Histoire de la Principauté de Liège

Sommaire

La naissance d'une ville : l'assassinat de Saint Lambert

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Blason de la principauté de Liège

La ville de Liège naît dans le sang. L'évêque de Maastricht, Lambert possède une maison de campagne dans le petit village de Liège, probablement une villa romaine, réaménagée. Le 17 septembre d'une année inconnue (696, 700 ou 705), il est assassiné par les hommes d'un certain Dodon, membre d'une famille rivale. Son corps est transporté à Maastricht.

Bien vite, la maison de Lambert devient miraculeuse, et est le but d'un important pèlerinage. En 714, son successeur, Saint Hubert, ramène les reliques de Lambert à Liège et lui consacre une église. Une ville naît tout autour. En 722, Saint Hubert décide de s'installer à Liège. Mais rien n'indique qu'il ait voulu en faire le nouveau centre du diocèse. Toujours est-il que cela en sera la conséquence.

Vers 742, Charlemagne naît dans les environs de Liège (Herstal ou Jupille ?).

En 817, la Charte de Walcand, évêque de Liège, nous apprend que l'évêque possédait déjà des biens à Tongres, Maastricht, Huy, Dinant, Ciney et l'abbaye de Saint-Hubert.

En 820, les Normands ravagent pour la première fois la région.

En 843, au traité de Verdun, Liège devient lotharingiennne.

Liège dans l'Église impériale

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Entre 923 et 925, la Lotharingie, dont dépendait Liège, fut rattachée définitivement au Saint Empire, par l'entremise de l'aristocratie lotharingienne. Celle-ci représentait un danger tant pour l'Eglise de Liège qu'elle désirait contrôler que pour l'empereur.

Otton et son frère Brunon, archevêque de Cologne firent donc alliance avec l'épiscopat liégeois, afin de maintenir la Lotharingie dans le giron germanique. À part Baldéric Ier, les évêques (Hugues, Farabert, Rathier, Éracle et Notger) furent tous évêque par la volonté d'Otton ou de son frère.

En 936, Otton devient roi de Germanie. c'est lui qui choisit les évêques. C'est ce qu'on appelle l'église impériale. Celle-ci est instaurée à Liège et dure jusqu'en 1209.

Le jour de Noël 953, Liège connaît sa première émeute. L'aristocratie lotharingienne, menée par Régnier III de Hainaut et son frère Raoul, prend la ville. ils installent Baldéric sur le siège épiscopal. L'évêque Rathier renonce à ses fonction épiscopales en 955.

En 954, les Hongrois ravagent la région.

En 959, la Lotharingie est divisée : la Basse Lotharingie ou Lothier et La Haute Lotharingie ou Lorraine. Liège dépend donc du Lothier. Elle en est un des trois sièges épiscopaux, avec Cambrai et Utrecht.

C'est aussi en 959 qu'Éracle est élu évêque de Liège. Il réorganise les écoles liégeoises.

En 962, le roi de Germanie, Otton, se fait couronner empereur par le pape Jean XII. Le Saint Empire romain de la nation germanique est né.

En 971, Eracle, proche de Otton Ier, décède. Il est enterré dans le chœur de la collégiale Saint-Martin, dont il voulait faire la nouvelle cathédrale. En effet, il estimait que le centre de Liège et sa cathédrale étaient indéfendables.

Notger et la naissance d'une principauté épiscopale

Depuis la mort de Saint Lambert, Liège a bien changé. Du modeste village qu'elle était, elle est devenue une cité florissante. Ses écoles sont renommées dans toute l'Europe.

Le territoire de l'évêque s'est considérablement accru outre Liège, Amay Ville-en-Hesbaye et Lustin, l'Église possède biens et droits à Tongres, Maastricht, Huy, Namur et Dinant. L'évêque possède aussi d'importants domaines : Pont-de-Loup, Marchienne-au-Pont, Arches (Charleville), Theux ; ainsi que de nombreuses abbayes et leurs dépendances : Saint-Hubert, Lobbes, Fosses, Hastière, Malines et Aldeneick.

Notger naît en Souabe vers 930. Il est issu de la noblesse et a effectué ses études à saint-Gall, dont il aurait été prévôt. En 972, il est appelé sur le siège épiscopal de Liège. Il punit les agitateurs qui avaient sévi sous le règne d'Éracle.

Otton II succède à son père en 973.

