Hésiode

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Série : Littérature
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Hésiode (en grec Ἡσίοδος / Hêsíodos, en latin Hesiodus) est un poète grec du VIIIe siècle av. J.-C.

Sommaire

Biographie

Les faits

Les seuls faits authentiquement connus sur Hésiode sont les événements consignés dans ses poèmes. À trois reprises dans les Les Travaux et les Jours, il donne quelques éléments biographiques. Il faut y ajouter quelques vers de la Théogonie.

Hésiode serait né à Ascra, un petit bourg de Béotie. Son père venait de Cumes en Éolie, contrée d’Asie Mineure située entre l’Ionie et la Troade. Nous ignorons son nom. La tradition lui donne celui de Dios, mais cela s’explique par une interprétation fautive du passage « Πέρση, δῖος γένος / Pérsê, dĩos génos » (Travaux, v.299), comprise comme « Persès, fils de Dios » au lieu de « Persès, noble fils ». Il y possédait une petite entreprise de cabotage, qui le ruina. Il traversa donc la mer et se fixa à Ascra où il acheta un lopin de terre, au pied du mont Hélicon. Il y épousa Pycimède, dont il eut deux fils : Hésiode et Persès.

Ascra était un endroit pauvre. Hésiode le décrit comme un « bourg maudit, méchant l’hiver, dur l’été, jamais agréable » (Travaux, v. 640). Au moment du partage de l’héritage de son père, il eut un grave différend avec son frère Persès, ce qui entraîna un procès. Les « rois » d’Ascra donnèrent raison à Persès. Celui-ci fit mal prospérer son bien et même périclita, ce qui le conduisit à quémander son frère, qui le repoussa. Furieux, Persès menaça Hésiode d’un autre procès, dont l’objet est inconnu.

Pour amener son frère à la sagesse, à une saine vie et à une bonne gestion de ses biens, Hésiode composa à son intention le poème Les Travaux et les Jours, ouvrage dont la partie didactique est axée autour de deux vérités morales : le travail est la grande loi de l’humanité ; celui qui travaille peut vivre décemment. Cet ouvrage fut écrit dans un contexte de crise agraire et de vagues de colonisation des Grecs à la recherche de nouvelles terres. Hésiode espérait résoudre le différend à l’amiable ; nous ignorons s’il réussit ou non.

Parallèlement à ses activités agraires, Hésiode était un aède, c’est-à-dire un barde composant ses poèmes pour un auditoire. À Chalcis en Eubée, il participa au concours de poésie organisé par les fils du roi Amphidamas pour célébrer les funérailles de leur père. Il remporta la victoire grâce à un poème célébrant l’agriculture et la paix, et reçut un trépied en récompense. Il le dédia alors aux Muses de l'Hélicon.

Il mourut à Ascra. Quand le village fut détruit par les Thespiens, ses habitants se réfugièrent à Orchomène. Aristote témoigne dans sa Constitution d'Orchomène que, suite à un oracle, les habitants de la cité recueillirent les cendres du poète et les placèrent au centre de leur agora, aux côtés du tombeau de Minyas, héros éponyme de la cité. De la sorte, les habitants firent d’Hésiode leur fondateur (οἰκιστής / oikistês).

Hésiode s'est peint lui-même dans ses ouvrages comme partisan d’une existence sédentaire, observateur de la tempérance et de la justice, religieux jusqu’à la superstition, n’ambitionnant point la faveur des rois et se contentant de se rendre utile à ses concitoyens, à qui il prêchait la morale avec de beaux vers. Il est le créateur de la poésie didactique. Après sa mort, des statues furent érigées à Thespies, à Olympie ou encore sur l’Hélicon. Ses poèmes, chantés par les rhapsodes, devinrent très populaires et acquirent une grande renommée.

Hésiode a inspiré de nombreux poètes, parmi lesquels Virgile (dans ses Géorgiques) et Lucrèce.

Les légendes

Des écrits anciens nous livrent également des renseignements sur Hésiode. Il s’agit de :

L'ensemble est réuni dans les Vitæ Homeri et Hesiodi de Wilamowitz (Bonn, 1916).

