Régime de Vichy

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France depuis 1945
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Chronologie de la France

Ce fut le régime politique de la partie sud de la France et des colonies françaises (avant leur "libération") entre juin 1940 et août 1944.

L'expression Régime de Vichy est un terme en toute rigueur impropre car son extention n'était pas limitée à cette ville, qui n'était même pas sa capitale (seulement le siège du gouvernement), et dont ses protagonistes n'étaient pas originaires. Mais l'usage populaire a prévalu, malgré la désignation qui était officiellement la sienne : l'État français. ,

Sommaire

Les circonstances

Prologue : la défaite de 1940 et l'invasion allemande

En réponse à l'invasion de la Pologne par les troupes d'Adolf Hitler, la France et le Royaume-Uni déclarent la guerre au IIIe Reich. Adoptant alors une stratégie défensive, les deux alliés, au lieu d'envahir l'Allemagne dont l'armée est occupée en Pologne, laissent celles-ci régler tranquillement leur compte aux troupes polonaises. La vitesse à laquelle l'armée polonaise, pourtant organisée avec les conseils français, s'effondre (à peine plus d'une semaine !) renforce le mythe d'une armée allemande invicible. Les français restent donc derrière la ligne Maginot et "jouent la montre" : le blocus maritime qui provoquera l'effondrement allemand comme en 14-18. C'est la drôle de guerre. Mais le 10 mai 1940, Hitler attaque en envahissant les Pays-Bas, le Luxembourg et la Belgique. Le commandement français s'y attendait et lance ses troupes à la défense de la Belgique, comme prévu. Utilisant à plein les concepts des novateurs français de 1918, ignorés par leur preopre commandement (choc, couple char-avion, concentration), le fer de lance de l'armée allemande (une dizaine de divisions blindées traverse le massif des Ardennes, jugé impénétrable par les généraux français (et donc... non défendu !) et encercle l'armée franco-britannique engagé en Belgique.

Début juin la messe est dite. Le gouvernement quitte Paris. Les consignes gouvernementales (qui gardait un mauvais souvenir des millions de contribuables et travailleurs perdus au cours de la première guerre mondiale, car en zone envahie), la haine du "boche" et la terreur savamment entretenue par les allemands eux-même (attaques de la Luftwaffe sur les routes) provoquent et amplifie l'exode de centaines de milliers de civils sur les routes du pays, ruinant la logistique militaire française. La bataille de France était perdue, en dépit de la résistance farouche et héroïque de nombreuses unités. La campagne militaire cause près de 100 000 morts français et 40 000 allemands, et les allemands capturent plus de deux millions de prisonniers, exterminant au passage des noirs, dont le remarquable comportement au combat insultait le concept de supériorité aryenne.

Le 10 juin 1940, Mussolini, allié de Hitler, déclare la guerre à la France, mais ne parvient pas à faire avancer ses troupes à travers les alpes biens défendues. Franco, sollicité, refuse d'entrer en guerre contre la France, même lorsque l'effondrement français est patent.

La demande d'armistice

Fin mai et début juin, c'est la panique aussi dans le monde politique et militaire. Les uns se résignent à la défaite et réclament l'armistice, les autres veulent poursuivre la lutte comme promis aux anglais, en s'appuyant sur les colonies et notamment l'Algérie. avec les

C'est le premier camps, soutenu par le général Maxime Weygand le maréchal Pétain, Pierre Laval et Darlan, qui l'emporte. Le général de Gaulle se réfugie à Londres, où il prononce son appel devenu célèbre mais passé relativement inaperçu dans le chaos ambiant. Le noyau de la France Libre se constitue alors, avec d'autre réfugiés français. Le président du Conseil Paul Reynaud, qui lui voulait continuer la lutte, préfère démissionner le 16 juin 1940 sous la pression. D'autres se réfugient en Amérique.

Le président de la République nomme alors Philippe Pétain à sa place. Le lendemain, ce dernier annonce que la France doit cesser la guerre. Le gouvernement Pétain, constitué à Bordeaux le 17 juin, et le parlement s'installèrent en juillet à Vichy, en zone non occupée.

