Guerres d'Italie
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Les guerres d'Italie sont une suite de conflits menés par les souverains français en Italie au cours du XVIe siècle pour faire valoir leurs droits héréditaires sur le royaume de Naples, puis sur le duché de Milan.
| Sommaire |
Origine
Le royaume de Naples, jusqu'en 1442, est aux mains des Anjou. À cette date, l'Aragon en prend le contrôle. La famille d'Anjou essaye alors sans relâche d'en reprendre possession. Son dernier représentant, René d'Anjou meurt en 1481 : ses droits sur le royaume de Naples passent alors à la France, sur le trône de laquelle règne, dès 1483, Charles VIII. En 1486, certains barons du royaume de Naples, restés fidèles aux Anjou, se révoltent. Vaincus ils se réfugient en France. Les monarques français vont alors essayer de faire valoir leurs droits pendant près de 60 ans.
Première guerre d'Italie (1494-1497)
Allié au duché de Milan, et sous le prétexte de mener une nouvelle croisade contre l'Empire ottoman et de délivrer Jérusalem (prétexte que même ses contemporains n'ont pas cru), Charles VIII franchit le col du Mont-Genèvre le 2 septembre 1494.
L'armée française qui pénètre en Italie est composée de la garde rapprochée du roi, formée par deux cents cavaliers, une cavalerie de 1 600 lances, 12 000 fantassins (dont 6 000 Suisses et 3 000 Gascons) et surtout une artillerie de 70 pièces, légères et maniables, tirant des obus en acier.
Les Français avancent rapidement et ils atteignent la ville d'Asti le 9 septembre. Parallèlement, à Ravallo, près de Gênes, les troupes franco-milanaises commandées par Louis d'Orléans, appuyées par la marine française, ont mis en déroute une armée de 5 000 Aragonais, fraîchement débarqués dans le port de Gênes. Malade — il a la petite vérole — Charles VIII ne peut pénétrer dans Gênes avant le 6 octobre.
L'armée française continue alors en direction de Naples : le 20 octobre les Français prennent Mordano, en Romagne, et y massacrent civils et soldats, le 26 c'est le bourg de Fivizzano qui subit le même sort. Les Italiens sont terrorisés, et après négociation, Florence est prise sans combat le 17 novembre. Les Français la quittent le 28 du même mois et entrent dans Rome le 31 décembre. Pendant ce temps, une révolution populaire a transformé la Florence des Médicis en une république qui survivra jusqu'en 1512.
À la mi-février 1495, le roi de Naples, Alphonse II, abdique et Ferdinand II de Naples lui succède. Ce dernier doit fuir devant l'arrivée des troupes françaises le 22 février 1495.
L'arrogance de l'occupant provoque l'hostilité de la population. Une alliance anti-française, la Ligue de Venise, se forme. Charles VIII décide de quitter Naples, ce qu'il fait le 20 mai 1495 avec le gros de son armée. Gilbert de Montpensier, devenu vice-roi, y demeure en tant que gouverneur à la tête d'une garnison française.
Resté en Lombardie avec une partie des troupes, Louis d’Orléans, bien qu’il ait reçu l’ordre de ne pas attaquer Ludovic le More, duc de Milan, ne peut résister à l’envie de s’emparer de Novare. Il y entre le 10 juin 1495 et y est très bien recu par les habitants. Cependant, il n’entreprend pas de prendre Milan alors que la ville est sans défense et que ses habitants l’auraient également très probablement accueilli à bras ouverts.
Cependant, le retour vers la France de Charles VIII s'effectue dans des conditions difficiles. Le roi ayant quitté Naples avec une armée diminuée (Il n'a plus que 9 000 hommes avec lui) fait traverser à grand peine les Appenins à son artillerie et arrive devant Fornoue le 5 juillet. Rattrapé par l'armée du marquis de Mantoue, forte de 35 000 hommes, Charles VIII est obligé d'accepter le combat. Le 6 juillet se déroula la bataille de Fornoue où les francais, malgré leur inferiorité numérique, remportèrent une relative victoire qui leur permit de poursuivre leur retraite.
