Guerre des Boers
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L'expression Guerre des Boers se rapporte à deux conflits, l'un intervenu de 1880 à 81 et le deuxième du 11 octobre 1899 jusque 1902, touts deux entre les Britanniques et les colons d'origine néerlandaise, (appelés Boers, Afrikaners ou Voortrekkers) en Afrique du Sud, qui mit fin à l'indépendance des deux républiques qu'ils avaient fondé.
La première guerre des Boers
La première altercation fut précipitée par Sir Theophilus Shepstone qui annexa le Transvaal (the South African Republic) pour le compte des Britanniques en 1877 après la Guerre Anglo-Zoulou. Les Boers protestèrent et se révoltèrent en 1880. Les Boers étaient habillés en vêtements khaki couleur de terre, alors que les uniformes britanniques arboraient une couleur rouge vif, ce qui permit aux Boers de tirer facilement à distance les troupes des l'Empire. Après la défaite d'une d'une expédition anglaise commandée par George Pomeroy-Collery en février 1881 à la Bataille de Majuba Hill, le gouvernement britannique de Gladstone donna aux Boers leur autonomie sous une tutelle britannique théorique.
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La deuxième guerre des boers, également connue sous le nom de Guerre d'Afrique du Sud
En 1887, des prospecteurs découvrirent le plus important gisement d'or au monde, situé à Witwatersrand (« Barrière de l'Eau Blanche »), une arrête montagneuse se déroulant de 100 kilomètres à l'est jusque 50 kilomètres au sud de Prétoria. En réponse aux opportunités de profit que tous envisageaient suite à une telle découverte, le Président du Transvaal Paul Kruger fit cette remarque prémonitoire : « Au lieu de vous réjouir, vous ferriez mieux de pleurer, car cet or imbibera notre pays de sang».
Avec la découverte d'or au Transvaal, des milliers de colons britanniques arrivèrent de la Cap. La ville de Johannesburg devint une ville champigon pratiquement du jour au lendemain au fur-et-à-mesure de l'installation des uitlanders près des mines. Les uitlanders dépassèrent rapidement en nombre les Boers sur le gisement, bien que restant une minorité dans le Transvaal lui-même. Les Afrikaners, agacés par les présence des uitlanders, leur refusèrent le droit de voter et taxèrent lourdement l'industrie aurifère. En réponse, les uitlanders exercèrent une pression sur les autorités britanniques, en vue du renversement du gouvernement Boer. En 1895, Cecil Rhodes appuya un coup d'état manqué par un support militaire, le raid Jameson.
L'échec de cette tentative de gagner des droits pour les citoyen britanniques fut utilisé pour envisager la possibilité de monter une opération miliatire majeure au Cap, depuis que plusieurs dirigeants coloniaux britanniques s'étaint prononcé en faveur de l'annexion des républiques Boer. Parmi ces dirigeants, le Gouverneur de la Colonie du Cap, Sir Alfred Milner, le Ministre des Colonies britannique Joseph Chamberlain et les dirigeant d'associations de prospecteurs (surnommé les gold bugs) tels Alfred Beit, Barney Barnato et Lionel Phillips. Sûrs que les Boers pouraient rapidement être vaincus, ils tentèrent de précipiter la guerre.
Le Président Marthinus Steyn de l'État libre d'Orange invita Milner et Kruger à une conférence tennue à Bloemfontein, qui débuta le 30 mai 1899, mais les négotiations furent rapidement interrompues. En septembre, 1899 Chamberlain envoya un ultimatum exigeant la complète égalité de droits pour les citoyens britanniques résidant au Transvaal.
Kruger, certain que la guerre était inévitable, lança son propre ultimatum avant même d'avoir reçu celui de Chamberlain. Il donnait 48 heures aux Britanniques pour évacuer leurs troupes des frontières du Transvaal, ou la guerre leur serait déclarée en accord avec leur allié, l'État libre d'Orange.
