Mondialisation

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La mondialisation, au sens classique du terme, a commencé aux environs du XVe siècle, par la suite des grandes expéditions maritimes et des Grandes Découvertes. La création des premières routes commerciales entre l'Europe, l'Asie, l'Afrique et l'Amérique n'est effectivement pas un phénomène récent. Il faut, savoir que la première navigation autour du monde a été effectuée par Ferdinand Magellan en 1522 et que cet évènement fut le point de départ de la 1ère mondialisation. Les Echanges entre les Royaumes d'Espagne, du Portugal et leurs colonies au XVème et XVIème siècles ou encore le Commerce Triangulaire sont des traits de cette mondialisation. La 2ème mondialisation est définie par certains économistes comme la période d'internationalisation des échanges qui se réalise avec la seconde révolution industrielle jusqu'à la crise de 1929 où les Etats jouent désormais la carte du protectionnisme en majorité(schématiquement de 1860 à 1929).

La mondialisation actuelle est la 3ème mondialisation, initiée dans les années 1970 par la généralisation des changes flottants et la financiarisation croissante de l'économie. Certains y voient un simple phénomène de déploiement des flux financiers du capitalisme à l'échelle de la planète, qui entraîne avec lui les flux commerciaux, technologiques, informationnels, décisionnels, culturels.

Mais ce phénomène peut être étendu à des domaines autres que l'économie. Phénomène, relativement généralisé, de déploiement d'une vision (culturelle, économique, etc.) à l'échelle mondiale. Elle se crée par l'émergence de liens et d'interconnexions entre les différentes nations, les organismes et surtout, de proche en proche les individus de la planète.


Certains économistes et médias, désignent par globalisation l'ultime étape de la mondialisation au niveau commercial, celle pendant laquelle les entreprises mettent en place un réseau mondial. C'est ainsi que le terme « globalisation » est parfois utilisé en français dans le cadre de la mondialisation des marchés (voir mondialisation économique). C'est la traduction pure et simple du mot anglais « globalization » employée pour la première fois en 1982 par un journaliste de « The Observer ».

La 3ème mondialisation, parce qu'elle est un processus incontournable qui engendre la mutation des équilibres régissant le monde économique (Evolution du pouvoir décisionnel des Etats, Pouvoir d'organisation de l'espace des Firmes Transnationales...), est l'objet de nombreux essais et débats.

Sommaire

Émergence de la notion

Mondialisation et globalisation

D'un point de vue strictement étymologique, monde et globe ayant un sens très proche, on peut considérer les termes de mondialisation et de globalisation comme des synonymes dans le langage courant. Si l'on veut être plus précis, on notera que monde est un terme plus abstrait que globe, et que par conséquent, le terme mondialisation est sans doute plus adapté pour décrire un phénomène aussi immatériel.

Essai de définition : mondialisation

Nul ne pourrait prétendre connaître la définition du mot mondialisation, tant la vision qu'on a de ce phénomène diffère selon les individus. Néanmoins, on peut tenter de dessiner les contours de ce que recouvre mondialisation.

Le mot mondialisation est apparu dans les années 50, avec la généralisation des moyens de transports motorisés et l'augmentation des échanges commerciaux régulés par les systèmes douaniers. Son usage s'est ensuite largement diffusé dans les années 90 du XXe siècle sous l'effet des progrès de l'informatique et des télécommunications. On en est ainsi venu à parler de village global.

La mondialisation économique s'est produite en parallèle à l'avênement de économie post-industrielle), qui modifie fortement les types et schémas de production. Ces deux phénomènes concommittants, bien que non directement liés, ont profondément modifié le fonctionnement des entreprises et le rapport des individus à leur travail.

La mondialisation, définie de manière aussi neutre que possible, est donc l'accroissement de l'interdépendance des pays et des individus. On peut évoquer plusieurs interdépendances, d'ordre économique, technologique, environnementale, culturelle ou encore sociale… C'est sans doute là qu'il faut séparer la mondialisation économique, du phénomène bien plus vaste de mondialisation dont il n'est qu'une composante.