L'évêque reçoit de l'empereur certains droits en 974 : celui de tonlieu, de marché et celui de gruits (faire de la matière à cervoise). En 978, Notger fait ériger une nouvelle cathédrale. Dédiée à Notre-Dame et à Saint Lambert , elle remplace la basilique édifiée par saint Hubert. Sa construction s'étend jusqu'en 1015

L'empereur confirme les droits et les possession de l'évêque de Liège en 980. Il lui accorde la souveraineté sur Tongres, une partie deHuy, Fosses et Malines. Le prince-évêque obtient aussi un privilège d'immunité générale, sous la protection d'Otton II. Un véritable État liégeois est né.

Le 7 juillet 985, Otton III, à la demande de sa mère, concède à Notger le Comté de Huy. Il s'étendait de part et d'autre de la Meuse et comprenait la Hesbaye, le Condroz, et la Famenne. C'est la première fois qu'un comté entier est donné à un évêque. L'évêque devient comte et prince d'Empire. Liège devient donc une principauté ecclésiastique dirigée par un prince-évêque. La Principauté de Liège est née.

Notger recevra un second comté en 987 : le Brugeron (Tirlemont).

En 987, le prince-évêque, en compagnie de l'impératice Théophano, mère d'Otton II et régente, prend et détruit le château de Chèvremont.

Vers l'an 1000, Liège est un centre culturel de l'Europe occidentale, une Athènes du Nord, place que lui prend Paris deux siècles plus tard. Elle possède les écoles les plus renommées du monde chrétien.

Notger meurt le 10 avril 1008. Il laisse une marque indélébile dans la ville de Liège : fondation de plusieurs collégiales et abbayes, fortifications, le palais épiscopal, la construction du quartier de l'Isle. On a coutume de dire « Liégeois, tu dois Notger au Christ et le reste à Notger ».

De Baldéric II à Otbert

En 1008, Baldéric II devient prince-évêque de Liège. C'est un aristocrate originaire du diocèse. Avant d'être appelé à Liège, il fut chapelain d'Otton III et de Henri II. La même année, il agrandit les terres de la principauté de terres condrusiennes situées sur les hauteurs de Huy. Henri II lui fit aussi don du village de Jupille et ses dépendances à l'évêque de Verdun

En 1012, le prince fait fortifier le village de Hoegaarden, sur la Gette, non loin de Louvain, ce qui déclenche les hostilité du comte Lambert de Louvain. Les forces liégeoises sont écrasées à Hoegaarden le 10 octobre 1013. Le Brugeron passe sous suzeraineté de Louvain, ainsi que l'avouerie de Gembloux.

En 1014, la principauté reçoit le marquisat de Franchimont.

Le 12 avril 1015, les troupes du duc de Basse-Lotharingie, Godefoid III d'Eenam (ou de Verdun) et ses alliés liégeois écrasent celles de Lambert de Louvain et de son allié Robert II de Lomme, comte de Namur lors de la bataille de Florennes.

Les troupes du duc de Basse-Lotharingie et celles du prince-évêque de Liège sont écrasées par les troupes de Thierry III de Frise, lors de la bataille de Vlaardingen. Baldéric II meurt la même journée.

Le territoire de l'Église de Liège s'agrandit encore en 1040, quand le prince-évêque Nithard reçoit le comté de Hesbaye (la Hesbaye liégeoise, comprise entre la Meuse et le Geer, à l'Ouest de Liège).

De Frédéric de Namur à Albert de Cuyck

En 1119, éclate une querelle lors de l'élection d'Otbert. Deux candidats sont en lice : Frédéric de Namur, archidiacre de Brabant et grand-prévôt de Saint-Lambert, partisan du pape et Alexandre, partisan de Henri IV, l'empereur excommunié.

L'empereur Henri V attribue l'évêché à Alexandre, aidé par le duc de Basse-Lotharingie, Godefroid Ier de Louvain. L'archevêque de Cologne, Frédéric de Schwarzenbourg (1100-1131), partisan de Frédéric de Namur, excommunie Alexandre. Le 23 avril de l'année 1119, on élit, à Cologne, Frédéric de Namur. En cette même année, à Mouzon, une tentative de réconciliation échoue entre le pape Calixte II et l'empereur.

Le 26 octobre 1119, lors du concile de Reims, le pape consacre Frédéric de Namur. Henri V et Alexandre sont de nouveau excommuniés. Le même jour, celui-ci, aidé par Godefroid de Louvain, s'empare du château de Huy . Le nouveau prince-évêque reprennent le château et repoussent les armées du duc. Alexandre se soumet.