L’armée arriva à Asti dans un état de délabrement certain. Louis d’Orléans, s’étant fait enfermer avec ses troupes dans Novare par les 30 000 hommes de Ludovic le More, et étant en proie à la famine, appella son cousin à l’aide. Celui-ci, ne lui tenant pas rigueur de son insubordination partit à son secours.
Des négociations s’ouvrirent entre les deux parties qui conduisirent à la paix de Verceil signée le 9 octobre 1495. Louis d’Orléans évacua Novare avec ses 5 500 hommes majoritairement Suisses dont une grand nombre, trop affaibli, mourut peu après. Le traité de Verceil sous l’apparence d’avantages accordait au roi des espérances chimériques et laissait tout ce qu’il offrait de solide au duc de Milan, en lui garantissant son usurpation.
Pendant ce temps les Français laissés sur les débris du royaume de Naples combattaient pour en conserver la possession. Ferdinand II ayant debarqué en Calabre les assiégea dans Naples. Montpensier s’était renfermé dans les châteaux en attendant les secours de France. Ceux-ci tardèrent à arriver car d’une part Ludovic le More avait dupé les Français en leur promettant, au traité de Verceil, une flotte pour acheminer leur troupes vers Naples, flotte dont ils ne virent jamais la couleur et car d’autre part Charles VIII était à court d’argent. Le coût de son expédition en Italie aurait du être partiellement couvert par des dons que les Florentins lui avaient fait. Cependant ces dons étaient conditionnés au retour sous contrôle florentin des places fortes qu’ils avaient prêtées au roi, et celles furent finalement vendues à Lucques, Venise, Gênes ou Pise, suite à la trahison du commandant français en Toscane, Robert de Balsac. Charles VIII se vit donc contraint à rembourser les prêts florentins et ne reçut pas les nouveaux versements que Florence aurait dus lui faire.
Gilbert de Montpensier, en désespoir de cause, embarqua avec presque toute sa garnison et se rendit à Salerne. L’armée du comte composée en grande partie de mercenaires allemands et italiens, manquant souvent de vivres et n’ayant pas recu sa solde depuis fort longtemps se fit enfermer, par Ferdinand II dans la petite ville d'Atella. Dans ces conditions une partie des mercenaires allemands fit défection, ce qui poussa les Français à la capitulation. L’armée française retenue prisonnière fut décimée par la maladie et la faim.
L’Espagne s’était engagée dans la ligue de Venise en violation du traité de Barcelone (19 janvier 1493) par lequel le Roussillon lui était cédé. Afin de soutenir ses alliés, Ferdinand II d'Aragon attaqua à plusieurs reprises le Languedoc courant 1496. Des négociations en vue d’obtenir une paix separée avec l’Espagne occupèrent une partie de l’année 1496, toute l’année 1497 et le début de 1498, aboutissant à la signature de la trêve d’Alcala de Henares le 24 novembre 1497.
Charles VIII toujours désireux de reconquérir le royaume de Naple entretint des intelligences avec les princes d’Italie dont les états pouvaient lui ouvrir de nouveau le chemin de Naples. Cependant, le duc d’Orléans contribua à faire naître des obstacles face aux projets du roi qui mourut en 1498 sans d'avoir pu exaucer ses rêves de revanche.
À compléter
Deuxième guerre d'Italie (1499-1500)
Troisième guerre d'Italie (1500-1504)
Quatrième guerre d'Italie (1508-1513)
Cinquième guerre d'Italie (1515-1516)
Voir aussi : Bataille de Marignan
Sixième guerre d'Italie (1521-1526)
Voir aussi : Bataille de Pavie
Septième guerre d'Italie (1526-1529)
Huitième guerre d'Italie (1536-1542)
Neuvième guerre d'Italie (1543-1545)
Dixième guerre d'Italie (1547-1556)
Onzième guerre d'Italie (1556-1559)
Voir aussi
Grands capitaines des guerres d'Italie
Bibliographie
- Philippe de Commines, Mémoires
