George Washington
George Washington, (1732 - 1799), est un héros de la guerre d’Indépendance et Chef d’état-major de l’Armée continentale. Il participe à la rédaction de la Constitution et fait l’unanimité lors du choix du premier président des États-Unis. Pendant ses deux mandats, de 1789 à 1797, il sera un administrateur habile et conscient de l’importance de chacune de ses décisions. Il lui reviendra de faire fonctionner le premier gouvernement et de créer des précédents là où la Constitution n’est pas explicite.
Considéré comme un héros national par les Américains, de nombreux hommages lui ont été rendus. Son nom a été donné à la capitale des États-Unis, à un État et à de nombreux sites et monuments. Son effigie figure sur le billet de 1 $ et sur la pièce de 25 cents. Son anniversaire est un jour férié fédéral.
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| N° d’ordre | 1er président des États-Unis d'Amérique | |||
| Mandat | 30 avril 1789 4 mars 1797 | |||
| Date et lieu de naissance | 22 février 1732 | |||
| Date et lieu de décès | 14 décembre 1799 | |||
| Profession | Topographe, planteur, politicien | |||
| Parti politique | sans | |||
| Vice-président | John Adams | |||
| Processus électoralRésultats des électionsListe des Vice-présidentsListe des candidats | ||||
| Sommaire |
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1.1.1 Guerre contre les Français et leurs alliés indiens (1754-1763) ou guerre de Sept ans |
Biographie
George Washington naît le 22 février 1732, à Wakefield, Virginie. Ses parents, Augustine Washington et Mary Ball, sont d’origine anglaise et font partie de l’élite économique et culturelle des planteurs esclavagistes de Virginie. Adolescent, il apprend la topographie et participe à la cartographie de la vallée de la Shenandoah, en Virginie. À la mort de son père, il est pris en charge par son demi-frère dont il héritera de la propriété de Mount Vernon, près d’Alexandria, en Virginie. En 1752, à 20 ans, il devient franc-maçon puis maître-maçon un an plus tard.
Carrière militaire
Guerre contre les Français et leurs alliés indiens (1754-1763) ou guerre de Sept ans
En 1754, George Washington s’engage avec le grade de commandant dans la milice de Virginie où il construit une série de forts sur la frontière ouest. La vallée de l’Ohio est alors le théâtre des rivalités entre les Anglais et les Français et le gouverneur l’envoie chasser ces derniers. Confronté à leur refus, il attaque et tue un groupe de dix éclaireurs. Il construit un fortin, à l’emplacement de la future ville de Pittsburgh, pour se préparer aux représailles, mais celui-ci, établi en terrain inondable et trop faiblement défendu se révèle inutile. Le 3 juillet, Washington capitule et négocie son retour en Virginie en laissant les Français maître de la vallée. Ces opérations sont les premières de la partie américaine de la guerre de Sept Ans.
Un point noir : Joseph Coulon de Jumonville
Washington commet une grave erreur en faisant exécuter le 27 mai 1754 l’officier français Joseph Coulon de Jumonville venu pourtant le voir sous la protection du drapeau blanc et avec un statut d’émissaire chargé de lui délivrer une sommation de retrait des terres du roi de France : il prétendra par la suite avoir pris Jumonville pour un espion, ce qui n’est pas compatible avec son statut d’émissaire.
Le meurtre de Joseph de Jumonville fait scandale en France et même un anglophile tel que Voltaire s’indignera, et déclarera :
« Je ne suis plus Anglais depuis que les Anglais sont pirates sur mer (voir l’article Perfide Albion) et assassinent nos officiers en Nouvelle-France ».
Claude de Contrecœur envoie alors un détachement de 500 hommes pour capturer Washington. Il confie le commandement de cette troupe au propre frère de Jumonville, “Louis Coulon de Villiers”.
Louis de Villiers capture Washington au fort de la Nécessité. Il le libère néanmoins alors qu’il est censé le juger et l’exécuter pour meurtre.
Washington reconnaîtra cette erreur par écrit. Le nom de Jumonville a été donné à une ville en souvenir de cette triste page.
Guerre d’indépendance (Révolution)
En 1774, Washington est l’une des personnes les plus riches des colonies. Il est élu délégué de Virginie au premier Congrès continental puis, l’année suivante, au deuxième Congrès. Il soutient la cause de l’indépendance des colonies mais ne la servira activement qu’à partir de 1776, lorsqu’il lit « Le bon sens » de Thomas Paine.
