Guerre froide
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La guerre froide désigne une période de fortes tensions entre les États-Unis et l'URSS, caractérisée par de multiples affrontements indirects entre ces deux puissances impérialistes entre 1947 et 1991. Le terme froide apposé en oxymore indique qu'il ne s'agit pas d'une guerre au sens habituel du terme. La guerre froide fut une confrontation idéologique entre les deux Grands vainqueurs de la Seconde guerre mondiale ; elle est également marquée par la menace nucléaire et la compétition technologique (conquête de l'espace).
| Sommaire |
Constitution des blocs ennemis (1945-1955)
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Dès la fin de la Seconde Guerre mondiale, l'alliance contre nature entre les deux grandes puissances victorieuses (URSS et États-Unis) ne résiste plus à l'opposition de leurs divergences idéologiques et de leurs ambitions impérialistes rivales. Chaque puissance fonde alors en Europe un pacte de défense mutuelle avec les États sous leur protection : l'Organisation du Traité de l'Atlantique Nord (OTAN) en 1949 sous l'égide des États-Unis, principalement à l'Ouest ; et le Pacte de Varsovie en 1955, sous domination soviétique, à l'Est.
Aux États-Unis, l'ex-premier ministre britannique Winston Churchill déclare dans un célèbre discours prononcé à l'université de Fulton en mars 1946 qu'« un rideau de fer est tombé sur l'Europe, de la Baltique à l'Adriatique ». Ceci ne sera toutefois totalement vrai qu'en 1948, après que les communistes se furent emparés du pouvoir en Tchécoslovaquie lors du Coup de Prague.
En Grèce, les communistes alimentent la guerre civile et sont soutenus par Moscou. En France et en Italie, les partis communistes remportent des succès électoraux. Et bientôt la Chine deviendra communiste sous la direction de Mao Zédong. Conscient de la menace soviétique, le président américain Truman lance la politique d'endiguement (containment) du communisme. Il pense que les difficultés nées de l'après-guerre sont un terreau favorable à la diffusion du communisme.
Pour enrayer cette diffusion en Europe de l'Ouest, le plan Marshall est déclenché en 1947 : les États-Unis proposent un prêt de plusieurs milliards de dollars pour reconstruire les économies. Tous les pays dans lesquels l'Armée rouge n'est pas présente accepteront cette aide. Les conséquences de l'aide américaine se conjuguent à la politique de redressement économique (soutenue en France et en Italie par leurs partis communistes respectifs) et les résultats sont visibles assez rapidement : le Parti Communiste français quitte le gouvernement pour 34 ans, de 1947 à 1981, mais les tickets de rationnement ne disparaîtront du quotidien des ménagères françaises qu'en 1949.
Dès 1947, la réponse du côté soviétique ne se fait pas attendre : Jdanov déclare que la rupture entre les deux camps est claire, et que chaque pays doit par conséquent choisir le sien ; au même moment, en Europe, les pays où l'Armée rouge est restée sur place après la guerre deviennent progressivement communistes ; Budapest comme de nombreux autres voit s'appliquer la méthode dite du « salami » : le parti communiste prend progressivement de l'importance en faisant interdire les autres partis, les accusant de collaboration ou de fascisme.
1948-1953 : crises
Blocus de Berlin, juin 1948 à mai 1949
L'Allemagne se retrouve au cœur de la guerre froide : depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, celle-ci est morcelée en plusieurs zones d'occupation entre France, Royaume-Uni, États-Unis et URSS ; Berlin-ouest, enclavée dans la zone russe, est raccordée aux autres zones par des couloirs aériens, des autoroutes et des voies de chemin de fer en transit. En 1948, le secteur d'occupation français rejoint les secteurs anglais et étatsunien dans une trizone, dans laquelle sera mis en place le Deutsche Mark (afin de mettre fin à l'inflation qui durait jusqu'alors) Staline tente de réunir les secteurs berlinois sous sa tutelle et transgresse clairement les Accords de Yalta (n'oublions pas que Berlin Ouest est un bastion occidental au beau milieu du secteur russe), il décide donc du blocus de Berlin : le 23 juin 1948, toutes les voies d'accès terrestres sont bloquées. Les Américains organisent alors un gigantesque pont aérien : toutes les denrées seront acheminées par avion, et durant plus d'un an, plus d'une dizaine d'avions par heure atterriront à Berlin-ouest. Le 12 mai 1949, conscient de son échec, Staline décide de la fin du blocus.