La première phase : l'offensive des boers - octobre à décembre 1899
La guerre dut déclarée le 12 octobre 1899, et les Boers attaquèrent les premiers en envahissant la Colonie du Cap et la Colonie du Natal entre octobre 1899 et janvier 1900. Il s'ensuivit quelques succès miltaire contre le déserpérément inapte Général Redvers Buller. Les Boers assiégèrent ainsi les villes de Ladysmith, Mafeking (défendue par des troupes dirigées par Robert Baden-Powell), et Kimberley.
Le siège causa d'importantes pertes humaines pour et les défendeurs et les civils dans les villes de Mafeking, Ladysmith, et Kimberley, quand la nourriture commença à se faire rare après quelques semaines. À Mafeking, Sol Plaatje écrivit, « J'ai vu de la viande de cheval pour la première fois traitée comme de la nourriture ». Les villes assiégées subirent également des tirs d'artillerie nourris, renadant les rues dangereuses à traverser. À la fin du siège de Kimberley, supposant une intensification des bombardements, une annonce fut faites, encourrageant la population à se réfugier dans les mines pour se protéger. La population paniqua, et les gens s'engouffrèrent pendant 12 heures dans les mines. Les bombardements n'eurent jamais lieu.
A la mi-décembre, au cours d'ene période connue sous le nom de Semaine noire, du (10 au 15 décembre 1899), es britanniques subirent de nombreuses pertes à Magersfontein, Stormberg, et Colenso. À Magersfontein, le commandant Boer Koos de la Rey, élabora un plan pour creuser des tranchées dans un endroit inatendu, pour à la fois tromper les Britanniques et donner à ses hommes un meilleur angle de tir. Son plan fonctionna parfaitement, et ils défirent les Britanniques qui laissèrent près de 1.000 hommes sur le terrain. Des défaites similaires à Stormberg et Colenso conlurent cette Semaine noire.
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La deuxième phase : l'offensive britannique - janvier 1900 jusque septembre 1900
Les troupes britanniques, commandées par Lord Roberts ne reprirent l'initiative qu'avec l'arrivée de renforts le 4 février 1900. Georges de Villebois-Mareuil rejoignit les Boers au Transvaal, et commande la légion des étrangers qui participent à la guerre contre les Anglais. Il est nommé général par le président Krüger en mars 1900. Au Boshof, en avril 1900, le petit détachement qu'il commande est encerclé et exterminé par les Anglais. La levée du siège de Mafeking le 18 mai fut à l'origine de célébrations en Angleterre qui débouchèrent sur des émeutes. Les Britanniques parvinrent à forcer la reddition du Général Piet Cronje et de 4.000 de ses combattants, et à affaiblir les reste des troupes Boers. Ils avancèrent alors au cœur des deux républiques, prennant la capitale de l'État libre d'Orange, Bloemfontein le 13 mars et la capitale du Transvaal, Prétoria, le 5 juin.
Beaucoup d'observateurs britanniques pensaient la guerre terminée après la capture des deux capitales. Mais les Boers se réunirent en une nouvelle capitale, Kroonstad, et mirent sur pied une campagne de guérilla pour attaquer les lignes de communication et de ravitaillement britanniques.
La troisième phase : la guerre de guérilla - septembre 1900 jusque mai 1902
La guerilla Boer commença à attaquer les chemins de fer et les lignes télégraphiques de l'armée anglaise. Leur nouvelle tactique changea la physionomie de la guerre et rendi les formation militaires britanniques traditionnelles ineffectives.
Le nouveau dirigeant de l'Armée britannique, Lord Kitchener, répondit en construisant des postes fortifiés, des petites constructions de pierre entourrées de fils barbellés, afin de réduire les mouvements des groupes de guérilla en de petites zones où ils pouvaient être battus. Les fils de fer barbellés étaient tirés jusqu'au poste fortifié suivant, distant d'environ 1.000 yards. Ces clotûres étaient agrémentées de cloches et de boîte de conserves et autres matériaux bruyants, et parfois de fusils chargés en direction des fils pour servir d'alarme. Entre janvier 1901 et la fin de la guerre, eniron 8.000 postes fortifiés furent sur cette toile de près de 6.000 kilomètres. Chaque poste fortifié était tenu par un sous-officier et six autres soldats, avec un lieutenant commandant trois ou quatre postes fortifiés. Les Britanniques avaient environ 450.000 hommes (britanniques et troupes coloniales) stationnés dans la région.