La mondialisation agit aussi sur les consciences, et a contribué à faire émerger des enjeux de portée mondiale, comme le réchauffement climatique, le fléau du terrorisme, la nécessité de lutter contre le trafic de drogue ou d'éléver le niveau de vie dans les pays les plus pauvres.

Ce concept de mondialisation déborde l'influence des états-nations agissant séparément. Elle doit être distinguée :

Essai de définition : globalisation

Le mot globalisation, quant à lui, est un anglicisme, la reprise du terme anglo-saxon correspondant à la mondialisation au sens large. Pourtant, en français, on a vu qu'il a pris le sens plus étroit de mondialisation du marché ou mondialisation économique et financière ("market globalization" ou « corporate globalization » pour les anglo-saxons). Il s'agit de l'échange des services, des biens et aussi des facteurs de production correspondant (capital, travail, connaissance...), devenus plus mobiles, sur un marché mondial.

Les étapes de la mondialisation au plan économique

Voir l'article spécifique mondialisation économique

La mondialisation est partie historiquement (sans remonter aux Foires de Champagne ou à la Route de la soie) du développement du commerce international sous l'effet de l'expansion des transports, la diversification des produits et services, l'extension des niveaux de vie, le développement des médias et des communications et aussi d'accords internationaux de libre échange qui ont abouti à la création de l'OMC.

Progressivement, le commerce international a évolué dans un sens de spécialisation géographique avec implantation d'une large part des activités de production et distribution des entreprises bien au delà de leur pays d'origine. Cette "corporate globalisation" de l'économie est incarnée par les multinationales dites aussi mondiales ou globales (aussi appelées F.M.N. pour Firmes Multi Nationales). Parallèlement au développement des flux commerciaux s'est produit un fort développement des marchés financiers au niveau international.

A noter que concomittament à la mondialisation, sans y être directement lié, s'est produit l'avènement de l'économie post-industrielle dans les pays développés. Il y a donc eu un double choc sur les structures économiques, pouvant être assimilé à une nouvelle étape dans l'histoire du capitalisme. Certains ont pu considérer cette mutation, bien qu'inévitable à moins de politique de repli économique, comme excessive et ont cherché idéologiquement à l'attribuer, pour trouver un responsable, au mythique « ultralibéralisme ».

Conséquences de la mondialisation

Aspects économiques

La perte de pouvoir des institutions nationales (voir « aspects politiques », plus bas) a profité à des organisations multilatérales telle l'OMC (Organisation mondiale du commerce) basée à Genève. Elles sont chargées d'étendre la liberté des échanges dans la plupart des transactions, et tentent de réglementer le commerce international par voie de traités multilatéraux d'abaissement ou d'élévation réciproques des barrières douanières.

Aspects culturels, sociétaux et linguistiques

La mondialisation crée au niveau des individus et des peuples des effets contradictoires, dont l'issue ne peut être déterminée dans la phase actuelle. Elle permet en effet à la fois :

La mondialisation est perçue selon les individus de plusieurs façons. Les deux grandes tendances sont :

Au niveau linguistique, on remarque une nette tendance à l'uniformisation vers le « globish » (abréviation de « global english »), l'anglais appauvri parlé par les non-anglosaxons quand ils sont dans un pays étranger (on ne doit d'ailleurs pas confondre le globish avec le Basic English, qui donne lieu à un Wikipédia spécifique).

L'émergence du globish correspond plus au besoin instinctif de faciliter les échanges d'information qu'à une action concertée qui résulterait selon certains de l'impérialisme linguistique. Elle est certes favorisée par l'absence de pouvoir politique au niveau mondial. Au lieu d'une politique culturelle internationale concertée, qui aurait pu conduire au choix d'une langue sans irrégularité et parfaitement phonétique, la plupart des pays ont choisi d'enseigner l'anglais à leurs jeunes, en se basant sur le choix des autres pays. L'anglais tend donc à se transformer en une langue mondiale, qu'il faut mieux appeler globish tant les fondamentaux de l'anglais d'Oxford sont déformés (prononciation, grammaire, vocabulaire, etc.). Par ailleurs les efforts toujours plus importants consentis pour enseigner l'anglais se font au détriment de l'enseignement des autres langues, dont on constate une diminution de la qualité (ex: franglais).

