Guerre du Viêt Nam
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La guerre du Viêt Nam fut un conflit entre 1961 et 1975 dans le Viêt Nam du Sud et sur les zones frontalières du Cambodge et du Laos, et des bombardements (Opération Rolling Thunder) sur le Viêt Nam du Nord.
Combattaient d'un côté une coalition de forces incluant les États-Unis, la République du Viêt Nam (Sud-Viêt Nam), l'Australie, la Corée du Sud et avec des petits contingents la Thaïlande, les Philippines et la Nouvelle-Zélande, et de l'autre côté la République démocratique du Viêt Nam, le Front national de libération du Sud Viêt-Nam (FNL, Viêt-cong). L'Union Soviétique et la Chine ont fourni une aide matérielle au Nord Viêt Nam et au FNL.
Cette guerre * était une partie du conflit régional engageant les pays voisins du Cambodge et du Laos, connue comme la Seconde Guerre d'Indochine.
Au nord du Viêt Nam et dans le monde pro-communiste, cette guerre est appelée la guerre d'Amérique (Vietnamese Chiến Tranh Chống Mỹ Cứu Nước, littéralement guerre contre les Américains et pour sauver la nation).
Enfin, cette guerre s'inscrit dans le contexte de la guerre froide, conflit « larvé » entre les puissances dites capitalistes et le bloc communiste.
| Sommaire |
Origine du conflit, l'après-guerre d'Indochine
La guerre trouve son origine lointaine dans le conflit (1946-1954) qui opposa la France au Viêt-minh, ou Ligue pour l'Indépendance du Vietnam, fondé et dirigé par le leader révolutionnaire Hô Chí Minh. Occupé par les troupes japonaises durant la Seconde Guerre mondiale, jusqu’en août 1945, profitant du vide créé par la reddition du Japon, les guérilleros du Viêt-minh s'emparèrent de la capitale, Hanoi et obligèrent l'empereur Bao Dai à abdiquer. La reconquête par la France de son ancienne colonie, en 1945-1946, puis l'impossibilité pour le Viêt-minh et pour le gouvernement français de s'accorder sur l'indépendance du Vietnam conduisit, en décembre 1946, au premier conflit indochinois, connu sous le nom de guerre d'Indochine. La bataille décisive eut lieu au printemps 1954 lorsque le Viêt-minh attaqua le camp retranché français de Diên Biên Phu, dans le nord du Vietnam. Le 8 mai 1954,après un siège de cinquante-cinq jours, les Français capitulèrent.
Le même jour, à Genève, les délégués du Vietnam du Nord et du Vietnam du Sud rencontrèrent les délégations de la France, du Royaume-Uni, de l'Union soviétique, des États-Unis, de la Chine Populaire et des deux États voisins, le Laos et le Cambodge, afin de discuter du futur de toute l'Indochine. Aux termes des accords signés à Genève au mois de juillet 1954, la France et le Vietnam du Nord mirent fin à la guerre. L'indépendance du Laos, du Cambodge et du Vietnam était reconnue, ce dernier étant partagé en deux zones de part et d'autre du 17ème parallèle. La réunification du pays pourrait intervenir après des élections générales, qui devaient être organisées dans un délai de deux ans, et la constitution d'un gouvernement.Le pays devait être réunifié après des élections prévues en 1956. Ces élections n'ont jamais eu lieu, le VN deviendra le 4è pays communiste dès 1956.
Le gouvernement de la République du Viêt Nam du président Ngô Ðình Diệm, avec le soutien du président américain Eisenhower, annula ces élections car il craignait (sûrement)que Hô Chi Minh les gagne. Il était considéré comme un héros par beaucoup de Vietnamiens pour son rôle dans la guerre d'indépendance. De plus, les communistes ne voulaient pas tenir des élections libres dans le Nord.
L'engagement américain contre la guérilla du Viêt cong
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En réponse au refus d'organiser des élections de réunification et à la politique répressive de Diem, le Front national de Libération du Sud Viet-Nam (FNL ou Viêt-cong tous ceux qui combattent pour le communisme, cong = communiste, y compris pour les combattants du nord) est créé par le communiste du nord VN, comme mouvement de guérilla en opposition au gouvernement du Sud Viêt Nam, sous les propagandes : « combattre contre l'occupation de l'Américain pour libérer du pays ».