Les postes fortifiés permirent en effet de réduire les mouvements des guérillas, mais ne pouvaient à eux-seul les battre. Kitchener forma de nouveaux régiments de troupes irrégulières de cavalrie légère, y compris des carabiniers Bushveldt, qui parcoururent les territoire contrôlés par les Boers, traquant les groupes de combatants.
En mars, il adopta une stratégie de la terre brûlée et se mit à vider les campagnes de tout ce qui pouvait être utile aux guérillas Boers. Il faisait saisir les stocks de vivres, brûler les récoltes et les fermes et évacua les familles qui vivaient là vers des camps de concentration.
Cette stratégie mena à la destruction d'environ 30.000 fermes et une quarantaine de petites villes. En tout, 116.572 Boers furent envoyés dans des camps, soit à peu près un quart de la population, ainsi que quelque 120.000 Africains noirs.
Ces nouvelles tactiques de combat brisèrent rapidement le moral et les lignes de ravitaillement des combattants Boers. En décembre 1901, de nombreux camps furent vidés, et nombre des libérés rejoignirent deux nouveau régiments combattant aux cotés des Britanniques, le Transvaal National Scouts (les Éclaireurs Nationaux du Transvaal) et le Orange River Volunteers (les Volontaires de la Rivière Orange), pour aider à mettre fin à la guerre.
Le Canada décide d'intervenir
Le partage du continent africain effectué au congrès de Berlin en 1885 ne suffira pas à éviter tout conflit entre Européens en Afrique. À l'extrême sur du continent, sur la précieuse route qui conduit aux indes, des Hollandais ont implanté au XVIIe siècle la colonie du Cap. Mais, à la suite des guerres napoléoniennes, la colonie passe à la Grande-Bretagne, qui y impose son administration, sa langue, et y interdit l'esclavage. Estimant leur culture et leur mode de vie menacés, les Boers, descendants des colons hollandais, émigrent vers le nord-est de l'Afrique du Sud où, après avoir chassé les tribus zouloues, ils fondent les républiques d'Orange et du Transvaal. Mais durant les années 1880, la découverte des mines d'or et de diamants dans ces républiques provoque un regain d'intérêt des Britanniques à leur endroit-sans compter que Cecil Rhodes, premier ministre du Cap, entend faire passer par le territoire boer le chemin de fer qu'il projette entre le Cap et Le Caire. En 1899, la guerre éclate entre les colons du Cap et les Boers. Les colons appellent à l'aide les forces de l'empire britannique, le Canada est alors sollicité. Mais les élites et la presse canadiennes-françaises s'opposent vertement à une participation canadienne a cette guerre impériale et lointaine. Finalement, le premier ministre de l'époque Wilfrid Laurier propose un compromis: le Canada n'enverra que des volontaires(7300 hommes en tout seront recrutés) et la Grande-Bretagne absorbera les coûts des opérations militaires. Cette guerre durera trois ans et se termine par une victoire des Britanniques. En 1910, les territoires d'Afrique du Sud sont rassemblés pour constituer l'Union sud-africaine, un état ségrégationniste où l'influence des Boers(ou Afrikaners), plus nombreux que les Britanniques, restera prépondérante.
Les camps de concentration
Ces camps furent au départ installés pour héberger les réfugiés dont les fermes avaient été détruites au cours des combats. Le terme de camp de concentration n'avait pas à l'origine de sens négatif, car il s'agissait simplement d'un camps où les réfugiés étaient concentrés. Cependant, suite aux instructions de Kitchener, il furent rapidement nombreux à être contruits et convertis en prisons.