Le 15 juin 1775, sur proposition de John Adams, le Congrès continental le nomme à l’unanimité Chef d’état-major de l’Armée continentale. Il rejoint une armée hétéroclite stationnée près de Boston qui doit faire face à l’armée britannique, les fameuses « vestes rouges », composée de 12 000 soldats entraînés ce qui l’amène à ordonner à ses agents recruteurs d’accepter les noirs libres.
Pendant l’année 1776, Washington conquiert Boston, tenue par les troupes du général britannique William Howe, forcé de se retirer jusqu’à Halifax, Canada. Il marche ensuite sur New York pour se préparer à la contre-offensive britannique. Il perd la bataille de Long Island mais parvient à sauver ses forces qui font retraite à travers le New Jersey. L’avenir de la révolution est alors sérieusement en doute.
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La nuit de Noël 1776, il fait traverser la rivière Delaware à ses troupes pour attaquer les mercenaires Hessois à la solde des Anglais à Trenton (New Jersey). Il attaque les forces du général Cornwallis par surprise à Princeton au tout début de 1777 et reconquiert le New Jersey. Ces victoires remontent le moral des colons pro-indépendance.
Le général britannique Howe conduira ensuite une offensive sur la capitale coloniale, Philadelphie, et mettra en déroute les troupes de Washington aux batailles de Brandywine et Germantown, Pennsylvanie les 11 et 27 septembre 1777. Washington doit se retirer avec son armée de 11 000 hommes à Valley Forge (Pennsylvanie), pour y passer l’hiver.
La même année, Marie Joseph Paul Yves Roch Gilbert du Motier, marquis de Lafayette, arrive en Amérique dans son propre bateau et propose son aide au général Washington, dont les troupes se remettent de leurs défaites et des dures conditions hivernales. Au printemps, elles s’entraînent avec les troupes prussiennes du baron von Steuben. Elles attaquent ensuite l’armée britannique entre Philadelphie et New York à la bataille de Fort Monmouth en 1778.
Washington conserve son armée tout au long de la révolution, malgré les difficultés de recrutement et d’approvisionnement, clouant les troupes britanniques au centre du pays pendant que les généraux Horatio Gates et Benedict Arnold gagnent la bataille de Saratoga en 1777. Après Monmouth, les Britanniques concentrent leurs offensives sur les colonies du sud et, plutôt qu’aller les y attaquer, Washington marche jusqu’au Rhode Island, d’où il commande les opérations militaires jusqu’à la fin de la guerre.
En 1779, afin de contrer les Iroquois qui s’étaient alliés avec les Anglais, il envoie John Sullivan (en anglais) détruire leurs villages. En juillet 1780, il reçoit le renfort d’environ 6 000 soldats français. En septembre de la même année, il prévient la trahison du général Benedict Arnold qui est sur le point de remettre la forteresse de West Point aux Anglais.
En 1781 les forces terrestres américaines, estimées à 11 000 hommes, et les forces françaises aidées de leur marine, 37 navires et 29 000 hommes, bloquent le général Cornwallis et ses 9 000 hommes à Yorktown (Virginie). Washington les rejoint précipitamment et maintient le siège jusqu’à la reddition, qui se révèle être la dernière tentative britannique pour enrayer la révolution. En 1783, le 3 septembre, les Britanniques reconnaissent l’indépendance des États-Unis par le Traité de Versailles.
Carrière politique
Le général Washington remet volontairement sa démission de Chef d’état-major des armées au Congrès qui se réunit le 23 décembre 1783 au Maryland. Cas rare en période révolutionnaire, on assiste à la transition vers un gouvernement civil démocratique plutôt qu’une dictature militaire.
Washington préside la Commission de rédaction de la Constitution en 1787. Il ne participe pas vraiment aux débats mais il intervient pour emporter la ratification de certains États, dont la Virginie. La Constitution entre en vigueur le 4 mars 1789 ; elle est la plus ancienne qui soit encore utilisée.
Présidence
1789
7 janvier : Première élection présidentielle aux États-Unis. Les votants élisent un Collège électoral qui se réunit un mois plus tard pour choisir le président et le vice-président.
| Résultats des élections de l'année 1789 | |||
| CandidatPrésidentVice-président | Parti | Suffrage universelVotes — % | Collège électoralVotes — % |
| George Washington— | (sans) | —— | 69— |
| John Adams— | (sans) | —— | 34— |
4 février : le Collège électoral choisit à l’unanimité George Washington pour être le premier président des États-Unis et John Adams comme vice-président. L’élection se tient à New York où Washington forme son premier gouvernement.
30 avril : investiture de Washington en tant que premier président des États-Unis d’Amérique. Le gouvernement est basé à New York.