L'implication des États-Unis dans la guerre est progressive (novembre 1963, après l'assassinat du Ngo Dinh Diem, Président du sud,(il ne voulait pas que l'armée américaine intervienne directement dans ce conflit) commis par le gouvernement des États-Unis, par la peur des menaces de l'élargissement du communisme. ). Il n'y aura pas de déclaration de guerre formelle, mais en 1964, le Congrès des États-Unis approuve la résolution du golfe du Tonkin (7 août 1964) (du nom du lieu où eurent lieu les « incidents » les 2 et 3 août 1964), qui apporte un large soutien au Président Johnson pour une implication américaine accrue. En 1968, plus de 500 000 soldats stationnent sur place et le tribut des soldats américains tués, tel que rapporté chaque jeudi aux informations du soir, est de plus de 100 morts par semaine.
Intervention Chinoise au Nord Vietnam
Le porte parole du Ministère Chinois des Affaires Etrangères a confirmé en 1996, que, sur demande du gouvernement communiste nord vietnamien, la Chine avait envoyé entre Octobre 1965 et Mars 1968, environ 320 000 soldats au Vietnam pour aider le Nord Vietnam dans les tâches de défense aérienne, de génie et de logistique. Il confirme aussi que plus de 1400 soldats Chinois avaient été tués.
L'offensive du Têt et la désillusion de la population américaine
La foi du public américain en la « lumière au bout du tunnel » est balayée en 1968, quand l'ennemi, supposé être sur le point de s'effondrer, organise l'Offensive du Têt. Giap, en charge des opérations vietcong, lance la quasi-totalité de ses effectifs dans la bataille (environ 230 000 hommes). Cette offensive, du point de vue militaire fut une défaite: sur 105 villes visées par les Viêt-congs aucune ne fut prise complètement, au moins 180 000 tués du côté vietcong,le FNL revient à son niveau d'effectifs d'avant l'offensive dans le courant de l'année 1972. Du point de vue politique, ce fut une victoire.
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Il y avait déjà un faible mouvement d'opposition à la guerre dans certaines parties des États-Unis, dès 1964, spécialement sur certains campus universitaires. Ceci se déroule durant une période jusqu'alors inconnue d'activisme estudiantin de gauche, et par l'arrivée, en nombre significatif, des baby boomers en âge d'entrer à l'université. La Seconde Guerre mondiale s'était terminée en 1945, et la Guerre de Corée en 1953; ainsi la plupart d'entre eux, sinon tous les baby boomers, n'ont jamais été exposés à la guerre. De plus, la guerre du Viêt Nam reçoit une couverture médiatique d'une intensité sans précédent - elle fut appelée la première guerre télévisée - ainsi qu'une opposition aussi bruyante de la part de la Nouvelle Gauche. (Voir aussi : Nguyen Ngoc Loan).
Certains Américains s'opposent à la guerre sur des bases morales, la voyant comme une guerre destructrice attentant à l'indépendance du Viêt Nam, ou comme une intervention dans une guerre civile étrangère ; d'autres s'y opposent car on manque d'objectifs clairs, et qu'elle apparaît alors comme vouée à l'échec. Certains des activistes sont eux-mêmes des vétérans du Viêt Nam, comme en témoigne l'organisation des Vétérans du Viêt Nam contre la Guerre
Le Viêt Nam au centre des élections américaines
En 1968, le président Lyndon Johnson débute sa campagne de réélection. Un membre de son propre parti, Eugene McCarthy, se présente contre lui pour l'investiture sur une plate-forme anti-guerre. McCarthy perd les premières élections primaires dans le New Hampshire, mais il provoque la surprise en réalisant un score élevé contre le sortant. Le coup porté à la campagne de Johnson, combiné à d'autres facteurs, le mène à annoncer qu'il retire sa candidature, lors d'un discours télévisé surprise. Il y annonce conjointement le démarrage des pourparlers de Paix de Paris avec le Viêt Nam.
Se saisissant de l'opportunité causée par l'abandon de Johnson, Robert Kennedy brigue alors l'investiture sur une plate-forme anti-guerre. Le vice-président de Johnson, Hubert Humphrey, se porte également candidat, promettant de continuer d'aider le gouvernement du Sud Viêt Nam.
Robert Kennedy est assassiné durant cet été, et McCarthy est incapable de contrer le support dont Humphrey jouit dans l'élite du parti. Humphrey gagne l'investiture de son parti, et se présente contre Richard Nixon dans les élections générales. Pendant sa campagne, Nixon dit avoir un plan secret pour terminer la guerre.
Nixon et son plan de désengagement progressif
Nixon est élu président et démarre sa politique de lent désengagement de la guerre. Le but est d'aider progressivement le Sud à construire sa propre armée en sorte qu'il puisse poursuivre la guerre par lui-même. Cette politique devient la clé de voûte de la « doctrine Nixon ».
