Grande peur
La Grande peur est un mouvement populaire qui a lieu en France du 20 juillet au 4 août 1789.
Il trouve son origine en province en raison des rumeurs de complot aristocratique et de l'émotion provoquée chez les paysans par les nouvelles en provenance de Paris. Le bruit se répandait que des brigands étaient recrutés par l'aristocratie pour parcourir les campagnes afin couper les blés vert et anéantir la récolte. C'est l'idée du "complot aristocratique". De plus ils pensent que les propriétaires nobles "accaparent" les grains pour les vendre au plus haut prix au moment de la "soudure". La peur des brigands se répandit à peu près simultanément, six paniques éclatent en Franche-Comté, à l'explosion d'une réserve de poudre au château de Quincey, près de Vesoul ; en Champagne, où la poussière soulevée par un troupeau de moutons est prise pour celle d'une troupe de soldats en marche ; dans le Beauvaisis, dans le Maine ; dans la région de Nantes et dans celle de Ruffec où les moines mendiants sont pris pour des bandits.
Partout pillages, émeutes, attentats, incendies éclataient : à Marseille, à Lyon, à Grenoble, à Strasbourg, à Rennes, à Saint-Malo, au Havre, à Dijon, mais aussi dans les bourgades et les villages campagnards. Les paysans s'arment et forment des milices pour se défendre contre les brigands, mais aussi pour investir les châteaux et les abbayes, emportant les grains et brûlant les archives. Ainsi la "peur" de Ruffec se répand très vite. Commencée le 28 juillet 1789, elle gagne vers le Nord Civray et Châtellerault, vers l'Ouest Saintes, vers l'Est Confolens et Montluçon, et vers le Sud Angoulême, Limoges, Cahors, Brive le 30 juillet, Montauban le 31 juillet, Toulouse et Rodez le 1 août, Lombez le 2 août, Pamiers, Saint-Girons, Saint-Gaudens le 3 août, Foix et Tarbes le 5 août. Des régions entières restèrent cependant à l'abri de cette grande peur : la Bretagne, l'Alsace, le Languedoc et le Bordelais.
Les paysans une fois armés ne rencontrent pas de "brigands". Ils s'en prennent aux châteaux et réclament, pour les brûler, les vieilles chartes sur lesquelles étaient inscrits les droits féodaux]] dont ils avaient demandé la suppression dans les cahiers de doléances. Quand on leur résiste, ils vont parfois jusqu'à incendier les vieilles demeures seigneuriales. Les insurgés se font peur mutuellement et font peur aux "aristocrates". Georges Lefebvre en décrit cinq courants dans son livre La Grande peur de 1789. Il semble n'y avoir eu aucune concertation entre ces divers courants qui ne furent animés que par des causes et des buts communs. La Grande peur engendra une révolte armée anti-féodale. En brûlant les châteaux et en détruisant les terriers, les paysans envoyèrent à l'assemblée le symbole de leur souhait : la suppression de la féodalité. C'est pour mettre fin à cette révolte que l'assemblée nationale décréta l'abolition des privilèges le 4 août 1789.
Voir aussi
- la Grande peur liée à l'an mil.
