Géomatique
La géomatique regroupe l'ensemble des disciplines et moyens informatiques permettant de réprésenter, d'analyser et d'intégrer des données géographiques. La géomatique consiste donc en au moins trois activités distinctes :
- La collecte des données géographiques : il s'agit de constituer un réferentiel représentant au mieux la réalité de terrain. Plusieurs méthodes existent : la photographie aérienne, dont la version exploitable, après correction des aberrations optiques et erreurs de paralaxe, s'appelle orthophotographie ou modèle numérique de terrain (MNT) ; l'image satellite (type Spot, Landsat, Ikonos…) ; la numérisation de documents papier déjà existants, par exemple le cadastre, propriété en France de la Direction Générale des Impôts (DGI) ; le relevé direct sur le terrain, désormais effectué principalement à l'aide de terminaux équipés de GPS, qui permettent de saisir en même temps l'objet géographique et sa localisation. Les grands producteurs de référentiels français, outre la DGI pour le cadastre, sont l'IGN, le BRGM, l'IFN, le SHOM, plus des entreprises spécialisées comme Navtech ou TeleAtlas pour les données routières.
- Le traitement des données géographiques : souvent effectué dans des logiciels spécialisés appelés SIG (systèmes d'information géographique, en anglais GIS) — il en existe une petite dizaine en France : ArcView d'ESRI, GeoConcept de la société homonyme, MapInfo importé par Axciom, StarGIS et Apic de la société Star/Apic, GeoMedia de chez Intergraph, AutoCad Map chez AutoDesk, MicroStation de Bentley. D'autres logiciels existent sur des métiers plus ciblés, comme EdiTop de chez Sirap pour les communes, etc. Les logiciels SIG étant souvent très chers, ce domaine connait une croissance exponentielle des logiciels libres tels que Grass, Jump, Udig ... L'intérêt d'un SIG dépendant fortement des données (elles aussi très chères), les SIG évoluent lentement vers des architectures « n-tiers » intéropérables grâce au respect de normes de web-services édictées par un regroupement mondial des éditeurs, l'Open GIS Consortium (OGC). Internet joue donc un rôle de plus en plus important dans le développement des SIG, en particulier grâce à des logiciels libres tels que Mapserver, souvent plus performant que les alternatives payantes !
Enfin, les SIG professionnels reposent sur des bases de données géographiques telles qu'Oracle spatial, ArcSDE, ou PostGIS. La base de données géographique PostGIS est très puissante, libre, et gratuite.
Le but de ces outils est non seulement de pouvoir afficher les informations géographiques sur différents référentiels (par exemple, superposer une orthophotographie aux parcelles cadastrales), mais aussi de réaliser des croisements (existe-t-il une corrélation entre l'habitat social et la petite délinquance ?), d'interroger les bases (où se trouve la borne d'incendie n° 342Z, quel est son débit d'eau et comment y va-t-on ?), de créer des cartes synthétiques ou thématiques, etc.
- La diffusion de ces données : soit au travers de clients léger comme les navigateurs Internet, la production d'atlas cartographiques, les systèmes de navigation embarqués à bord des véhicules, etc.
La plupart des grandes entreprises, administrations, et collectivités locales sont, à l'heure actuelle, équipées de logiciel SIG pour gérer l'information géographique sur leur territoire de compétence.
L'AFIGéO indique dans son bilan de l'année 2004 du secteur de l'information géographique une explosion des usages et un défi d'avenir autour de nouveaux métiers.
Pour en savoir plus:
- www.geomaticien.com (non mis à jour depuis le 28/03/03)
- AFIGéO : Association Française pour l'Information Géographique
- geomatique.info : geomatique.info est un site d'informations sur la géomatique [sciences et techniques de l'information géographique]. Un annuaire recense les sites internet consacrés aux SIG (Systèmes d'Information Géographique), à la cartographie, au GNSS (GPS, Glonass, Galileo...), à la topographie, à la photogrammétrie et à la télédétection. (Un portail collaboratif pour diffuser des informations est en cours de développement selon l'auteur.)
