Hara-Kiri (journal)
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| Pays | Image manquante France_flag_large.png France France | |||
| Langue | Français | |||
| Périodicité | ||||
| Genre | Presse satirique | |||
| Date de fondation | 1960 | |||
| Date du dernier numéro | 1986 | |||
| Ville d'édition | ||||
Le magazine Hara-Kiri fut créé à l'initiative de François Cavanna et du professeur Choron entre autres. Ce journal satirique de tendance cynique, parfois grivoise, bénéficia d'un soutien télévisé discret de la part du réalisateur Jean-Christophe Averty (dont l'émission Les raisins verts participait du même esprit) et connut un succès relativement important en France, à l'histoire riche en publicités radiophoniques provocantes (« Si vous ne pouvez pas l'acheter, volez-le ») et entrecoupée de quelques interdictions.
Le magazine est d'abord vendu par colportage sur les trottoirs pour atterrir dans les kiosques à la fin de la même année.
Une lettre irritée arrive un jour au courrier des lecteurs, qui dit en substance : « vous êtes bêtes. Et non seulement vous êtes bêtes, mais vous êtes méchants ». Le sous-titre du magazine est immédiatement adopté : « Hara-Kiri, journal bête et méchant ». Dans chaque numéro, le professeur Choron (le siège est au 4 rue Choron) proposera le jeu bête et méchant du mois.
| Sommaire |
Historique
- septembre 1960 : Création du magazine Hara-Kiri, mensuel. Il sera interdit deux fois, en 1961 puis en 1966.
- Février 1969 : Hara-Kiri crée, sans supprimer le mensuel, un hebdomadaire qu'il nomme alors Hara-Kiri Hebdo. Cavanna y indique dans son éditorial que le but est de mieux coller à l'actualité et que le journal a failli se nommer Vite fait, vite lu ou Hara-Kiri vite fait. Le journal est en vente en kiosque pour 1 F, prix modeste qui contribuera d'ailleurs à son succès. Ce premier numéro montre le déjà célèbre petit bonhomme de Wolinski s'esclaffer en citant divers sujets, dont les « pendus de Bagdad ».
- Mai 1969 : Le journal change de nom pour devenir L'hebdo Hara-Kiri.
Cavanna raconte l'histoire du journal dans toute la deuxième partie de son livre Bête et méchant.
Interdiction de l'hebdo
En novembre 1970, l'hebdo Hara-Kiri sort avec pour couverture : « Bal tragique à Colombey : 1 mort » suite à la mort du général de Gaulle.
Ce choix de titre faisait référence à un fait divers du 1er novembre de la même année : l'incendie d'un dancing, le « Cinq-Sept », à Saint-Laurent-du-Pont (Isère) où 146 personnes moururent. Ce fait divers avait été la semaine précédente rebattu par une presse plus préoccupée de spectacle que d'information. Elle employait unanimement le terme de « bal tragique » repris de façon parodique par Hara-Kiri.
Une rumeur veut que le ministre de l'Intérieur de l'époque, Raymond Marcellin, ait alors interdit la parution du journal. Une autre, plus sceptique sur les délais de réaction réels des ministères, veut que la procédure d'interdiction, déjà en cours, ait simplement abouti par coïncidence cette semaine-là. Toujours est-il que ce numéro sera le dernier, sous cette forme tout du moins ...
La relève immédiate
Une semaine plus tard est lancé Charlie-Hebdo. Le prénom Charlie dans le titre serait une référence à Charles de Gaulle (si l'on en croit ce qu'affirme Georges Wolinski dans L'Écho des Savanes n° 239). En fait, les Éditions du square éditaient alors un mensuel de bande dessinée nommé Charlie et dont le rédacteur en chef était Wolinski. Or on remarque que :
- Les premiers numéros de Charlie Hebdo contiennent justement des bandes dessinées (et justement les Peanuts) sur une page à fond de couleur, comme pour signaler en somme qu'elles sont surajoutées au journal.
Le journal tire un parti comique de la situation :
- « Comme l'avait signalé notre malheureux confrère L'hebdo Hara-Kiri, dont nous déplorons la disparition »
- « L'Hebdo Hara-Kiri est mort. Lisez Charlie-Hebdo, le journal qui profite du malheur des autres »
Les rubriques sont rebaptisées de façon à rester parfaitement identifiables. Ainsi « Je ne l'ai pas lu, je ne l'ai pas vu, mais j'en ai entendu causer » devient « Si ce n'est pas vrai, je suis un menteur ». Certaines ne le sont même pas comme « Les lundis de Delfeil de Ton » ou « le petit coin de la culture » du même.
L'humour de Charlie-Hebdo ne sera pas du goût de tout le monde, surtout des esprits fonctionnant au premier degré. Lors de la visite surprise du président égyptien Anouar es Sadate à Tel-Aviv, sa couverture mentionne la rencontre en termes argotiques qui lui vaudront un procès intenté par une organisation antiraciste. Les positions antiracistes bien connues et largement affichées de Charlie-Hebdo, ainsi que quelques témoignages prestigieux, feront débouter la demande. Les couvertures de Charlie-Hebdo sont alors si grinçantes que le journal publie en prime toutes celles qui ont été envisagées, toujours irrévérencieuses, souvent très drôles, dans le journal, en petit format.
L'arrivée au pouvoir de la gauche en 1981, conjointe à peu de chose près à celle de Siné dans le journal, semble avoir été fatale à Charlie-Hebdo première manière, qui disparaît en 1982 pour cause d'irrégularité des ventes. Ironie du sort : les premiers numéros du journal disaient : « Vous pouvez vous abonner, mais on aimerait mieux pas parce que ça nous oblige à vous l'envoyer ».
Un baroud d'honneur aura pourtant été réalisé au préalable : « Charlie matin », quotidien qui dès le départ avait été conçu pour ne durer que trois numéros... et provoquer un battage médiatique à sa création comme à son arrêt de parution.
Hara-kiri mensuel
Continuera à paraître jusqu'en 1986.On y retrouve tous les collaborateurs de l'hebdomadaire (y compris Delfeil de Ton qui avait quitté l'hedomadaire en 1975). Avant gardiste, Hara-Kiri ouvre ses pages régulièrement à des auteurs ou dessinateurs hors normes, à l'humour absurde, noirs ou outranciers, souvent rejetés par les autres publications ou tout simplement impubliables à l'époque. Les détournements salaces de publicités ou de tableaux de maître feront la gloire du journal.
Participants
- Georges Bernier (professeur Choron)
- Cabu
- Delfeil de Ton
- François Cavanna
- Fournier
- Chenz
- Fuchs
- Gébé
- Melvin
- Reiser
- Topor
- Georges Wolinski
- Fred
- Willem
- J.M.Gourio
- Vuillemin
- Kamagurka
- Hugo
- Vuillemin
- Berroyer
Origine du nom
Harakiri est le nom populaire de la cérémonie de suicide au Japon seppuku.
