Histoire de la Nouvelle-Calédonie


Les premières sources écrites concernant l'histoire de la Nouvelle-Calédonie remontent à sa découverte en 1774 par James Cook, mais l'archipel était habité par les kanaks depuis bien longtemps.

Sommaire

Histoire précoloniale

Voir aussi : Peuplement de l'Océanie Voir aussi: Lapita (dont le site type est néo-calédonien)

La découverte

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Carte historique montrant la Nouvelle-Calédonie et les îles de la loyauté

La découverte de l'archipel de Nouvelle-Calédonie a eu lieu assez tard dans l'histoire des découvertes océaniennes. En effet l'Anglais James Cook l'aperçoit seulement le 4 septembre 1774, au cours de sa deuxième expédition. Il la baptise Nouvelle-Calédonie en souvenir de sa région natale (Calédonie voulant dire Écosse). Ce premier contact lui donne un bonne impression.

Par la suite, l'île suscite plutôt l'intérêt de navigateurs français : La Pérouse (1785), d'Entrecasteaux (1792), Dumont d'Urville (1827), bien que quelques navigateurs anglais s'y rendent : Hunter (1791) et Kent (1803).

De 1810 à 1840, l'île est de plus en plus fréquemment abordée par des baleiniers, des marchands, des trafiquants et des aventuriers de toutes sortes.

La colonisation

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Indigènes de Nouvelle-Calédonie, vers 1880

À partir des années 1840, les missionnaires catholiques (français) et protestants (anglais) travaillent à l'évangélisation des tribus kanaks. En 1864 une expédition militaire aux îles Loyauté est organisée pour mettre fin à l'influence anglaise protestante.

Le contre-amiral Febvrier-Despointes prend possession de l'île à Balade (nord) pour la France, le 24 septembre 1853, et le 29 septembre il négocie l'annexion de l'île des Pins avec le grand chef Vandegou.

De 1853 à 1877, il y a un mouvement de colonisation pionnière vers la Nouvelle-Calédonie. C'est sous l'influence des pères maristes que la France a décidé de coloniser cette lointaine terre du Pacifique.

Napoléon III décide en 1863 de créer le bagne de Nouvelle-Calédonie. Les « transportés » arrivent entre 1864 et 1897. En 1872, les déportés politiques de la Commune de Paris y sont envoyés. Ils y côtoient les déportés de la révolte kabyle de 1871. Libérés, ils peuvent obtenir des concessions de 4 hectares sur l'île.

En 1874, suite à l'évasion de six communards déportés dont Henri Rochefort, le gouverneur Gautier de la Richerie est remplacé par Léopold de Pritzbuër. Dans le décret du 12 décembre 1874 signé par Mac Mahon les pouvoirs du gouverneur sont étendus de même que ceux du directeur de l'administration pénitencière.

À partir de 1895, sous l'impulsion du gouverneur Paul Feuillet, on met fin au bagne et la colonisation libre est encouragée. Les colons européens reçoivent des terres pour produire du café tandis que l'immigration asiatique est encouragée pour l'exploitation minière qui débute en 1910.

Fait notable : la Nouvelle-Calédonie est, avec l'Algérie, la seule colonie de peuplement française. Les métropolitains y sont venus nombreux au point d'égaler le nombre des autochtones (on appelle « Caldoches » les métropolitains nés sur le territoire, alors que les immigrants sont dénommés « Zoreille »). Au fur et à mesure des vagues de colonisation, les Kanaks furent soumis au code de l'indigénat (qui n'est aboli qu'en 1946), ils n'ont jamais été mis dans des réserves. Frappée par les maladies, l'alcoolisme, et la sous-nutrition, la population autochtone, estimée à 100 000 personnes en 1853, n'en compte plus que 20 000 en 1920.<!- est-ce sur, la population aurait triplé en 60 ans?>

Une histoire tourmentée

Les Kanaks n'ont jamais vraiment accepté cette colonisation et des révoltes ont lieu tout au long du XIXe siècle. Entre 1850 et 1878 ce ne sont que des révoltes épisodiques, éparpillées dans tous les coins de l'île. La première révolte rassemblant plusieurs tribus autour du chef Ataï a eu lieu en 1878 et s'est soldée par la mort du chef (qui a été décapité par des Kanaks armés par les Français, et dont la tête est conservée à Paris dans un bocal) et par un sentiment d'humiliation pour les Kanaks dont la population a rapidement décliné.

D'autres révoltes ont eu lieu, en 1913 dans le nord, et une importante en 1917, dirigée par le chef Noël Doui, lui aussi décapité par des Kanaks.

En 1932, un groupe de Kanaks est exposé dans une cage, à l'occasion de l'exposition coloniale de Paris.