3 octobre : Washington institue la fête nationale de « Thanksgiving » ; ce jour destiné à rendre grâce à Dieu et est célébré par toutes les obédiences religieuses. C’est le président Lincoln qui, plus tard, fixera la date de Thanksgiving au dernier jeudi de novembre.
1790
4 janvier : Washington prononce le premier « discours sur l’état de l’Union ».
6 décembre : le Congrès se déplace à Philadelphie qui deviendra de facto la capitale.
1791
Les États du Maryland et de Virginie cèdent une zone de 250 km² pour créer le District de Colombie (District of Columbia) où sera construite la capitale fédérale des États-Unis.
25 février : Washington signe la loi créant la Banque centrale des États-Unis.
1792
22 avril : Washington déclare la neutralité des États-Unis dans les guerres entre nations européennes.
Le gouvernement fédéral impose une taxe sur le whisky. Elle est très impopulaire sur la frontière et, en juillet 1794, un agent fédéral est attaqué par la foule et la maison d’un inspecteur est brûlée. Washington fait appel à la milice de différents États et prend personnellement la tête d’une force de 13 000 hommes pour arrêter la révolte. Cet épisode est connu sous le nom de la « révolte du whisky ». Washington montre qu’il est important de soutenir les lois fédérales et ne laisse pas la nouvelle nation entrer dans l’insurrection.
5 décembre : George Washington et John Adams sont réélus président et vice-président.
1793
4 mars : Investiture de Washington pour un deuxième mandat présidentiel. Son discours inaugural reste le plus court de l’histoire, avec seulement 133 mots. Le 4 mars sera la date d’investiture de tous les présidents jusqu’en 1933 où un amendement la ramènera au 20 janvier.
1794
13 janvier : admission de deux nouveaux États, le Vermont et le Kentucky. Washington institue la coutume d’ajouter une étoile par État supplémentaire sur le drapeau.
27 mars : création de la marine des États-Unis.
1797
Washington se retire après deux mandats, en refusant d’exercer le pouvoir plus de 8 ans.
Politique internationale
Washington doit faire face aux conséquences internationales de la Révolution française. Le traité franco-américain de 1778 avait fondé une alliance perpétuelle entre les deux pays que la guerre franco-britannique déclenchée en 1793 allait mettre à l’épreuve puisque Washington adopte une attitude impartiale entre les belligérants.
Il décide de constituer une marine de guerre pour lutter contre les pirates de la mer des Caraïbes et obtient de l’Espagne le droit de navigation sur le Mississippi afin de permettre aux produits agricoles cultivés dans l’Ohio d’atteindre la Nouvelle-Orléans et l’Atlantique.
Politique intérieure
Sous la présidence de George Washington, la capitale fédérale change de New York à Philadelphie et le district fédéral de Columbia est créé pour y implanter la ville qui portera son nom. Trois nouveaux États sont admis dans l’Union : le Vermont (1791), le Kentucky (1792) et le Tennessee (1796).
Washington soutient la politique de son ministre des finances Alexander Hamilton, qui veut que le gouvernement fédéral contrôle l’économie en créant une banque nationale et dispose de revenus en instituant une taxe sur la vente du whisky. Ce dernier point entraînera une rébellion en Pennsylvanie que Washington matera grâce à des troupes venues des États voisins. Il nomme les ministres de son gouvernement et obtient du Congrès le droit de les révoquer.
Politique concernant les droits civiques, les minorités et l’immigration
Le 9 septembre 1786 George Washington propose l’abolition de l’esclavage.
Politique partisane
La population américaine est tellement en faveur de l’élection, puis de la réélection, de Washington qu’aucun candidat ne se présente contre lui. En tant que premier président il lui incombe de créer des précédents et il le fait après mûre réflexion. C’est ainsi qu’il prononce le premier discours d’investiture, qu’il accepte de rendre compte au Congrès et qu’il considère les affaires internationales comme faisant partie du domaine fédéral. Il refuse de se représenter après son second mandat mais plus pour des raisons personnelles que pour des questions de principe mais cet exemple sera suivi par la plupart des présidents qui lui succéderont jusqu’au passage d’un amendement à la Constitution qui limitera à deux le nombre de mandats accomplis suite à une élection. Enfin Washington est opposé aux partis politiques dont il ne comprend pas l’intérêt dans une démocratie.
La vie politique s’organise autour d’un affrontement entre fédéralistes, regroupés derrière Alexander Hamilton - Secrétaire au Trésor, et anti-fédéralistes regroupés derrière Thomas Jefferson - Ministre des affaires étrangères.