La délégation française doit aller signer l'armistice le 22 juin 1940, dans le wagon même qui avait servi de cadre à l'armistice de la Première guerre mondiale. L'Allemagne entendait ainsi prendre sa revanche sur la France et l'humilier. Les conditions de l'armistice sont draconiennes : la moitié nord, ainsi que la côte atlantique, passent sous occupation allemande. La France doit pourvoir à l'entretien de l'armée d'occupation et payer une indemnité de guerre qui s'élevait à 400 millions de francs par jour. En outre, la convention d'armistice, à l'article 8, alinéa 2, prévoient que les vaisseaux de guerre rejoignent leurs ports d'attache du temps de paix, dont certains, comme Brest, se trouvaient en zone occupée ("La désignation de ces ports sera faite d'après les ports d'attache des navires en temps de paix").

Face à ce risque insupportable (car, la marine française était une force significative) le premier ministre britannique Winston Churchill envoya le 3 juillet 1940, une flotte britannique sommer la flotte française de Mers el-Kébir, de se joindre à elle, ou de rejoindre les Antilles françaises. L'amiral français rejeta l'ultimatum, sans informer Vichy de toutes les possibilités ouvertes par celui-ci, dont celle de rejoindre les Antilles françaises pour se mettre à l'abri des Allemands. Il s'ensuivit un combat naval, au cours duquel les principales unités françaises sont détruites.

L'instauration du pouvoir personnel

De plus, le vieux Maréchal, dont le patriotisme paraissait au-dessus de tout soupçon et l'honnêteté incontestable, leur inspirait confiance. Le prestige qu'il avait gagné pendant la Première guerre mondiale (bataille de Verdun) renforçait son image de sauveur de la patrie. D'autant que la radio et les journaux ne cessaient de vanter ses mérites. Certains allaient même jusqu'à s'imaginer qu'à sa simple vue les Allemands impressionnés abaisseraient leurs exigences et appliqueraient à la France un traitement favorable. C'est ainsi qu'à la faveur de la défaite, Pétain devint un dictateur.

La mise en place d'un régime autoritaire et des lois d'exclusion

Le culte de la personnalité

Le portrait du maréchal se répandit dans les foyers des français, qui comptaient sur lui dans ces circonstances difficiles. Quand aux rares récalcitrants (certes de plus en plus nombreux), ils trouvaient Pétain dans le tiroir de leur bureau, sous la forme de timbres, qu'ils pouvaient tout au plus coller sur leurs envois d'un poing vengeur, mais inefficace, et ils le retrouvaient à nouveau sur leur courrier, chaque fois qu'ils ouvraient leurs boîtes à lettres.

Pétain, sous le couvert de son slogan honorable « Travail, Famille, Patrie », enserra l'ensemble des Français dans un réseau de hiérarchies parallèles, à partir de sa « Légion française des combattants » (L.F.C.). Dans celle-ci furent en effet rassemblés non seulement de véritables anciens combattants, mais aussi de nombreux partisans de sa « Révolution Nationale » qui n'avaient jamais combattu, comme les Amis de la Légion et les Cadets de la Légion. Ces individus se rattrapaient en manifestant et en injuriant les adversaires réels ou supposés du régime.

Par ailleurs un ancien combattant courageux mais dévoyé, Joseph Darnand, admirateur avant-guerre du système nazi, créa un « Service d'Ordre Légionnaire » (S.O.L.), et l'étendit à toute la zone sud et à l'Afrique du Nord. Cette organisation de fiers à bras allait, avec le soutien personnel du Maréchal, prendre le nom de « Milice Française », après le débarquement allié et l'invasion allemande de la zone sud, et se consacrer à la répression au service de l'Occupant.

Avec le marché noir et les lois anti-juives, la délation devint un sport national.

Ainsi le Maréchal avait-il instauré, sous le nom de « Révolution nationale », un régime autoritaire, où tous les fonctionnaires, y compris les soldats et les juges, devaient lui prêter serment.