Appliquée au Viêt Nam, la doctrine devient la « vietnamisation ». Le but de la vietnamisation est de permettre à l'armée du Sud Viêt Nam de tenir de mieux en mieux contre le FNL et l'armée du Nord Viêt Nam, et surtout de ne plus faire subir autant de pertes à l'armée américaine. Cela doit aussi donner, selon le bon mot de Mr Kissinger, « l'intervalle nécessaire » au désengagement des troupes américaines.
Les massacres de My Lai dans un pays dévasté
La probité de la conduite des États-Unis durant la guerre continue à alimenter les discussions durant la présidence Nixon. En 1969, il apparaît que le lieutenant William Calley, chef de section au Viêt Nam, a conduit un massacre de civils vietnamiens (y compris de petits enfants) à My Lai un an auparavant. Le massacre ne fut stoppé que lorsque deux soldats américains en hélicoptère remarquèrent le carnage et intervinrent pour empêcher leurs compatriotes d'assassiner plus de civils. Bien qu'il soit incarcéré pour le massacre de My Lai, Calley ne reçoit qu'une sentence légère à son procès en cour martiale en 1970 et est ensuite gracié par le président Nixon.
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En plus de ce massacre, des millions de Vietnamiens sont morts des conséquences de la guerre du Viêt Nam. Il est toujours très difficile d'estimer le nombre de tués dans tout conflit. Les registres officiels sont difficilement consultables, quand ils existent, et nombreux parmi les tués furent littéralement déchiquetés par les bombardements. Il est ainsi très difficile de s'accorder exactement sur ce qui doit compter comme « victime de guerre du Viêt Nam » ; des gens sont encore aujourd'hui tués par des munitions non explosées et des mines, particulièrement les bombes à fragmentation. Les effets sur l'environnement des agents chimiques (tels que l'agent orange qui est un défoliant très utilisé par les Américains), ainsi que les problèmes sociaux colossaux causés par la dévastation du pays après tant de morts ont certainement réduit la durée de vie de beaucoup de survivants.
Les estimations de pertes les plus basses, basées sur les déclarations (à présent reprises) du Nord Viêt Nam étaient autour de 1,5 millions de Vietnamiens tués. Le Viêt Nam a annoncé le 3 avril 1995 qu'un total d'un million de combattants vietnamiens et quatre millions de civils avaient été tués durant la guerre. La validité de ces chiffres n'a généralement pas été contestée. On estime par ailleurs à environ 58 000 le nombre de soldats américains tués.
Soutien U.S. des Khmers rouges au Cambodge
Les pertes infligées par les Khmers rouges, soutenus dans un premier temps par les États-Unis, sont encore plus élevées. Le soutien américain à ce mouvement maoïste s'explique par son caractère anti-soviétique, mais celui-ci était en réalité la conséquence d'un soutien en profondeur par la Chine, alors en conflit politique avec l'URSS.
En 1970, Nixon ordonne une incursion militaire au Cambodge afin de détruire les refuges Viêt-cong bordant le Sud Viêt Nam. Beaucoup pensent que les Khmers Rouges ne se seraient probablement pas emparés du pouvoir, tuant tellement (de 900 000 à 2 millions) de leur population sans la déstabilisation causée par la guerre. En particulier à cause des campagnes de bombardements américaines dites de « nettoyage des sanctuaires » au Cambodge.
Le retrait US et la réunification du Viêt Nam
Premieres tentatives: l'offensive Eastertide (1972)
Trompé par la médiocrité des troupes sud-vietnamiennes lors de l'opération Sam Long 719 [1] en 1971 et encouragé par le retrait des troupes américaines ainsi que par la puissance du mouvement anti-guerre qui interdit tout retour des troupes américaines, le Vietnam du Nord lance une offensive générale contre le sud en mars 1972. Ce fut la première tentative d'invasion d'importance depuis la bataille de Dai Do en mai 1968.
L'offensive dura de mars à octobre 1972. Les dernières unités combattantes américaines quittent le sud le 23 août 1972.
Soutenu par d'intenses barrages d'artillerie et de nombreux chars d'assaut, 200 000 soldats communistes traversent la zone démilitarisée vers le sud le 30 mars 1972 et balaient les unités sudistes. Après la panique initiale, les sud-vietnamiens se ressaisissent, regroupent leurs unités et contre-attaquent. Ils ralentissent puis arrêtent l'offensive nordiste. Aidés d'un important appui aérien américain, ils repoussent ensuite les nordistes de juin à octobre.
Entre avril et octobre, l'US Air Force est autorisée à bombarder [2] quasiment tout le Vietnam du Nord afin de le forcer à négocier.
