En effet, malgré toutes les représailles infligées à Carthage, la cité punique retrouva vite sa puissance économique.
Saisissant le prétexte de la violation du traité de paix de 202 (Carthage dut lever une armée pour reposser les invasions numides), et profitant de la faiblesse militaire de son ennemi, le Sénat romain décida de lancer une grande offensive en Afrique, dans le but de détruire la ville rivale. La troisième guerre punique consista donc en une courte campagne destinée à amener les troupes romaines à pied d'œuvre pour le siège de Carthage, qui dura trois ans, et fut mené à bien par Publius Cornelius Scipio, surnommé pour cela le second Africain. Le siège s'acheva en -146 par la destruction complète de la ville : elle fut rasée et du sel fut semé sur les terres pour les rendre infertiles, par crainte de la résurrection de la puissance de Carthage.
L'occupation romaine
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La fin de la troisième guerre punique (-146) marque l'établissement de la colonie romaine d'Afrique.
Carthage est reconstruite par Jules César (Colonia Julia Karthago). Celle-ci devint la capitale de la nouvelle province d'Afrique et retrouve rapidement son rang et sa prospérité d'autrefois.
C'est une période de grande prospérité, l'Afrique est le « grenier à blé » de Rome (cf. Colisée d'El Jem, antique Thysdrus, l'un des plus grands de l'empire).
Au Bas-Empire, la cité, gagnée au christianisme, subit les persécutions impériales. Carthage est au IVe siècle l'une des plus grandes capitales spirituelles d'Occident.
cf. Tertullien, saint Cyprien, saint Augustin.
Vandales et Byzantins
Les invasions barbares
Carthage est conquise en 439 par les Vandales, menés par Genséric.
L'Église est victime de persécutions et est particulièrement meurtrie.
La restauration byzantine
Carthage est reprise en 533 par les Byzantins (Empire romain d'Orient), menés par Justinien Ier.
Retour de la prospérité.
Justinien en fait le siège de son diocèse d'Afrique, mais à la suite de la crise monothéliste, les empereurs de Byzance, opposés à l'Église d'Afrique, se détournent rapidement de Carthage.
Ère arabo-musulmane
Voir aussi l'article détaillé : La Tunisie à l'époque arabe
Cette ère est marquée par le développement urbanistique du pays, et l'apparition de grands penseurs tels que Ibn Khaldoun, historien et père de la sociologie moderne.
Les invasions arabes
Les Aghlabides
~800 : établissement de la dynastie des Aghlabides.
Construction de la Mosquée Zitouna de Tunis.
Influence de Kairouan
Les Fatimides
921 : fondation de Mahdia, qui devient la capitale du pays
Les Almohades
1159 : unification du Maghreb (occident arabe, de l'Andalousie à la Tunisie) par les Almohades
Les Hafsides
1236 : indépendance des Hafsides (vassaux des Almohades) ; fondation d'une nouvelle dynastie à Tunis
XVe et XVIe siècles : arrivée des mauresques musulmans et juifs andalous chassés d'Espagne par la Reconquista
Période ottomane
Voir aussi l'article détaillé : La Tunisie des Beys
L'annexion ottomane
1574 : La Tunisie est annexée à l'Empire Ottoman.
Les Husseinites
1705 : fondation de la dynastie des Husseinites
Quoique toujours officiellement une province de l'Empire Ottoman, la Tunisie acquiert une grande autonomie au XIXe siècle. À cette époque, le pays vit de profondes réformes, comme l'abolition de l'esclavage et l'adoption en 1861 d'une constitution — la première du monde arabe —, et manqua même de devenir une république indépendante.
Malheureusement, en raison d'une part des la politique ruineuse des Beys, et d'autre part d'interférences étrangères dans l'économie, le pays connut de graves difficultés financières qui contraignirent à déclarer la banqueroute en 1869. Ce fut l'occasion pour les grandes puissances européennes de mettre pied dans le pays, qui fit l'objet de rivalités entre la France, l'Italie et le Royaume-Uni.
La Tunisie avait à peine amorcé son virage vers l'indépendance qu'elle retombait sous le joug d'une autre puissance étrangère. Ce fut la France qui réussit à imposer au Bey un protectorat, à la grande colère de l'Italie qui voyait la Tunisie comme son domaine réservé.
Protectorat français
Voir aussi l'article détaillé : Protectorat français en Tunisie
Le 12 mai 1881, le protectorat français fut officialisé par la signature du traité du Bardo. La France ne tarda pas à abuser de ses droits et prérogatives de protecteur pour exploiter le pays comme une colonie, en contraignant le bey à abandonner la quasi-totalité de ses pouvoirs au résident général de France, qui représentait à Tunis les intérêts de la République française.
Occupation française
modernisation du pays (ex : réseau ferré, agriculture moderne, industrialisation, etc.)
En marche vers l'indépendance
La lutte contre l'occupation française commença dès le début du XXe siècle, autour de Béchir Sfar et son Mouvement des Jeunes Tunisiens, qui devint quelques années plus tard le Parti du Destour. Entré en conflit avec le régime du protectorat, le Destour a, dès la proclamation officielle de sa création le 3 juin 1920, exposé son fameux programme en 8 points.
En 1932, Bourguiba fonde avec d'autres le journal L'Action Tunisienne, qui, outre l'indépendance, prône la laïcité. Cette position originale au sein du Destour conduisit en 1934 plus tard à sa scission en deux branches, l'une islamisante qui conserva le nom Destour, et l'autre moderniste, le Néo-Destour. En 1938, Habib Bourguiba est emprisonné en France pour conspiration contre la sûreté de l'état.