Il y eut au total 45 camps de tentes construits pour les Boers et 64 autres pour des Africains noirs. Les camps de Boers abritaient essentiellement des personnes agées, des femmes et des enfants pour un total d'environ 28 000 personnes. 25 630 d'entre aux furent envoyés à l'étranger. Mais les camps pour les Africains noirs comprennaient également de nombreux hommes. Même après avoir été forcés d'évacuer les territoires Boers, les Africains noirs ne furent pas considérés comme hostiles aux Britanniques. Ils furent utilisés comme main d'œuvre salariée.
Les conditions de vie dans ces camps étaient particulièrement insalubres et les rations alimentaires réduites. Les épouses et les enfants de soldats combattants se voyaient du plus imposer de plus faibles rations. Le régime alimentaire pauvre et le manque d'hygiène furent à l'origine de l'apparition de maladies contagieuses telles la rougeole, la fièvre typhoïde et la dysenterie. Combiné avec des manques en matériel et fournitures médicales, la situation engendra de nombreux décès — un rapport postérieur à la guerre estima à 27.927 le nombre de Boers décédés (desquels 22.074 enfants de moins de 16 ans) et 14.154 Africains noirs, morts de famine, maladies et d'exposition au soleil. En tout, environ 25% of des Boers et 12% des Africains noirs mourrurent (des recherches récentes suggèrent une sous-estimation des pertes africaines, qui se monteraient en fait à environ 20.000 victimes).
Une délégée du Fond Sud-Africain pour la Détresse des Femmes et des Enfants, Emily Hobhouse, fit beaucoup pour les détenus à leur retour de Grande-Bretagne, après avoir visité des camps dans l'État libre d'Orange. Son rapport de quinze pages suscita l'indignation, et conduisit à l'envoi d'une commission gouvernementale, la Commission Fawcett, qui visita les camps d'août à décembre 1901, et qui confirma les faits mentionnés dans le rapport. La commission fut extrêmement critiques à l'égard des camps et formula de nombreuses recommandations, tel l'amélioration du régime alimentaire et des équipements médicaux. En février 1902, le taux de mortalité annuel tomba de 6,9 pour cent, pour s'établir à 2 pour cent.
La fin de la guerre
En tout, la guerre coûta environ 75 000 vies — 22 000 soldats britanniques (7 792 au cours d'affrontements, le reste de maladies), 6 000 à 7 000 soldats Boer, 20 000 à 28 000 civils Boer et sans doute 20 000 noirs. Les derniers Boers se rendirent en mai 1902 et la guerre se termina officiellement avec le Traité de Vereeniging le même mois. Les Boers se virent remettre 3 millions de livres Sterling en compensation, et la promesse d'un gouvernement local indépendant. L'Union de l'Afrique du Sud vit le jour en 1910. Le traité avalisait la fin de l'existence du Transvaal et de l'État libre d'Orange en tant que républiques Boer et les plaça sous contrôle de l'Empire britannique.
Les Boers évoquent ces guerres sous le terme de Guerre de la liberté (en langue Afrikaans: Eerste en Tweede Vryheidsoorlog).
Références
- Farwell, Byron (1976). The Great Anglo-Boer War. New York: Harper and Row.
- Gordon, April A.; Gordon, Donald L., eds. (2001). Understanding Contemporary Africa. 3rd ed. Boulder, Colorado: Lynne Rienner.
- Harrison, David (1981). The White Tribe of Africa. Los Angeles: University of California Press.
- Pakenham, Thomas (1979). The Boer War. New York: Random House.
- Plaatje, Sol T. (1990). Mafeking Diary: A Black Man's View of a White Man's War. Cambridge: Meridor Books.
Liens externes
- War Museum of the Boer Republics. Anglo Boer War Museum (accessed 24 December 2003)
- National UK Archives site
- Battlefields in KwaZulu Natal
