Guerre d'Algérie
La principale cause du déclenchement de cette guerre sont les massacres perpétrés par l'armée française en 1945, le jour même de la fin de la Seconde Guerre mondiale. En effet, des dizaines de milliers d'algériens, estimés à 68 000 combattants, ont participé à la libération de la France. En contre partie, les algériens revendiquent l’égalité des droits (les algériens à l'époque sont considérés comme des citoyens de seconde zone). La réponse à cette revendication sont les massacres de Setif, Guelma et Kherrata pendant lesquels les bombardements de l’armée française font environ 48 000 morts algériens.
Cette lutte se traduit par des exactions contre les populations civiles européennes ainsi que par une guérilla, des maquis et des affrontements contre l'armée française, qui comprend également des unités de supplétifs musulmans appelés « Harkis ». Les civils européens sont très tôt pris pour cible dans des attentats terroristes ou des massacres comme à El Alia. Les représailles de l'armée sont dures, avec notamment des opérations de renseignement ayant recours à la torture pour finalement endiguer les attentats, notamment pendant la bataille d'Alger. Le FLN se bat en outre contre les autres nationalistes et, pendant quelques mois entre février 1961 et juin 1962, l'OAS mène une vaine action de contre-terrorisme qui se termine en affrontement contre l'armée française et un attentat contre le général De Gaulle (le Petit Clamart). Cette guerre s'achève par l'indépendance de l'Algérie le 1er juillet 1962, sans qu'aient été ratifiés par les représentants algériens les fameux accords d'Évian.
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Contexte
Ce conflit s'inscrit dans le cadre du processus de décolonisation qui se déroule après la fin de la Seconde Guerre mondiale. Pour la France, cela concerne entre autres l'Algérie, l'Indochine, Madagascar, le Maroc, la Tunisie, l'Afrique équatoriale française et l'Afrique occidentale française. Le cas de l'Algérie se différencie des autres en ce sens qu'elle est un pays occupé, avec un million de citoyens français (les « Pieds-Noirs ») qui y vivent, souvent depuis plusieurs générations ou sont comme les Juifs autochtones. L'Algérie - sous occupation française depuis 1830 - est considérée comme faisant partie du territoire national, elle est divisée, au moment de l'indépendance, en 15 départements (chefs-lieux : Alger, Batna, Bône, Constantine, Médéa, Mostaganem, Oran, Orléanville, Sétif, Tiaret,Tizi Ouzou, Bougie, Saïda, Ouargla, Colomb-Béchar).
Cette « guerre » — qui est longtemps désignée sous le nom « d'événements d'Algérie » — est surtout, sur le plan militaire, une guérilla. Elle oppose une armée française disparate, faisant cohabiter commandos de troupes d'élites (paras, légionnaires) et appelés du contingent à des commandos FLN très mobiles. Elle se double d'une guerre civile, aussi meurtrière, qui voit la victoire du FLN sur ses rivaux algériens, notamment le MNA (Mouvement National Algérien).
Le Front de libération nationale
La lutte est engagée par le Front de libération nationale ou FLN, une organisation nationaliste algérienne située en exil et en Algérie. Le FLN commence son combat en 1954, seulement deux ans avant que la France ne soit forcée de renoncer à son protectorat sur la Tunisie et le Maroc sous la pression internationale.
Début des hostilités
Tôt le matin du 1er novembre 1954, les maquisards du FLN déclenchent des attaques dans diverses régions de l'Algérie contre des installations militaires, commissariats, entrepôts, équipements de communications, et des bâtiments publics. Plusieurs soldats et des civils français et musulmans sont tués. Parmi les premières victimes, dans les gorges de Tighanimine Aurès, à 7 heures du matin, les maquisards bloquent l'autocar et font descendre ses deux passagers français, un couple d'instituteurs, les Monnerot, et le caïd de la localité voisine de M'chounèche, Hadj Sadok. Ce dernier, ancien officier de l'armée française, est abattu lorsqu'il veut sortir un pistolet de sa gandoura. La rafale tue Guy Monnerot qui se tient à ses côtés. Sa femme est grièvement blessée. Depuis Le Caire, le FLN diffuse une émission radiophonique invitant les musulmans d'Algérie à s'associer dans une lutte nationale pour la « restauration de l'État algérien, souverain, démocratique et social, dans le cadre des principes de l'Islam » :
- « Pour prouver notre désir réel de paix, limiter les pertes en vies humaines et les effusions de sang, nous avançons une plate-forme honorable de discussion aux autorités françaises si ces dernières reconnaissent une fois pour toutes aux peuples le droit à disposer d'eux-mêmes.
- La reconnaissance de la nationalité algérienne par une déclaration officielle abrogeant les édits, décrets et lois faisant de l'Algérie une terre française en déni de l'histoire, de la géographie, de la langue, de la religion et des mœurs du peuple algérien.
- L'ouverture des négociations avec les porte-parole autorisés du peuple algérien sur les bases de la reconnaissance de la souveraineté algérienne. »
Le ministre socialiste français de l'intérieur, François Mitterrand répond alors que « la seule négociation possible est la guerre ». C'est également la réaction du président du Conseil Pierre Mendès France, qui, quelques mois auparavavant, a mis un terme à l'empire de la France en Indochine, ces positions reflètent la tonalité de la politique française pendant les cinq années à venir. Le 12 novembre, il déclare à l'Assemblée nationale :
- « À la volonté criminelle de quelques hommes doit répondre une répression sans faiblesse. Qu'on n'attende de nous aucun ménagement à l'égard de la sédition, aucun compromis avec elle. On ne transige pas lorsqu'il s'agit de défendre la paix intérieure de la Nation et l'intégrité de la République. Les départements d'Algérie font partie de la République, ils sont français depuis longtemps. Jamais la France, jamais aucun parlement, jamais aucun gouvernement ne cédera sur ce principe fondamental. L'Algérie, c'est la France et non un pays étranger que nous protégeons ».
1955, l'état d'urgence et la mobilisation du contingent
Le 3 avril, Edgar Faure promulgue l’état d’urgence en Algérie.
Le 30 septembre, le problème de la « question algérienne » est inscrit à l’ordre du jour de l'Assemblée générale des Nations unies.
1956, les pouvoirs spéciaux, le congrès de la Soummam
(ouzellaguen) bejaia c'est à ce congrés qu'il y a eu les fondement de l'État Algerien, organisé principalement par Abane Ramdane.
1957, la bataille d'Alger, la torture, les barrages aux frontières, affrontement FLN-MNA
1958, le 13 mai, l'arrivée du général de Gaulle, la « paix des braves », le GPRA, la bataille des frontières, le pétrole, le plan de Constantine
1959, le droit à l'autodétermination, le plan Challes
1960, l'affaire Si Salah, les premières négociations à Melun
1961, l'OAS, le putsch, les négociations à Lugrin, arrêt des opérations offensives
1962, les accords d'Évian, le chaos, l'indépendance et l'exode
- voir Accords d'Évian
Bibliographie
- Guy Hennebelle, Mouny Berrah, Benjamin Stora, La Guerre d'Algérie à l'écran, Cinémaction, 1997.
Voir aussi
- Algérie
- Accords d'Évian
- Front de libération nationale
- Harkis
- OAS
- Putsch des généraux
- Fusillade de la rue d'Isly
Débat sur les crimes de guerre
