Gérard Philipe
Gérard Philipe était un acteur français, né à Cannes le 4 décembre 1922, mort à Paris le 22 novembre 1959.
| Sommaire |
Sa carrière
Après un premier rôle au boulevard dans une pièce d'André Roussin, Gérard Philipe se fit connaître au théâtre dans Sodome et Gomorrhe de Jean Giraudoux mais surtout par sa création de Caligula d'Albert Camus en 1945.
Entré au Théâtre national populaire de Jean Vilar en 1951, il remporta de nombreux succès à Paris, au Festival d'Avignon et en tournée, jouant un répertoire classique, et mettant lui-même en scène plusieurs pièces de Musset ou des auteurs contemporains comme Henri Pichette et Jean Vauthier.
Dans le même temps, sa jeunesse et son charisme triomphaient à l'écran dans des films de Christian-Jaque, René Clair et René Clément.
Acteur engagé, il participa notamment à l'Appel de Stockholm contre l'armement nucléaire, et devint président du syndicat français des acteurs (SFA) en 1958.
En pleine gloire, il est emporté par un cancer du foie, plongeant dans la tristesse ses nombreux admirateurs et surtout admiratrices.
On l'enterre dans le costume du Cid, conformément à ses dernières volontés.
Le nom de Gérard Philipe a été donné au Centre Dramatique National de Saint-Denis, dirigé par Alain Ollivier.
Un père collaborateur, un fils résistant
A Grasse, Marcel Philip, le père de Gérard Philippe, collaborait avec les allemands: il était administrateur du Parc Palace, lieu de rencontre des allemands; de plus, il était délégué régional et membre du comité directeur du Parti Populaire Français (parti créé par Jacques Doriot,) pour les Alpes-Maritimes.
A l'extrême opposé, en août 1944, son fils se battit du côté des résistants lors de l'insurrection pour la libération de Paris. Gérard Philippe avait de nombreux amis parmi les résistants.
Le père de Gérard Philipe fut emprisonné d'abord à Saint-Denis, puis à Grasse; son fils tenta d'influer ses relations pour l'aider et n'y arriva que partiellement. Son père s'évada en 1945 (à l'époque, son fils jouait à Paris, la pièce de théatre Caligula) et s'enfuit en Espagne; il fut condamné à mort par contumace.
Son fils mourut en 1959; Marcel Philip ne reviendra en France que 10 ans après, suite à une amnistie.
Filmographie
- L'idiot (1946)
- Le Diable au corps (1946)
- La Chartreuse de Parme (1947)
- Une si jolie petite plage (1948)
- La Beauté du diable (1949) de René Clair
- Souvenirs perdus (1950)
- Juliette ou la Clé des songes (1950)
- La Ronde (1950)
- Fanfan la tulipe (1951)
- Les Belles de nuit (1952)
- Monsieur Ripois (1953)
- Si Versailles m'était conté (1953)
- Les Orgueilleux (1953)
- Le Rouge et le Noir (1954)
- Les Grandes manœuvres (1955)
- Les Liaisons dangereuses (1959)
Théâtre
- Une grande fille toute simple d'André Roussin (1942)
- Sodome et Gomorrhe Jean Giraudoux (1943)
- Caligula d'Albert Camus (1945)
- Le Cid de Pierre Corneille (1951)
- Le Prince de Hombourg d'Heinrich Von Kleist (1951)
- Lorenzaccio d’Alfred de Musset (1952)
- Richard II de William Shakespeare (1953)
- Ruy Blas de Victor Hugo (1954)
- Les Caprices de Marianne d’Alfred de Musset (1958)
- On ne badine pas avec l'amour d'Alfred de Musset (1959)
Bibliographie
Revue Historia de juin 1995 page 32, article de Gérard Bonal : Gérard Philippe, fils de "collabo"
Liens
- http://givcos.free.fr/
- http://www.ecrannoir.fr/stars/legendes/philipe.htm
- Le Parc Palace, lieu de l'enfance de Gérard Philippe, mais aussi lieu de rendez-vous des allemands pendant pendant l'Occupation.