Si, malgré cela, le maréchal s'était alors consacré exclusivement à la reconstruction de ce qui pouvait l'être (rapatriement des réfugiés, démobilisation des réservistes, ravitaillement, maintien de l'ordre normal et maintien de l'unité nationale), ainsi qu'à l'exigence du respect par l'ennemi des conventions d'armistice, les effets néfastes de sa dictature auraient été quelque peu limités.

La discrimination

Mais il utilisa ses pleins pouvoirs, comme tout dictateur, pour déclencher immédiatement la répression et une véritable chasse aux sorcières. Alors que les réfugiés étaient encore sur les routes, il fit pleuvoir sans délai les suspensions de fonctionnaires mal-pensants, et adopta sans nulle pression allemande, des lois d'exclusion copiées sur les lois hitlériennes contre les Francs-Maçons et contre les Juifs, enfants compris. Ces lois de Vichy, beaucoup plus rigoureuses que celles de l'Italie fasciste, égalaient en dureté pour leurs victimes celles des nazis. Avec une seule différence toutefois : le maréchal avait instauré ses discriminations beaucoup plus rapidement qu'Hitler. C'est ce que démontre la « Rapidité comparée d'édiction des lois racistes par Pétain et par Hitler »:.

Rapidité comparée d'édiction des lois racistes par Pétain et par Hitler

I - Cas où Pétain a instauré les lois racistes en France plus rapidement qu' Hitler ne l'avait fait en Allemagne
II - Cas où Hitler a instauré les lois racistes en Allemagne plus rapidement que Pétain en France


N.B. Prise de pouvoir de Pétain : 17 juin 1940 ; Prise de pouvoir d’Hitler : 30 janvier 1933.

L'inféodation à l'ennemi

Inféodation à l'ennemi sur le plan politique

L'initiative vichyste en matière de collaboration

La méfiance d'Hitler à l'égard d'une France, même collaboratrice

Le maintien irréaliste de la politique de collaboration

Inféodation à l'ennemi sur le plan militaire

Seule l'intervention de la résistance française à Alger, permit alors le succès de l'Opération Torch, car 400 patriotes français y neutralisèrent, par leur putsch du 8 novembre 1942, le XIXème corps d'Armée de Vichy pendant 15 heures, aprés avoir capturé Juin et Darlan. Ainsi permirent-ils aux alliés d'y débarquer sans encombre et d'obtenir la capitulation de la ville le jour même, puis, au bout de quelques jours, le cessez le feu à Oran et au Maroc et la rentrée en guerre de l'armée d'Afrique dans le bon camp.
Le seul inconvénient de l'opération, fût le maintien pendant plusieurs mois du Régime de Vichy en Afrique libérée(1942-43).

C'est que le Maréchal Rommel révèle implicitement dans ses notes sur la bataille de Bir Hakeim, où Koenig et sa 1ère Brigade Française libre, en résistant 14 jours, sous un déluge de feu à 4 divisions et une armée aerienne de l'Axe, lui ont fait manquer son offensive sur Suez. Voici ce que Rommel écrit à propos de son adversaire, le général français libre Koenig: « Une fois de plus la preuve était faite qu’un chef français décidé à ne pas jeter le fusil après la mire à la première occasion, peut réaliser des miracles, même si la situation est apparemment désespérée » .

Inféodation à l'ennemi sur le plan économique

Le discrédit final du gouvernement de Vichy

Image manquante
Memorial_Mur_Resistance.jpg
reconstitution d'un mur en France pendant le régime de Vichy

À noter que certains hommes qui allaient s'illustrer après guerre, parfois avec talent, dans la contestation, comme Georges Brassens, François Cavanna, et surtout Georges Marchais, se contentèrent à l'époque d'en passer par le STO.

Le maintien manqué du Régime de Vichy, en Afrique libérée

Ainsi, cette obstination à maintenir, de telles mesures jusque dans le camp allié traduit-elle de façon éloquente et indiscutable les profondes convictions pro-nazies des hauts dirigeants vichystes.

Quelques personnalités du Gouvernement de Vichy :

Bibliographie

Précédé par :
Troisième République
Histoire de France Lui succède :
Gouvernement provisoire de la République française

See also: Régime de Vichy, 10 juillet, 1940, 1941, 1942, 1944, 6 juin, 9 août