La tentation américaine

Pendant la Seconde Guerre mondiale, la Nouvelle-Calédonie se rallie à la France Libre en 1940 et devient une base pour les Américains engagés dans la campagnes du Pacifique. En 1942, 40 000 soldats américains débarquent en Nouvelle-Calédonie, doublant ainsi la population de l'île.

Le maintien dans le giron de la République

Après la Seconde Guerre mondiale, les Kanaks espéraient profiter du mouvement de décolonisation pour se libérer aussi. Mais si, en 1946, le code de l'indigénat est supprimé et si les Kanaks obtiennent la citoyenneté française, ils n'obtiennent le droit de vote qu'en 1957.

La Nouvelle-Calédonie est alors un territoire d'Outre Mer mais, alors qu'un mouvement de décolonisation s'amorce dans les autres colonies françaises dès les années 1950, la France affirme son autorité sur le territoire calédonien : en 1963 le Conseil de Gouvernement est placé sous l'autorité du Gouverneur et en 1968, la loi Billote retire à l'Assemblée territoriale une partie de ses pouvoirs, entre autres sur le nickel.

Dans les années 1960, la population kanak devient majoritaire, ce qui inquiète les colons, d'autant que des revendications commencent à s'exprimer. Si bien que les autorités métropolitaines décident d'encourager l'émigration vers l'île. Cette immigration est facilitée par le boum du nickel qui offre aux immigrants une perspective économique souriante. Entre 1969 et 1976, la population de l'île s'accroît de plus de 20 % avec près de 20 000 nouveaux immigrants. Si les Kanaks sont toujours plus nombreux que les Européens (environ 55 000 contre 50 000 en 1976), ils ne sont toutefois pas majoritaires, en raison de la présence d'autres communautés allogènes (26 000) : Asiatiques Polynésiens et Wallisiens.

Le renouveau kanak

Les mouvements autonomistes se sont radicalisés au cours des années 1980. Les espoirs kanaks furent déçus : menés par le FLNKS (Front de libération nationale kanak et socialiste), ils comptaient sur la bienveillance du gouvernement socialiste.

La mort du secrétaire général de l'UC, l'indépendantiste radical Eloi Machoro, le 12 janvier 1985, tué au cours d'une manifestation plonge le peuple kanak dans la douleur et la colère en rappellant l'assassinat, resté impuni, de son prédécesseur à ce poste, Pierre Declercq. Les nationalistes Kanaks considèrent qu'il s'agit d'un assassinat commandité par l'État français et couvert par Edgard Pisani, ministre de la Nouvelle-Calédonie.

Même si le FLNKS appelle à l'apaisement cette disparition attise les rancœurs, ce qui explique l'attaque commando d'Ouvéa.

En avril et mai 1988, la petite île d'Ouvéa, est en effet marquée par deux drames : l'attaque des locaux de la gendarmerie par un commando indépendantiste (4 gendarmes assassinés), suivie de l'assaut, 15 jours plus tard, de la grotte où ce commando retenait 22 gendarmes et un magistrat en otages.

Le 5 mai 1988, à quelques heures du second tour de l'élection présidentielle entre François Mitterrand et son premier ministre, Jacques Chirac, cet assaut, baptisé « opération Victor », se solde par la mort de 19 indépendantistes et de deux militaires.

Les accords de Matignon

Suite aux violences des années 1980 entre indépendantistes (Front de libération nationale kanak socialiste) et anti-indépendantistes (Rassemblement pour la Calédonie dans la République), deux accords ont été conclus et signés à l'Hôtel Matignon à Paris sous l'égide des premiers ministres Michel Rocard en 1988 et Lionel Jospin en 1998.

Le 4 mai 1989, sur l'île d'Ouvéa, le président du FLNKS (indépendantiste), Jean-Marie Tjibaou, et son lieutenant, Yeiwéné Yeiwéné, étaient assassinés. Leur meurtrier, Djubelly Wéa, un ancien pasteur, reprochait aux deux hommes d'avoir signé en juin 1988 les accords de Matignon avec l'État et leurs adversaires anti-indépendantistes du RPCR (Rassemblement pour la Calédonie dans la République).

L'accord du 5 mai 1998 (Accords de Nouméa) prévoit un transfert de souveraineté vers 2018, c'est-à-dire l'indépendance dans tous les domaines sauf la défense, la sécurité, la justice et la monnaie qui resteraient des compétences de la République française.

Le référendum du 8 novembre 1998 sur le territoire néocalédonien fait entrer l'accord de Nouméa en vigueur et marque le début du processus d'émancipation de la Nouvelle-Calédonie.

Situation actuelle

Références

See also: Histoire de la Nouvelle-Calédonie, 1774, 1785, 1791, 1792, 1803, 1810, 1827, 1840, 1850