Howard Phillips Lovecraft

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H.P. Lovecraft

Howard Phillips Lovecraft, plus connu sous l'appellation H. P. Lovecraft (Providence, Rhode Island, 20 août 1890 - Providence, 15 mars 1937), écrivain américain, est l'un des pères de la littérature fantastique et d'épouvante du XXe siècle. Il est l'auteur d'une soixantaine de nouvelles, d'un roman ainsi que de poèmes dont aucun recensement n'existe à ce jour. Il est aussi l'auteur prolifique de plus de 80 000 lettres recensées, mais on estime qu'il en a écrit plus de 100 000, dont certaines de près de 70 pages. Il a écrit aussi des articles de philosophie et de sciences, travaillant notamment comme nègre littéraire. Il ne fut connu du grand public qu'après sa mort.

Sommaire

Biographie

Il rédige ses premiers poèmes, ainsi que sa première nouvelle, La petite bouteille de verre (The little glass bottle) à l'âge de six ans. Le 3 mars 1924, il épouse Sonia Haft Greene et s'installe chez elle, dans le quartier de Brooklyn à New York. En avril 1926, Lovecraft quitte l'appartement de New York pour retourner vivre à Providence chez sa tante la plus âgée, Lillian Clark. Il divorcera trois ans plus tard et ne connaîtra plus d'autre femme.

Il imagina une cosmogonie fabuleuse de dieux, de créatures et de lieux étranges regroupés sous l'expression Mythe de Cthulhu, un terme inventé par l'écrivain August Derleth après sa mort et que l'on retrouve dans la plupart de ses textes.

L'idée fondamentale de son œuvre est liée au Temps. Pour lui, même l'imagination humaine a ses limites comme nos sens et les choses. Aussi, plus le champ de nos connaissances augmente et plus notre imagination doit croître avec elles de sorte que l'homme finit par être glacé par « l'effroi des espaces infinis » comme l'était déjà Pascal avant lui. Dans cet infini de l'espace et du temps, se dernier finit par se dévorer lui-même comme le serpent se mordant la queue. Ce voyage mental dans cet espace n'est cependant pas quantifiable par les mathématiciens puisqu'il s'agit de l'angoisse humaine. Ainsi Lovecraft est-il dévoré par l'angoisse du Temps, c'est ce qui ressort le plus de son œuvre et qu'il a traduit dans le domaine littéraire par le biais du fantastique, ou plus exactement du réalisme fantastique. Cette branche de la littérature constituait comme il le dit lui-même : « le seul véritable réalisme, la seule prise de position de l'homme vis-à-vis de l'univers ».

Ainsi, les romans de Lovecraft présentent le monde comme un univers hanté par des forces anciennes et bannies, attendant l'heure de leur retour, dont l'archétype est le Léviathan. Les monstres les plus récurrents sont Cthulhu, Yog-Sothoth, Azathoth ou Nyarlathotep. Le Necronomicon, ouvrage supposément écrit par l'Arabe fou Abdul Alhazred, est aussi un « personnage » important. L'Appel de Cthulhu, publié en 1926, est la pièce angulaire de cet univers. Il n'est guère difficile de percevoir sous les noms de ses monstres des réminiscences de créations beaucoup plus anciennes telles Gog et Magog ou Astaroth, thèmes sur lesquels l'auteur a pu greffer ses étranges fantaisies.

On discerne des thèmes rémanents dans son œuvre, tels que la folie - dont étaient touchés ses parents, la futilité des croyances, la dégénérescence, les unions contre nature, la xénophobie, l'impression générale que le monde dans lequel il vivait n'était qu'un leurre désagréable et immonde. Hanté par de nombreuses phobies, il ne pouvait supporter la proximité de la mer, ni même les objets en provenant, tant était grande son aversion pour l'élément primordial de la vie. Le froid le rendait malade et les seuls êtres vivants qui semblent ne pas lui avoir déplu étaient les chats; il en avait toujours plusieurs chez lui pour seule compagnie. Il avoua souvent qu'il aurait préféré vivre au XVIIIe siècle.

Solitaire, maladif et rongé par un mal-être permanent, Lovecraft était en perpétuelle difficulté financière, mais il demeurait toujours prolixe en conseils à ses amis écrivains. Toujours insatisfait, il travaillait sans relâche et publiait notamment dans des pulps, dont le magazine Weird Tales où on lui fit essayer tous les genres mais, n'ayant guère le sens des contacts humains, et ignorant les nécessités humaines ordinaires, ses œuvres semblaient écrites par un martien de sortes qu'elles étaient le plus souvent refusées, ne correspondant pas aux critères éditoriaux de ce genre de presse destinée au public d'alors.

Décédé d'un cancer de l'intestin, il laissa derrière lui quantité de textes non publiés. Son testament chargeait Robert H. Barlow, l'un de ses correspondants, de la publication du restant de son œuvre. Malheureusement, Barlow ne s'acquitta pas de sa tâche, ne publiant qu'un seul texte en 1938. Mais cette mission fut reprise par August Derleth et Donald Wandrei, amis de Lovecraft qui travaillaient eux-aussi pour la revue Weird Tales. Ils créèrent ensemble la maison d'édition Arkham House qui avait pour vocation de publier les œuvres de Lovecraft. C'est grâce à leur acharnement et leur dévouement que les écrits de HPL purent être diffusés, jusqu'à lui offrir un succès posthume qu'il n'avait jamais connu de son vivant.