En 1940, le régime de Vichy le livra à l'Italie à la demande de Mussolini, qui espérait l'utiliser pour affaiblir la résistance française en Afrique du Nord. Cependant Bourguiba ne voulut pas cautionner des régimes fascistes et lança le 8 août 1942 un appel pour le soutien aux troupes alliées, position qui lui valut d'être aussitôt arrêté par les nazis, mais qui allait être à l'origine de sa remise en liberté en avril 1944.
Des négociations furent menées après la guerre avec le gouvernement français, mais leur échec provoqua en janvier 1952 le début de la révolution armée et un durcissement des positions de chaque camp. Cette situation difficile fut apaisée par la reconnaissance de l'autonomie interne de la Tunisie concédée par Pierre Mendès France le 3 juin 1955.
Enfin, le 20 mars 1956, la France finit par concéder à la Tunisie l'indépendance totale (à l'exception du port stratégique de Bizerte) et moins d'un mois plus tard fut élue l'Assemblée Nationale Constituante, dont Habib Bourguiba fut le premier président.
La Tunisie moderne
Voir aussi l'article détaillé : La Tunisie depuis 1956
La construction d'un état moderne
À l'indépendance, le pouvoir n'est pas restitué au Bey mais donné au peuple tunisien, représenté par le mouvement du Néo-Destour du leader Habib Bourguiba. Celui-ci est nommé président du Conseil par l'Assemblée Nationale. Les réformes se succèdent alors pour mettre en place un État moderne, parachever la souveraineté nationale et moderniser la société.
Bien que l'Islam reste la religion d'état (le président de la République doit par exemple être de religion musulmane), le pouvoir des chefs religieux fut grandement réduit. Dès le 13 août 1956, dans la foulée de l'indépendance, Bourguiba fait promulguer le code du statut personnel, qui donne aux femmes, encore aujourd'hui, un statut inouï dans le monde musulman, dépassant même celui des Françaises dans certains domaines :
- reconnaissance des droits civiques de vote et d'éligibilité ;
- consentement requis pour le mariage ;
- abolition de la répudiation et remplacement par une procédure de divorce judiciaire ;
- interdiction de la polygamie ;
- fixation d'un âge minimum pour le mariage (18 ans) ;
- légalisation de la contraception et de l'avortement.
Cependant, malgré quelques tentatives, il ne put imposer l'égalité des deux sexes dans l'héritage en raison d'une trop forte réticence des chefs religieux ; il se contenta donc d'encadrer ces pratiques pour éviter les abus.
Le 25 juillet 1957, la monarchie est abolie et la Tunisie devient une République, dont Habib Bourguiba est élu président le 8 novembre 1959. La Constitution est définitivement ratifiée le 1er juin 1959.
Le Bourguibisme
- L'expérience collectiviste
- Le libéralisme économique
- La crise des années 1980
Nommé président à vie
Émeutes de Gafsa
Crise des années 1980.
Au milieu des années 1980, la Tunisie connut une crise politique et sociale étouffante, avec le développement du clientélisme et de la corruption, la paralysie de l'État devant la dégradation de la santé de Bourguiba et les luttes de succession, et le durcissement du régime. Cette situation favorisa la montée de l'Islamisme, ce qui mena le pays au bord de la guerre civile, avec des émeutes de plus en plus vives. Commencé dans une atmosphère de libéralisme et de laïcisation de la société tunisienne, le long règne de Bourguiba s'achève ainsi dans une atmosphère de crépuscule alimentée par une une grave crise économique et une véritable paranoïa du chef de l'État, engagé dans une lutte sans merci contre la montée de l'islamisme menée par le général Ben Ali, ministre de l'Intérieur puis Premier ministre.
Relations internationales
France — Peu après l'indépendance, un contentieux, connu sous le nom de crise de Bizerte, opposa le pays à la France à propos du port de Bizerte. En effet, l'ancienne puissance coloniale avait conservé cette base navale stratégique pour elle et son influence sur la rive sud de la Méditerranée. Une marche populaire sur Bizerte fut organisée pour faire entendre pacifiquement les revendications du peuple sur le sujet. Toutefois, la France réagit par la force militaire et fit des dizaines de victimes, ce qui eut pour conséquence de tendre brusquement le conflit et faillit mener à la guerre. Sous la pression des deux superpuissances, la France dut céder et mit fin le 15 octobre 1963 à une présence en Tunisie qui avait duré près d'un siècle.
Algérie — union tuniso-algérienne (à développer)
Libye — union tuniso-libyenne ; crise tuniso-libyenne (à développer).
La Tunisie sous Ben Ali
Le 7 novembre 1987, le général Zine el-Abidine Ben Ali, Premier ministre, déposa le président Bourguiba pour sénilité, et prit en main les destinées du pays à l'issue d'un « coup d'État médical », unique dans les annales du monde arabe. Élu président de la République en 1989, il poursuivit la politique de Bourguiba dont il se positionna comme le fils spirituel.
La démocratisation, bien que non encore aboutie, se fait lentement au fil des suffrages :
- 1987, abolition de la magistrature à vie
- 2 avril 1989 : élection de Ben Ali 99,9 % (il était seul candidat)
- 20 mars 1994 : ouverture pluraliste (accession de l'opposition au Parlement)
- 24 novembre 1999 : premières élections présidentielles pluralistes ; quota minimum de 20 % de sièges pour l'opposition au Parlement
Une modification controversée de la Constitution lui permit cependant d'obtenir le droit de se représenter jusqu'en 2014. Cet amendement constitue un pas en arrière dans la démocratisation, et d'aucuns considèrent que ce faisant il a renié l'engagement qu'il avait pris en 1987 de ne pas rétablir de présidence à vie.
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