L’Ἀγών est une sorte de livre scolaire remontant au IIe siècle de notre ère, mais dont le contenu est beaucoup plus ancien (Aristophane en cite des vers dans La Paix, en 421 av. J.-C. Il narre un tournoi opposant Homère à Hésiode, et a pour objectif de répondre à la question : que faut-il préférer, de la poésie didactique ou de la poésie épique ? Au terme du tournoi, Hésiode l’emporte sur l’avis du roi, parce qu’il célèbre la paix et non la guerre. Hésiode remporte un trépied qu’il consacre aux Muses, dans une sorte de décalque du tournoi de Chalcis.

Plutarque, la Souda et Tzétzès content quant à eux la mort d’Hésiode, en des termes concordants. Voulant dédier aux Muses le trépied gagné à Chalcis, il se rendit auprès de l’oracle de Delphes, où la Pythie lui fit une terrible prédiction :

« Heureux ce mortel qui visite ma demeure, cet Hésiode que chérissent les Muses immortelles ! Sa gloire s'étendra aussi loin que les rayons de l’aurore. Mais redoute le bois fameux de Jupiter Néméen (Nemeion). C'est là que le destin a marqué le terme de ta vie. »

Hésiode, pensant que la prédiction désignait le temple de Jupiter Néméen sur le site d’Olympie, s’éloigna du Péloponnèse et s’établit à Oinoé, ville de la Locride Ozolienne. Il y vécut longtemps, prit femme et eut un fils. Cependant, Plutarque rapporte qu’un jour, alors qu’il séjournait chez un hôte avec un certain Milésius, celui-ci viola la fille de son hôte durant la nuit. Hésiode fut accusé du crime et tué par les frères de la victime. Ce qu’Hésiode avait ignoré, c’est que le lieu de ces événements, qui était une région boisée près de la mer, était consacré à Jupiter Néméen. Son corps fut jeté à la mer — la prophétie se réalisait.

Il convient de noter que chez Tzétzès, c’est Hésiode lui-même qui est le séducteur. Quoi qu’il en soit, le cadavre fut sauvé de la submersion par une troupe de dauphins qui le portèrent jusqu’au golfe de Corinthe, où les Locriens célébraient la fête d’Ariane. Ils recueillirent le corps et pourchassèrent les meurtriers. Hésiode fut enterré sur le Néméion, en un endroit gardé secret par les habitants de Naupacte, de peur que ceux d’Orchomène ne leur enlèvent les cendres.

Cette histoire porte bien les marques de la légende : l’oracle mal compris qui se réalise, l’intervention de dauphins, le tombeau caché. Il est certain qu’elle fut élaborée dans le cadre d’une rivalité entre Naupacte et Orchomène. De plus, la même légende nomme le fils d’Hésiode et de la Locrienne séduite : il n'est autre que Stésichore, grand poète lyrique…

Œuvre

Hésiode est principalement connu pour sa réécriture des mythes dans ses œuvres, la Théogonie et Les Travaux et les jours, sur lesquels il a longuement réfléchi. Il met ainsi les trois puissances principales : Gaïa, Nyx, Éros, au début du récit (sans préciser qu’elles naissent au début). Auparavant, il existait une version de ces mythes par cité en Grèce ; la refondation d'Hésiode, si elle n’a pas éliminé les textes contradictoires (L'Odyssée), s’est imposée comme le meilleur récit des origines pour les Grecs anciens.

Hésiode tire son inspiration de multiples sources : son père cabotait avec l’Asie, il a donc dû avoir des échos des mythes babyloniens. S’il repense le mythe, il le fait cependant dans la logique du mythe.

Attributions classiques

La première édition ancienne que nous ayons conservée par les papyrus n’attribue à Hésiode que trois œuvres.

Autres attributions

Cependant, les Anciens lui ont également attribué une multitude d’autres œuvres, de manière plus ou moins fantaisiste, parmi lesquelles :

Quelques citations

Voir aussi

Bibliographie

Articles connexes

Liens externes


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