Décès
À la fin de sa mandature, en mars 1797, Washington est heureux de se retirer à Mount Vernon. Il tombe malade deux ans plus tard et meurt le 14 décembre 1799.
Les médecins pensent aujourd’hui qu’il est mort d’une infection de la gorge et que le traitement qu’il a subi, une saignée, a entraîné un choc, une asphyxie et une déshydratation. Il est enterré dans le cimetière familial à Mount Vernon.
Anecdotes
Lorsqu’il est démobilisé en 1757, Washington épouse Martha Dandridge Custis, la riche veuve de Daniel Parke Custis. Il adopte ses deux enfants et n’en aura pas d’autres. Les nouveaux mariés s’installent à Mount Vernon où ils sont propriétaires terriens. Il fait partie du Conseil municipal.
Pendant la guerre contre les Indiens, au cours de la bataille de la Wilderness, près de la rivière Monongahela, Washington voit trois chevaux tués sous lui et son manteau est percé de quatre balles. Il montre son sang-froid en transformant une débâcle en retraite organisée.
En 1782, Washington, alors Chef d’état-major, crée la médaille du « Purple Heart » qui est toujours la plus haute distinction décernée aux militaires.
En 1784, une esclave noire vivant sur la propriété de Mount Vernon met au monde un mulâtre, West Ford. Ses descendants tentent toujours de démontrer qu’il est le fils de Washington.
Lorsqu’il est élu président, pour son premier comme pour son second mandat, Washington reçoit la totalité des voix du Collège électoral ; il est le seul président à avoir été élu à l’unanimité jusqu’à aujourd’hui.
En 1792, le ministère des finances lance un emprunt auquel Washington souscrira. Les actions sont exprimées en dollars et le signe $ y apparaît pour la première fois.
Devenu héros national, les admirateurs de Washington font circuler sur son compte des histoires apocryphes, en particulier sur son honnêteté dans son enfance. L’histoire dit qu’il voulait essayer une nouvelle hache et qu’il a abattu l’un des arbres de son père. Interrogé il aurait déclaré : « Je ne peux pas mentir, c’est moi qui aie abattu le cerisier. » Cette histoire fut publiée pour la première fois dans un livre écrit par un pasteur épiscopalien et destiné à inspirer les enfants. Le même auteur aurait aussi inventé une histoire sur sa prière solitaire à Valley Forge.
En 1754, lorsque George Washington épouse Martha, il possède 28 esclaves et elle, 109. Dans son testament, Washington affranchit les 317 esclaves de sa plantation. Il ne défend pas l’esclavage mais considère que la liberté ne peut être donnée qu’aux personnes capables de l’assumer. Il est partisan d’une phase transitoire pendant laquelle les esclaves noirs sont sous tutelle, suivant le modèle adopté pour les personnes mentalement incapables.
À sa mort, Washington avait le grade de major-général qui lui avait été donné en prévision d’une guerre contre la France. Plus tard, d’autres officiers recevront des grades plus élevés ce qui amène le président Ford, en 1976, à lui décerner, à titre posthume, le grade de Chef d’état major des armées des États-Unis.
Hommages
Washington est l’un des personnages les plus importants de l’histoire des États-Unis. À ce titre, il a reçu de nombreux hommages :
- son anniversaire est un jour férié fédéral ;
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- son effigie figure sur le billet de 1 $ (et est probablement connue du monde entier) ainsi que sur la pièce de 25 cents qui a été mise en circulation en commémoration de son deux-centième anniversaire ;
- elle a figuré sur de nombreux timbres d’usage courant, dont l’un des deux premiers timbres des États-Unis, le dix cents noir ;
- il est l’un des quatre présidents dont le portrait est sculpté dans le mont Rushmore ;
Son nom a été donné à :
- la capitale des États-Unis ;
- un État, au nord-ouest sur la côte Pacifique ;
- de nombreux sites (montagnes, lacs...) et monuments ou bâtiments (Washington Monument à Washington, DC, pont de Washington à New York...)
- le Washington Monument a été construit à partir de 1848 à l’aide de fonds privés. À court d’argent le projet a dû être terminé par l’Armée et ce n’est qu’en 1884 que la pierre formant la pointe a été posée. C’était à l’époque, à 170 m, le plus haut monument du monde.
- le pont George Washington qui relie la ville de New York à ses banlieues du New Jersey a été inauguré le 30 avril 1889.
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1789 : Washington |
1841 : Tyler |
1877 : Hayes |
1913 : Wilson |
1969 : Nixon | |||