Le 27 mai 1121, Frédéric de Namur meurt, peut-être empoisonné. Alexandre réussit à se faire élire. Le 2 septembre, l'archevêque de Cologne convoque les deux camps en assemblée. Il force aussi Alexandre à renoncer à l'évêché de Liège.

Le 23 septembre 1122, on promulgue le Concordat de Worms, qui met fin à la Querelle des Investitures : Le pape et l'empereur se sont réconciliés. L'empereur renonce à l'investiture des évêques par la crosse et par l'anneau, donc au pouvoir spirituel. Il laisse à l'Église le choix des évêques et des abbés. Le pape, lui, reconnaît à l'empereur le droit de présider les élections et de donner au nouveau prélat une investiture par le sceptre, c'est-à-dire le pouvoir temporel.

Le 1er janvier 1223, après deux ans de vacance, le trône de Liège retrouve un prince-évêque : Albéron Ier, frère de Godefroid Ier de Louvain, duc de Basse-Lotharingie et comte de Louvain. Il n'est pas liégeois, vu l'implication du clergé local dans la querelle, mais provient de Metz Il abolit le doit de main-morte sur tout son domaine.

En 1124, Albéron instaure le culte de Marie-Madeleine. La même année apparaît l'avoué de Hesbaye, porte-étendard de l'armée épiscopale.

Albéron Ier décèdera le 1er janvier 1128.

En 1128, Alexandre Ier est élu. Il est issu de la noblesse hesbignonne. Après ses différents échecs (cf. supra), il est enfin élu canoniquement.

En 1128, le roi Lothaire II dépose le duc Godefroid Ier de Louvain. Il nomme son successeur : le comte Waleran II de Limbourg.

Le 7 août 1129, l'évêque, aidé par Waleran II de Limbourg, remporte à Wilderen la victoire sur Godefroid Ier de Louvain, son ancien allié et protecteur.

Le prince-évêque Alexandre Ier est accusé de simonie par le pape Innocent II en 1135, il sera déposé au concile de Pise

Le 22 mars 1135, Albéron II, originaire de Metz monte sur le siège épiscopal de Liège.

En 1139, Albéron II participe de Latran (cf. Lantran II)

Entre 1140 et 1142, Renaud de Bar et Henri l'Aveugle, comte de Luxembourg et de Namur, prennent, brûlent et pillent la ville liégeoise de Fosses (Fosses-la-Ville).

En 1141, le prince-évêque récupère Bouillon, perdue en 1134.

Albéron II meurt à Orte, en Italie le 22 mars 1145.

La Principauté en mutation : l'essor des communes et des métiers

Les principautés laïques se développent : les nobles du comté de Hainaut et du duché de Brabant deviennent puissants. Auparavant, l'ancienne voie romaine menant de Cologne à Boulogne-sur-Mer constituait la principale route de la région. Elle est maintenant supplantée par une nouvelle voie qui de Maastricht, rejoint Gand et Bruges en passant par Tirlemont, Louvain et Gand, donnant ainsi au duc de Brabant une importance croissante.

La Principauté de Liège contrôle une grande partie de cette route, bloquant le développement du Brabant vers l'est.

Le 5 mars 1200, Hugue de Pierrepont, originaire de Laon est nommé prince-évêque.

En 1204, le duc Henri Ier de Brabant reçoit l'avouerie de Eersen : Maastricht devient ainsi une co-seigneurerie (Brabant-Liège).

La même année, la principauté reçoit le comté de Moha, qui ne sera réellement uni à Liège qu'en 1225.

Phillipe de Souabe confirme la grande charte d'Albert de Cuyck le 3 juin 1208 : l'inviolabilité du domicile est garantie.

En 1209, l'empereur Otton IV de Brunswick renonce à toute intervention dans les élections épiscopales.

En 1210, le pape Innocent III excommunie l'empereur, et menace de le déposer. Il sera remplacé par Frédéric II de Hohenstaufen. Le duc de Brabant s'agite, il réclame le comté de Moha, et veut faire payer les Liégeois.

Du 3 au 7 mai 1212, Henri Ier de Brabant, profitant de l'absence de la noblesse, saccage Liège et la Hesbaye. Il recommencera l'année suivante, brûlant Tourinnes, Waremme, Waleffe, et Tongres.

En 1213, le 13 octobre, Hugues de Pierrepont, aidé par les milices de Liège, Huy, Dinant, Fosses et Thuin, remporte la bataille de Steppes. Les Liégeois et leurs alliés du comté de Looz vainquent les Brabançons. Le prince évêque fait brûler Léau, Landen et Hannut, ainsi que les villages du territoire de Tirlemont.

