Groupe sanguin
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Classification
Les principaux groupes sanguins sont ceux qui définissent les système ABO et Rhésus, mais il en existe beaucoup d'autres.
La classification du sang en groupe (A, B et O) et en Rhésus (+ et -) se base sur les caractéristiques de la surface des cellules sanguines et sur les anticorps présents dans le sang.
Bases d'immunologie
Les antigènes sont des molécules qui couvrent la surface de toutes les cellules de l'organisme et participent à son identité. Elles sont les cibles des anticorps lorsqu'elles sont identifiées comme étrangères. Mais les antigènes concernent aussi bien des substances extérieures à l'organisme et contre lesquelles réagissent les anticorps : le pollen, la poussière ou les poils d'animaux.
Les anticorps sont des molécules produites par les lymphocytes B du système immunitaire qui réagissent avec les antigènes n'appartenant pas à l'organisme. Elles attaquent le non-soi. Certains anticorps sont fabriqués « à la demande », d'autres existent naturellement dans l'organisme
Le systeme ABO
Découvert en 1901 par Landsteiner, le système ABO permet de classer les différents groupes sanguins selon la présence ou non d’antigènes A ou B à la surface des globules rouges. Ainsi le groupe sanguin A possède des globules rouges avec des antigènes A, le groupe AB des antigènes A et B alors que ceux du groupe O ne contiennent pas d’antigènes de type A ni de type B.
La présence d’antigènes d’un certain type implique l’absence d’anticorps de ce même type (sous peine de formation d’un groupe anticorps-antigènes !).
Les Rhésus
Cette classification complémentaire à la classification ABO fut introduite en 1940 par Landsteiner.
Le système Rhésus permet de classer les groupes sanguins selon la présence ou non d’antigènes D à la surface des globules rouges. (Rhésus est le nom d'un macaque qui a servi à fabriquer le premier sérum-test permettant de tester les groupes Rhésus.)
Dans la pratique médicale courante, on distingue les individus Rh- qui ne portent pas l'antigène D sur la surface de leurs hématies et qui développent une réaction immunitaire hémolytique (qui détruit les hématies) lorsque cet antigène D leur est présenté. Les individus Rh+ présentent l'antigène D et ne rejettent pas les hématies qui proviennent d'individus Rh-.
Répartition des groupes
En France, les groupes sanguins se répartissent de la manière suivante :
| Rhésus | Groupe sanguin | ||||
| O | A | B | AB | Total | |
| Rh+ | 39 % | 38 % | 6 % | 2 % | 85 % |
| Rh- | 6 % | 6 % | 2 % | 1 % | 15 % |
| 45 % | 44 % | 8 % | 3 % | ||
Cette répartition peut présenter de sensibles différences selon les origines ethniques : Chez les Aborigènes par exemple, on compte 68 % de O et 32 % de A et chez les Esquimaux, 86 % de O
Compatibilité
La compatibilité entre deux groupes sanguins se pose lors des transfusions sanguines. Une transfusion échouera si des anticorps rencontrent des cellules présentant les antigènes correspondants. Une réaction immunologique (agglutination et hémolyse) se déclencherait alors très rapidement pour détruire ces cellules.
Elle se pose également en cas de grossesse pour les femmes Rhésus négatif portant un fœtus de rhésus positif. S'il s'agit d'une première grossesse, en général les choses se passent bien si la mère n'a pas par ailleurs été sensibilisée par des anticorps Rh+. Sinon, du fait que le sang peut franchir la barrière placentaire, les globules rouges du fœtus sont détruits plus ou moins massivement : c'est la maladie hémolytique du nouveau-né, généralement fatale pour l'enfant à naître.
Présence des anticorps
On retrouve dans le sang de toutes les personnes des anticorps spécifiques des antigènes qu'ils ne possèdent pas sur leurs globules. Ainsi une personne de groupe B développera naturellement des anticorps anti-A et une personne du group O développera des anti-corps anti-A et des anticorps anti-B.
Ces anticorps naturels apparaissent, dans le système ABO, dès les premiers mois de la vie ; ce sont des immunoglobulines de classe IgM, agglutinants et agissant à froid : ce sont des anticorps complets.
Dans le système Rhésus, ces anticorps ne sont pas présents naturellement et n'apparaissent qu'après une première sensibilisation.
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*À la différence des anticorps anti-A et anti-B, les anticorps anti-D ne sont pas synthétisés spontanément : il faut que l'organisme ait été en contact avec des antigènes D, c'est-à-dire avec du sang Rh+. Ce cas de figure se présente lorsqu’une mère Rh- a été en contact pendant son accouchement avec le sang de son enfant Rh+. Une deuxième grossesse d’un enfant Rh+ peut alors entraîner une réaction immunitaire contre l’enfant.
Transfusion de globules rouges
Les globules rouges (ou concentré érythrocytaire) sont extraits de dons de sang. En effet, le sang n'est plus que rarement transfusé dans son intégralité. Il est le plus souvent traité et séparé en ses composants.
Ainsi le concentré ne contient que peu de sérum, donc d’anticorps. Les problèmes d’incompatibilité de la transfusion de plasma (voir ci-dessous) ne sont donc pas posés.
Lors d’une transfusion de globules rouges, il faut veiller à ne pas transmettre au receveur des cellules sanguines sur la surface desquelles se présentent des antigènes que le receveur n’a pas.
Les deux tableaux suivants doivent donc être respectés lors d’un don du sang :
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Ainsi les AB+ sont receveurs universels, et les O- sont donneurs universels de globules rouges.
Transfusion de plasma
Le plasma est un des composants du sang. Il est recueilli lors d'un don en plasmaphérèse ou extrait d'un don de sang.
Comme le plasma contient les anticorps de groupes sanguins (anti-A, anti-B ou anti-D), les globules rouges du receveur ne doivent pas présenter ces antigènes. Le donneur et le receveur doivent donc respecter les tableaux suivants :
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Ainsi alors que les personnes de groupe AB+ sont des receveurs universels de globules rouges, ils sont donneurs universels de plasma.
Importance du CMV négatif
CMV signifie : cytomegalovirus. C’est un virus très courant (plus de 85% des donneurs présentent des anticorps anti-CMV dans leur sang). Cette maladie est sans gravité pour une personne adulte.
Le dépistage de la sérologie CMV du donneur est important car la transfusion d’un plasma contaminé transmettrait le virus et pourrait provoquer la maladie voire même la mort chez un receveur immunodépressif ou en mauvaise santé. Le sang CMV-négatif est particulièrement important pour les nouveau-nés, les transplantés (particulièrement de reins et de foie), les receveurs de moelle osseuses, les patients dont le système immunitaire a été, pour des raisons de traitements, affaibli et pour les patients qui recevront beaucoup de transfusions sanguines.
