Histoire de la Bulgarie
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Formation du peuple bulgare
Les bulgares, seraient issus d'une tribu turque d'Asie centrale, qui a fusionné avec les habitants slaves de la région dès la fin du VIIe_siècle pour former le premier état bulgare.
L'historiographie bulgare de la période de l'indépendance et actuelle tend à minimiser, voire à rejeter cette origine et insiste sur le fait que la Bulgarie possède sa propre culture, sa propre langue slaves, qui n'ont rien en commun avec la culture et la langue turque actuelles. Ce point de vue tient notamment à l'utilisation d'une origine commune comme argument de la propagande nationaliste turque ainsi qu'à une différence dans l'emploi du terme « turc », réservé par les Bulgares à ce qui relève de la Turquie actuelle.
La religion dominante en Bulgarie a toujours été le christianisme orthodoxe, en dépit de longs siècles de soumission à l'Empire ottoman. Cependant selon le Grand vizir, Midhat Pacha, gouverneur des provinces du Danube, et l'un des pères de la constitution turque de 1876 : «... parmi les Bulgares, il y a plus d'un million de musulmans. Ces musulmans ne sont pas venus de l'Asie pour s'établir en Bulgarie, comme on le croit communément; ce sont les descendants de ces Bulgares convertis à l'islamisme à l'époque de la conquête et dans les années qui ont suivi. Ce sont les enfants d'un même pays, d'une même race, venus de la même souche... ».
La domination ottomane
Dans les siècles qui suivirent, la Bulgarie combattit contre l'empire byzantin pour tenir sa place dans les Balkans, mais en 1396 le pays fut envahi par l'empire ottoman qui tenta d'islamiser de force une partie de la population.
La conquête de l'indépendance
Cette domination ne prit fin qu'avec l'insurrection de 1876, la guerre russo-turque de 1877 et la Traité de San Stefano en 1878 par lequel la Bulgarie recouvrait en partie son indépendance, en devenant une principauté autonome. Elle accéda à l'indépendance complète en 1908, en tant que royaume.
Le XXe siècle
Le pays fut impliqué en 1912 et 1913 dans la guerre des Balkans, une série de conflits avec ses voisins, lors de laquelle le territoire bulgare vit sa surface varier. Pendant la Première comme lors de la Seconde Guerre mondiale, la Bulgarie se retrouva dans le camps des perdants.
La question turque
En 1925, la Bulgarie signa avec la jeune République Turque, un traité d'amitié, favorisant la liberté d'émigration entre les deux pays, et réaffirmant les droits des minorités tels qu'ils avaient été établis par le Traité de Neuilly-sur-Seine en 1919.
Après la seconde Guerre mondiale, la Bulgarie entra dans la sphère d'influence de l'URSS et devint elle-même une république populaire en 1946, ce qui amena, avec l'instauration de la dictature communiste, des restrictions de circulation, excepté pour les juifs, à partir de 1949, vers le nouvel État d'Israël, et pour 150 000 turco-musulmans vers la Turquie en 1950. En 1968, un nouveau contingent de 100 000 turco-muslmans furent autorisés à s'installer en Turquie. Le PC bulgare, renforcé dans son opinion par l'intervention turque à chypre en 1974, accusa les turco-musulmans d'être «perméables à la propagande de la Turquie» et de constituer «une cinquième colonne dans le tissu social du pays.
Dans les années 1980, la Bulgarie entreprit une vaste campagne de bulgarisation à outrance des populations considérées comme turco-musulmanes qui étaient au nombre de 900 000 sur une population de près de 9 millions. Ces populations se considéraient elles-mêmes, comme authentiquement turques, de culture turque et de religion musulmane. 300 000 autres personnes, dites Pomaks étaient considérées comme bulgaro-musulmanes.
Le pouvoir leur donna de fait à choisir entre une assimilation forcée et le départ. Cette politique débuta vers la fin de l'année 1984 sur le principe : «L'État-nation bulgare ne comprend pas d'autre peuple que les Bulgares», mais en fait elle avait débuté dès la fin de la guerre. Une série de réformes furent entreprises : bulgarisation des noms turcs, interdiction de parler turc, interdiction de la circoncision, interdiction des mariages selon la tradition turque, instauration du vendredi comme jour unique d'ouverture des mosquées, assouplissement des règles d'obtention du passeport. Plus de 250 000 personnes profitèrent de l'ouverture des frontières pour émigrer vers la Turquie.
Des manifestations de protestation furent durement réprimées et firent plus de 100 morts dans l'ensemble du pays. La domination communiste s'acheva en 1990, quand eurent lieu les premières élections multipartites.
L'histoire moderne
La Bulgarie a rejoint l'OTAN en 2004 et elle est candidate pour intégrer l'Union européenne en 2007.