Aspects politiques

La mondialisation multiplie les relations entre les citoyens du monde et aussi les opportunités de chacun. Mais elle pose le problème de trouver une alternative à un système politique et institutionnel reposant essentiellement encore sur les États-nations. Ces entités ont montré certains effets pernicieux au cours de l'histoire du fait de leur agressivité. Leur influence décroît du fait de la mondialisation, et ils ne sont plus à la taille de bien des enjeux mondiaux actuels.

C'est là le défi d'une mondialisation démocratique institutionnelle qui reste à établir. Elle suppose la prise en compte du statut de « citoyen du monde », en faisant participer les habitants de la planète aux décisions concernant celle-ci, sans passer par l'écran « inter-national ».

Des ONG (organisations non gouvernementales) tentent de combler ce vide, mais elles manquent de légitimité pour prétendre représenter les citoyens de la planète, et sont souvent marquées par des idéologies partisanes

Une mondialisation controversée

Le courant dit « ultra-libéral »

Ceux que certains qualifient d'ultra-libéraux, une appellation assez obscure et péjorative, seraient d'avis que le principe même d'une réglementation des échanges est anti-libéral et qu'il s'agit de mercantilisme. De façon plus équilibrée, pour un libéral, la mondialisation des échanges est une recette où tout le monde peut gagner sous certaines conditions. Elle permet d'ouvrir aux producteurs de tous les pays de larges débouchés et donc une meilleure rémunération. Elle met les capitaux du monde entier en concurrence les uns avec les autres, au bénéfice des travailleurs du monde entier, tout autant que la main-d'œuvre du monde entier, au bénéfice des capitalistes et surtout des consommateurs. La mondialisation leur apparaît ainsi comme un puissant facteur de développement économique pour le plus grand nombre.

De ce fait, ils ne voient dans la médiatisation de la « mondialisation » qu'une tentative de justification émotionnelle et irrationnelle du protectionnisme

Les antimondialistes et le courant altermondialiste

Les anti- et alter-mondialistes sont opposés au libre échange tel que le prônent les « ultra-libéraux ». Il ferait que tout deviendrait marchandise, qu'il s'agisse des produits agricoles, industriels ou culturels, comme des services publics (postes et télécommunications, santé, éducation, énergie, chemins de fer…). De fait, ils considèrent que la globalisation des marchés coïncide avec la recherche de profits toujours plus élevés par les actionnaires, selon eux au détriment de ceux qui travaillent, salariés comme agriculteurs. Les licenciements dits pour convenance boursière seraient une méthode de gestion particulièrement appréciée par les dirigeants, rappelons le des salariés eux aussi, alors qu'ils se versent des sommes considérées exorbitantes par rapport à leurs mérites ou leurs résultats.

Certains imputent à la globalisation, sans trop se pencher sur les causes dues à des pratiques locales, des crises comme celles de la Thaïlande ou de l'Argentine, ou même des régions entières des pays développés. Des milliers de gens se retrouvent brutalement sans ressources dans des pays où il n'y a ni sécurité sociale ni assurance chômage. La plupart des pays africains se sont littéralement asphyxiés dans un endettement sans fin les conduisant à des politiques d'austérité dues :

L'un ou l'autre de ces phénomènes aboutit à la réduction des budgets sociaux, scolaires... donc à l'enlisement du pays, et pousse en permanence des centaines de milliers de personnes dans le déracinement et la fuite par l'émigration vers le mirage des pays riches.

Au niveau de l'environnement, tant cette mauvaise gestion des pays concernés que cette course aux profits semble se traduire par l'absence de réelles mesures pour freiner l'épuisement des richesses naturelles, pour lutter contre la pollution, sans parler de la volonté de quelques grandes firmes agroalimentaires (Monsanto, Aventis…) pour imposer des produits pouvant améliorer les rendements mais pouvant aussi être considérés nocifs comme les pesticides, les organismes génétiquement modifiés (OGM), etc.

Voir aussi

Liens externes (articles idéologiques)


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See also: Mondialisation, 2005, ATTAC, Accord général sur les tarifs douaniers et le commerce