De nombreuses études biographiques ont été écrites sur Lovecraft, comme celle de l'écrivain français Michel Houellebecq (H.P. Lovecraft Contre le monde, contre la vie, ISBN 2-290-05586-4). Les principaux biographes de Lovecraft sont S.T. Joshi, dont le travail a permis d'exhumer de nombreuses œuvres inconnues, principalement des travaux de nègre littéraire, et Lyon Sprague de Camp, dont le travail demeure une référence, et qui a le mérite de mettre à jour certains mécanismes psychologiques qui ont amené Lovecraft à développer son style et sa personnalité.

Le succès posthume de Lovecraft est tel, que certains auteurs ont continué à publier des nouvelles articulées autour du Mythe de Cthulhu, entre autres August Derleth, Clark Ashton Smith, Frank Belknap Long, Robert E. Howard ou Robert Bloch. Le cinéma, la bande dessinée, le rock ont également allégrement puisé dans les créations lovecraftiennes leurs plus étranges cauchemars. Citons aussi H.P.L. (1890-1991), une biographie uchronique signée Roland Charles Wagner.

Rêve et production littéraire

Le rêve est un thème récurrent dans l'œuvre de Lovecraft, omniprésent. Non seulement celui-ci tient une place importante dans les écrits du maître de Providence, mais il contribua en lui-même directement à la production littéraire de Lovecraft. En effet, une grande part de ses nouvelles ne sont que la transcription des rêves de Lovecraft, plus ou moins retravaillés. Le sommeil occupait de fait une place importante dans la vie de Lovecraft, en particulier du fait de sa mauvaise condition physique, comme en témoigne ce passage d'une de ses lettres à Rheinhart Kleiner, datée du 21 mai 1920 :

"Ces deux rêves survinrent au milieu d'un après-midi où j'arrêtai mon travail à bout d'épuisement nerveux et posai la tête sur mes bras au bord de la table devant moi. J'en arrive à un point où je m'assoupis ainsi très fréquemment-cela m'aide à tenir et à en faire plus que d'habitude."

Ainsi, les maigres bêtes de la nuit (night-gaunts) commencèrent à hanter ses cauchemards en 1896, suite à la mort de sa grand-mère et du deuil qui s'en suivit dans son entourage famillial.

Parmis les œuvres où le rêve joue un rôle central, on peut noter les suivantes :

On peut rajouter à ces récits de nombreuses nouvelles et un roman que l'on peut englober dans un ensemble d'inspiration plus Dunsanienne, un cycle onirique en quelque sorte, qui se détache par son univers et son ambience particulière, et qui comprend notamment :

Lovecraft et le racisme

La correspondance personnelle de Lovecraft indique qu'il avait des opinions racistes, faisant des déclarations telles que « Le Nègre est fondamentalement l'inférieur biologique de tous les Blancs et même des races mongoliennes ». Néanmoins, le racisme de Lovecraft semble s'être limité au niveau théorique, et ne pas avoir eu de conséquence sur son comportement. Ainsi, malgré son antisémitisme et ses positions sur le métissage, sa propre femme, Sonia, était juive; mais cela ne signifie pas grand chose dans le contexte de l'Amérique de l'époque.

The Horror at Red Hood et The Street, dans lesquels il décrit les immigrants de son époque comme décadents et potentiellement dangereux. Certaines nouvelles telles que The Shadow over Innsmouth et Facts Concerning the Late Arthur Jermyn and His Family avertissent contre les dangers du métissage. D'autres encore comme Herbert West : Reanimator contiennent des descriptions racistes des groupes ethniques de couleur et de la population immigrante.

Il s'agit également d'un reflet des valeurs et des conceptions de l'époque.

Selon Michel Houellebecq, qui lui a consacré un essai, le racisme de Lovecraft et la haine qui lui est associée est un élément fondamental de sa littérature ; il considère que ce racisme viscéral a été amplifié par son séjour à New York.

Beaucoup d'historiens de Lovecraft attribuent son racisme à une xénophobie causée par son éducation insulaire, et notent que Lovecraft connut avec l'âge une plus grande ouverture d'esprit envers les autres origines ethniques. Alors que ses écrits étaient très traditionnalistes à ses débuts, ils révèlent, vers la fin de sa vie (après 1927), un changement graduel dans ses opinions politiques.

Le racisme avoué que l'on trouvait dans ses premiers écrits a pratiquement disparu à la fin de sa carrière. Il est notable que ces changements aient eu lieu après son exposition aux valeurs contemporaines et cosmopolites de New York. Des preuves supplémentaires du changement presque radical qu'il éprouva alors se trouvent dans Shadow Out of Time où il décrit une société parfaite, fondée, selon certaines interprétations, sur un système socialiste reflétant ses théories du moment sur le gouvernement.

Il a désavoué The Street qui était une nouvelle ouvertement xénophobe. Par bien des aspects, The Case of Charles Dexter Ward paraît être une version retravaillée de The Horror at Red Hood, dépourvue de son abondante xénophobie.

Un résumé complet de ses opinions sur les « races » et les cultures se trouve dans ses Selected Lettres IV, publiées par Arkham House (lettre 648 à J. Vernon Shea, datée du 25 septembre 1933).

Bibliographie non-exhaustive

Les Grands Textes

Les lovecraftiens considèrent ces textes comme les grands textes ou textes fondateurs du mythe. Ces textes furent les premiers publiés en France, et constituent le sommaire des numéros 4 et 5 de la collection Présence du futur.

Voir aussi

Liens externes


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See also: Howard Phillips Lovecraft, 15 mars, 1890