La même année, l'empereur Frédéric II renonce à intervenir dans les élections des évêques : c'est la fin du système de l'Église impériale.

Le 2 février 1214, Le duc Henri Ier de Brabant et le prince-évêque signent un traité de paix.

En 1227, Hugues de Pierrepont refuse l'archevêché de Reims. Il rachète à l'archevêque de Reims les droits que celui-ci possédait en propre à Saint-Trond.

Le 29 août 1229, Le duc de Brabant se rend à Waremme où il reconnaît la validité des doits de l'Église de Liège sur le comté de Moha. Le 12 avril, Hugues de Pierrepont meurt à Huy. Il sera inhumé dans la cathédrale. Le 24 mai 1229 Jean d'Eppes (ou d'Aps) lui succède. La même année esr créée la première confédération des villes de Liège, Huy, Tongres, Fosses, Saint-Trond et Maastricht. Cette dernière est fortifiée cette année là. Le 13 décembre, l'empereur Henri VI fait abolir cette fédération et fait reconnaître l'autorité du nouveau prince-évêque.

Le 9 avril 1230, Henri VII confirme la charte d'Albert de Cuyck et le diplôme de Philippe de Souabe de 1208

Les habitants de Hasselt reçoivent laes même droits ue ceux de Liège en 1232]].

En 1238, le chapîte cathédral confie l'inquisition aux dominicains. La même années, des hérétiques sont brûlés à Liège.

Jean d'Eppes meurt pendant le siège du château de Poilvache, le [[[1er avril]] 1238

Le 22 juin, Guillaume de Savoie devient prince-évêque, il est le fils du comte de Savoie, [[Thomas Ier]. Le chanoîne Otton d'Erbstein conteste léléction, aidé par l'epereur Frédéric II. Des troubles éclatent dans tout le pays. Le 29 mai 1239, Guillaume de Savoie se rend à Rome, où le pape Grégoire IX confirme son élection. Le 30 juin de la même année, la rupture entre l'empereur et pape est complète. Grégoire IX excommunie et dépose Frédéric II.

Guillaume meurt le 29 mai 1839, sur le chemin du retour de Rome. il fut probablement empoisonné. Il sera inhumé dans l'abbaye de Haute-Combe.µ

Le 30 octobre 1240, un nouveau prince-évêque est élu, il s'agit de l'évêque de Langres, Robert de Thourotte ou de Langres. Il n'a pas reçu les droits régaliens de l'empereur, celui-ci étant excommunié.

En 1245, le rince assiste au Concile de Lyon durant lequel Frédéric II est déposé par Innocent IV. Robert de Thourotte peut ainsi régner sans avoir reçu les droits régaliens.

En 1246, la Fête-Dieu est instaurée dans tout le diocèse de Liège, à la demande de sainte Julienne, prieure à la léproserie de l'hospice de Cornillon. Le 9 juin de la même année, la bulle papale d'Innocent IV confirme les institutions du diocèse. La cathédrale est gérée par : 1 prince évêque, 59 chanoines tréfonciers, 11 chanoines de Saint-Materne, 12 chanoines de la Petite Table, de 2 chapelains impériaux,et de 2 chapelains épiscopaux.

Le 16 octobre, Robert de Thourotte meurt. Il sera inhumé dans l'abbaye de Claivaux Sa succession divise les chanoines, 112 candidats aspirent au pouvoir épiscopal. Le 27 septembre 1247, Henri de Gueldre est finalement élu. C'est un homme violent et débauché. La population l'appelle le "Grand Ribaud de la Cité]]. Il célèbre de veritables orgies dans la ville de Liège. Mais c'est un homme de Guerre, le pape Innocent IV le dipense de prendre les Ordres. Un suffrageant rempli alors les fonctions épiscopales.

Le 1er novembre, Henri de Gueldre reonnaît la souverainneté des laïques dans l'administration du temporel et celle du clergé dans les affaires écclésiastiques.

En 1251(en octobre ou en novembre, la Fête-Dieu est célébrée pour la première fois en la basilique Saint-Martin de Liège.

Innocent IV, en 1252, accorde des indulgences aux personnes contribuant à la reconstruction de la cathédrale, en chantier depuis l'incendie de 1185.

Lien externe


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See also: Histoire de la Principauté de Liège, 1000, 1008, 1012, 1013, 1014, 1015, 1040