Rompues le 4 mai suite à l'attaque du Nord, les négociations reprennent le 13 juillet à Paris entre Henry Kissinger et Le Duc Tho. Elles visent à permettre aux américains de sortir d'une guerre impopulaire tout en maintenant un équilibre entre le Nord et le Sud.
Le 8 octobre, les deux parties s'accordent sur d'importantes concessions mutuelles.
Cependant, bien qu'il soit conscient que le Vietnam du sud dépendait de l'appui aérien américain et que le retrait de ces derniers affaiblissait considérablement le Vietnam du sud, le président Thieu se montra peu enthousiaste à accepter un cessez-le-feu de facto.
De leur côté, les Nord-Vietnamiens n'étaient pas intéressés par un accord de paix à long terme, leur objectif restant toujours d'envahir le Vietnam du Sud afin de réunifier le Vietnam.
Afin de lever l'obstacle sud-vietnamien, Nixon promit à Thieu un soutien inconditionnel et des représailles massives si le Vietnam du Nord violait les termes du traité de paix.
Afin de lever l'obstacle nord-vietnamien, Nixon ordonna un arrêt des bombardements le 22 octobre bien que les troupes nord-vietnamiennes occupent toujours la zone démilitarisée au Sud.
Du fait de leur double mauvais calcul, les Nord-Vietnamiens subissent une défaite cuisante (100 000 hommes contre 40 000 pour le Sud) et abandonnent un important matériel (la moitié de leur puissance de feu). L'échec de l'offensive Eastertide coûtera son poste à Vo Nguyen Giap qui laissa la place à Van Tien Dung qui était d'une tout autre envergure.
Les accords de paix de Paris sont finalement signés en janvier 1973 et reconnaissent la présence de troupes nordistes au Sud.
Seconde tentative
Cependant, la paix n'est toujours pas garantie et le nouveau général nordiste prépare l'offensive finale qui vaincra le Sud. Ainsi, malgré le traité de paix, les attentats et les embuscades continuent au Sud.
Bien que Nixon ait promis au Sud Viêt Nam qu'il lui apporterait un support militaire dans l'éventualité d'un effondrement de la situation militaire, le Congrès des États-Unis vote contre tout support financier à des actions militaires dans cette région. Nixon se bat alors aussi pour sa propre carrière politique dans le scandale du Watergate grandissant. Ainsi aucun des soutiens militaires promis pour la défense du gouvernement du Sud Viêt Nam n'est envoyé, bien que l'aide économique continue. Elle est cependant presque totalement aspirée par la corruption dans le gouvernement sud-vietnamien et peu vient effectivement alimenter l'effort de guerre. Le 94e Congrès des États-Unis vote pour que toute aide soit supprimée pour le début de l'année fiscale 1975-76 (1er juillet 1975).
De plus, les États-Unis retirent unilatéralement leurs dernière forces du Viêt Nam en 1973, repli terminé le 29 mars. L'armée du Sud ne dispose plus de l'appui aérien américain.
Enfin, début 1975, les réserves de munitions, minées par l'inflation et la disparition de l'aide américaine, atteignent un niveau dramatiquement bas pour le Sud.
Cependant au Nord, il devenait clair qu'empêtré dans ses difficultés, Nixon ne bougerait pas, tandis que l'appui soviétique et chinois augmentait en conséquence, le risque de confrontation directe entre Grands ayant disparu. Les pertes de la défaite 1972 sont ainsi comblées.
L'armée du Nord a laissé entre 10 et 12 divisions au Sud après le traité de Paris en plus d'environ 300 000 combattants du Viêt Cong (la guérilla communiste au Sud). À la fin de 1974, en claire violation des accords de paix, 100 000 soldats supplémentaires s'infiltrent au Laos et au Cambodge dans des camps frontaliers puis dans les zones « libérées » au sud.
En décembre 1974, les Nord-Vietnamiens font une nouvelle tentative en envahissant la province de Phuoc Loc depuis le Cambodge. Le 17 janvier 1975, ils occupent la capitale régionale de Phuoc Binh, à 160 km de Saigon. Les sudistes perdent 3 000 soldats. Seules quelques protestations diplomatiques répondront à cette violation du traité de paix.
Le président Sud Vietnamien, Nguyen Van Thieu, décida d'étaler les forces armées du sud afin de couvrir tout le territoire, qui contrairement au Vietnam du Nord, s'étalait tout en longueur. Son but était de prévenir les incursions des unités nord-vietnamiennes qui s'infiltraient au sud via la route Ho Chi Minh au Cambodge. Ce faisant, en dispersant ses forces, il commettait la même erreur que les Français en 1939 alors que les Nord-vietnamiens se préparaient à frapper en force à l'endroit de leur choix.