La conséquence principale du blocus fut la création de la RFA (ancienne trizone), avec pour capitale Bonn, et de la RDA (ancienne zone soviétique), deux Allemagnes qui ne se reconnaissent pas, séparées par le rideau de fer.
Fondation de la République Populaire de Chine : 1er octobre 1949
Voir aussi : Histoire de la Chine
Depuis les années 1910, la guerre civile en Chine n'a pas cessé, opposant les communistes de Mao Tsé-Toung et le Kuomintang de Tchang Kaï Tchek ; depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, l'un est aidé par l'URSS, l'autre par les États-Unis. Cependant l'aide américaine s'amenuise, et le PCC (parti communiste chinois) occupe presque toute la Chine en 1949. Le premier octobre, la fondation de la République populaire de Chine à Pékin est annoncée. Tchang Kaï Tchek se réfugie à Formose, qui deviendra Taïwan, et y fonde une Chine dissidente. Désormais, les deux Chines ne se reconnaîtront pas, comme les deux Allemagnes.
Guerre de corée : 1950-1953
Voir article : Guerre de Corée
« Guerre » idéologique
- Au États-Unis : apparition du maccarthisme, « chasse aux sorcières » : les communistes sont traqués dans l'administration américaine. L'affaire Rosenberg en est l'exemple le plus célèbre : un couple juif étatsunien est accusé d'avoir fourni des informations sur la bombe nucléaire aux Soviétiques. Ils seront condamnés à mort. Cette affaire sucitera une vive émotion en Europe, et tout particulièrement en France. Cependant, il semblerait aujourd'hui que, selon les archives du KGB, les époux Rosenberg étaient bien coupables.
- URSS : nombreux procès politiques dans tous les pays sympathisants contre les titistes, accusés de dévier de la politique de Moscou.
1953 - 1962 : coexistence pacifique et nouvelles crises
La coexistence pacifique
En 1953, Staline meurt. Il est remplacé par Nikita Khrouchtchev, qui condamne les crimes de Staline et permet la coexistence pacifique en autorisant que certains États ne soient pas communistes. Mais il existe aussi des périodes plus calmes où l'affrontement ne demeure qu'idéologique. On l'appelle la coexistence pacifique.
Bien qu'officiellement les deux puissances ne se soient jamais affrontées directement, on estime que plus d'une centaine d'avions espions américains auraient été abattus lors de survols de l'espace aérien soviétique. Dès 1950, un privateer US est abattu par la chasse russe. À partir de 1956, les Américains utilisent des U2 volant à plus de 20 000 mètres d'altitude. Mais en mai 1960, l'un d'eux est abattu et son pilote, Francis Gary Powers est capturé et condamné pour espionnage à la suite d'un procès très médiatisé. Les Américains créeront alors une lignée d'avions espions de plus en plus perfectionnés, avant de développer un programme de satellites de surveillance.
Cependant de nouvelles crises apparaissent dès 1956 :
- Crise interne à l'URSS : révolte hongroise qui donne lieu à une répression soviétique au moment des jeux Olympiques d'été de 1956.
- Crise de Suez : guerre entre l'Égypte d'une part, et la France, la Grande-Bretagne et Israël d'autre part.
La crise des missiles de Cuba
La crise des missiles cubains porta le monde au bord de la guerre nucléaire. L'URSS commençait à installer des missiles à tête nucléaire à Cuba, rendant le territoire américain particulièrement vulnérable. Cette crise fut désamorcée par l'engagement de ne pas installer des armes comparables en Turquie.
1963 - 1974 : la Détente
Une volonté d'entente
Après la crise de Cuba, qui a failli faire plonger le monde dans une Troisième Guerre mondiale, les EU et l'URSS décident de s'entendre pour éviter une nouvelle crise grave. Le "téléphone rouge" est mis en place pour faciliter le dialogue entre Washington et Moscou. Les deux Grands s'engagent également à limiter leur armement :
- 1963 : le Traité de Moscou réglemente les essais nucléaires. Les EU et l'URSS s'entendent sur la non occupation de l'Antarctique.
- 1968 : TNP (Traité de Non Prolifération), les signataires s'engagent à ne pas divulguer le secret de la bombe atomique.
- 1972 : SALT 1 (Strategic Armements Limitation Talks) "Négociation sur la limitation des armements stratégiques", accords signés par les EU et l'URSS visant à limiter la quantité des armements nucléaires. Les deux grands se placent dans une logique de transparence.
- 1979 : SALT 2
Les raisons de la Détente sont multiples : les EU connaissent des difficultés financières, et sont en guerre au Viêt Nam. L'URSS doit faire face à une production agricole qui stagne et a besoin d'une aide économique extérieure. L'URSS est contestée par la RPC (République Populaire de Chine). La rupture sino-soviétique contribue à l'instauration d'une diplomatie triangulaire entre Washington, Moscou et Pékin. À l'issue de plusieurs rencontres entre Nixon (EU) et Brejnev (URSS), les EU et l'URSS aboutissent à un condominium. Les deux puissances passent des accords de coopération (agricole et spatiale).
La Détente en Europe
Dans chacun des deux blocs, les deux Grands sont contestés. Le modèle soviétique est contesté en Europe de l'Est. En 1968 la Tchécoslovaquie est envahie par les troupes du Pacte de Varsovie : le "Printemps de Prague" touche à sa fin. A l'Ouest, De Gaulle prend ses distances avec les EU et l'OTAN. En 1969 Willy Brandt devient chancelier de la RFA et engage une politique de rapprochement et d'ouverture à l'Est : l'"Ostoplitik". Les deux Etats se reconnaissent mutuellement en 1972 et entrent à l'ONU en 1973. Le Mur de Berlin devient de plus en plus perméable. En 1975 les Accords d'Helsinki sont signés par 33 Etats européens dont l'URSS (mais aussi le Canada et les EU). Les accords doivent permettre la coopération entre les Etats, la libre circulation des personnes, et le respect des droits de l'homme.
Les limites de la Détente
Les deux Grands sont impliqués dans des conflits importants. Tous deux mènent une lutte d'influence dans les pays du Tiers-Monde. De 1964 à 1975, la guerre du Viêt Nam oppose indirectement les grandes puissances, à travers le Nord Viêt Nam communiste et le Sud Viêt Nam capitaliste. Les EU s'engagent militairement au Viêt Nam à partir de 1962. En Amérique latine, le régime communiste cubain soutient des guérillas révolutionnaires qui se soldent par des échecs.
1975 - 1985 : la Guerre fraîche
- La course aux armements et l'équilibre de la terreur
- Crise des missiles en Europe
- Guerre d'Afghanistan (1979)
Fin de la guerre froide : disparition de l'URSS (1989-1991)
La Guerre froide prit fin avec la chute du mur de Berlin en 1989, la réunification allemande en 1990, la démocratisation des pays d'Europe de l'Est et la dislocation de l'URSS en 1991.
Chronologie indicative de la guerre froide en Asie
- 25 juin - août 1950 : Offensive des troupes Nord-Coréennes en Corée du Sud
- 27 juin 1950 : Le président Américain Truman envoie l'armée Américaine soutenir la Corée du Sud après l'appel de l'ONU
- Septembre - Octobre 1950 : Contre-offensive américaine en Corée
- Novembre 1950 - janvier 1951 : Riposte de la Corée du Nord, soutenue par la Chine
- Mars 1951 : Le front se stabilise
- 27 juillet 1953 : Les deux Corée signent un armistice
- 20 décembre 1960 : Création du Front national de libération du Vietnam du Sud
- Août 1964 : Accrochage entre les flottes américaines et nord-coréennes dans le Golfe de Tonkin.
- Mars 1965 : Les forces américaines décident d'intervenir
- Janvier - février 1968 : Les Nord-Vietnamiens projettent 70 000 hommes sur le Sud-Vietnam
- Mai 1968 : Des négociations entre les différentes parties ont lieu
- 27 janvier 1973 : Accords de Paris. Retrait des troupes américaines
- 30 avril 1975 : Saigon est prise par les Nord-Vietnamiens
- 25 avril 1976 : Élection d'une assemblée nationale vietnamienne