Troisième tentative: la prise des plateaux du centre (Tay Nguyen)
En mars 1975, le Nord lance de multiples petites attaques de diversion sur les provinces du nord afin de dérouter l'état-major sudiste et le forcer à laisser ses troupes dispersées. Mais le gros de ses forces est engagé afin d'envahir la province du Darlac au centre, se plaçant ainsi en position de couper le Vietnam du Sud en deux.
Croyant à une simple opération de diversion, les sudistes n'enverront aucun renfort pour stopper l'attaque sur Buon Me tandis que les accrochages au nord provoquent le blocage des routes par les réfugiés.
Rapidement, l'offensive sur les plateaux du centre tourne à la catastrophe pour les troupes sudistes qui sont submergées par le nombre.
Paniqué, Thieu ordonne la retraite sur Da Nang à la 1re division d'infanterie (sa meilleure unité), alors stationnée autour d'Hue. Puis un contre-ordre lui ordonne de revenir sur ses positions mais il est déjà trop tard. Dispersées sur les routes, gênées par le flot de réfugiés, les meilleures troupes sudistes se font tailler en pièces en rase-campagne.
Thieu ordonne ensuite un retrait général de la cité de Pleiku qui commande les plateaux centraux et qui était le siège de l'état-major du général Pham Van Phu. Celui-ci, un homme incompétent et corrompu qui ne devait sa position qu'à son soutien politique à Thieu « organise » la retraite : il évacue sa famille et ses principaux officiers sur Nha Trang puis Saigon tandis qu'il abandonne ses troupes sur place.
Celles-ci, privées de commandement, fuient vers la côtes dans les petites routes de campagne au milieu des réfugiés. À leur tour elles se font tailler en pièces.
Hue (l'ancienne cité impériale) tombe le 25 mars puis Da Nang, (la seconde cité du Vietnam) le 2 avril.
Après avoir pris les plateaux centraux et coupé les forces sudistes en deux, puis écrasé la partie nord, les troupes communistes se tournèrent ensuite vers le Sud tandis que de nouvelles troupes franchissaient la frontière depuis le Vietnam du Nord.
La chute de Saigon
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Début avril, la région de Sai Gon est encerclée. Après une quinzaine de jours de combat acharnés, le président Thieu démissionna le 21 avril et fut remplacé par le vice-président Tran Van Huong qui fut lui-même remplacé par Duong Van Minh le 28 avril. Après que les communistes refusèrent toute négociation, Duong Van Minh ordonna la reddition des troupes sudistes le 30 avril, qui est acceptée par le Vietnam du Nord tandis que des hélicoptères américains surchargés évacuent la ville et que les premiers boat people font leur apparition.
Le Nord Viêt Nam unifie le Nord et le Sud du pays le 2 juillet 1976 pour créer la République socialiste du Viêt Nam. Saigon est renommée Hô Chi Minh Ville en l'honneur du président précédent du Nord Viêt Nam.
De 1975 à 1982, 65 000 personnes furent exécuté au Vietnam et plus d'un million furent envoyé en "camps de rééducation" pour une période plus ou moins longue. Plus d'un million de Sud-Vietnamiens fuirent le pays. Au total, 3 millions de personnes quittérent l'Indochine entre 1975 et 1997 selon le Haut-Commissariat au Réfugiés des Nations-Unis.
[1] afin de détruire les stocks d'armes du Viet-Cong, les troupes américaines et du Sud organisent un raid sur le Cambodge. La désorganisation du commandement et la plus forte concentration de D.C.A. jamais vue feront subir de lourdes pertes au troupes sudistes.
[2] l'armée du Sud bombarda au napalm le 8 mai le village de Trang Bang qui sera immortalisée par la photo de Kim Phuk.
Débat sur la guerre du Vietnam
Voir :
Livres sur ou ayant pour cadre la guerre du Viêt Nam
- Cruel avril, 1975, la chute de Saigon, documentaire d'Olivier Todd
- Riz noir, roman d'Anna Moï
Films sur la guerre du Viêt Nam
- Apocalypse Now (Apocalypse Now)
- Full Metal Jacket (Full Metal Jacket)
- Platoon (Platoon)
- Good Morning Vietnam (Good Morning Vietnam)
- Forrest Gump (Forrest Gump)
- Voyage au bout de l'enfer (The Deer Hunter)
- Né un 4 juillet (Born on the fourth of July)
- Nous étions Soldats (We Were Soldiers)
[1](critiques historiques)
