Génocide au Rwanda : les conséquences du génocide

Image manquante
Society.png


Cet article est une ébauche concernant la politique, vous pouvez partager vos connaissances en le modifiant.
GENOCIDE AU RWANDA
Rwanda
Histoire du Rwanda
Populations des grands lacs
Ethnisme au Rwanda
Introduction
Les événements initiaux
Causes du génocide
Acteurs rwandais
La communauté internationale
Les institutions religieuses
Particularités du génocide
Conséquences du génocide
Justice internationale (TPIR)
Les médias
glossaire et compléments
Bibliographie
Image manquante
MURAN.gif
Rwanda Murambi victimes momifiées du génocide de 1994
Sommaire

Les séquelles traumatiques du génocide

L'ethnisme post-génocidaire

Le génocide a radicalisé les relations entre une partie des Rwandais. Un fossé s'est creusé, dans une fracture silencieuse, entre les rescapés du génocide généralement d'ancienne dénomination Tutsi et les génocidaires d'ancienne dénomination Hutu.

Le nombre de ces génocidaires actifs a probalement tourné autour du million de Rwandais et sont plus nombreux que les rescapés dont le nombre doit être de quelques dizaines de milliers. Beaucoup sont aussi en exil. Les anciens exilés Tutsi revenus au Rwanda après le génocide ont rempli le vide laissé par les victimes.

Les relations publiques entre ces nouveaux venus qui apportent de nouvelles cultures et les autres Rwandais, même entre ceux qui sont d'ancienne dénomination Tutsi, sont parfois tendues. Si les uns étaient dans des pays francophones, et d'autres dans des pays anglophones, cet aspect n'est pas si important car tous les Rwandais parlent une seule langue le Kinyarwanda.

La vraie différence entre les uns et les autres vient de leur situation pendant le génocide et de la façon dont ils l'ont vécu. Il peut y avoir de grands périls à plus ou moins long terme dans cette nouvelle structuration des sensibilités collectives rwandaises qui s'est commplexifiée. Mais ce peut aussi être une source de génération de comportements nuancés et salvateurs, si politiquement le Rwanda ne retombe pas dans l'ancienne idéologie. Ce risque là est loin d'être écarté.

Une population destructurée

Un très grand nombre d'orphelins et de veuves

Les rescapés doivent vivre parmi leurs tueurs

La majorité silencieuse, essentiellement d'ancienne dénomination Hutu, n'a pas lutté contre l'idéologie génocidaire. Elle accepte en son sein les génocidaires en liberté, commes les rescapés qui essayent de faire le deuil de leurs proches et de surmonter leurs souffrances. Tout le monde se côtoie. Quelques assassinats de témoins du génocide sont régulièrement signalés notamment dans le sud-ouest du Rwanda.

Le sida

L'une des armes de prédilection contre les femmes tutsi a été le viol. Des milliers de femmes et de petite filles ont été violées avant d'être tuées. Les violeurs ont donc fait proliférer le sida. Certaines sont rescapées de la mort mais pas du sida. Des jeunes filles de 18 ans sont aujourd'hui contaminées parce qu'elles ont été violées à 7 ans par les Interahamwe ou des soldats des Forces armées rwandaises.

Les associations de rescapés ont déploré que les femmes contaminées qui témoignent au Tribunal pénal international pour le Rwanda ne recevaient aucun soin, alors que des violeurs en cours de jugement ont droit à une trithérapie payée par l'ONU.

Les associations de rescapés

Tous ces rescapés se sont regroupés dans des associations dont les deux plus importantes sont IBUKA, « souviens-toi », et AVEGA l'association des veuves.

Les déplacements de population au Rwanda et dans les pays voisins

La lutte contre les infiltrations de génocidaires au Rwanda

La crise de la « région des grands lacs »

Le renversement de Mobutu et la destabilisation du Congo démocratique

Le retour au Rwanda des réfugiés

Les réfugiés qui avaient fuient en juillet 1994 au Zaïre et dans les autres pays, sont revenus en masse en 1996, découvrant que « l'orgre » FPR ne les mangerait pas. On a assisté à un apaisement des paniques générées par la propagande génocidaire de « radio machette ». Mais certains silences politiques sont pesants dans la société. Tout n'est pas réglé.

Certains avancent aujourd'hui le chiffre de 3 millions de réfugiés revenus au Rwanda si l'on compte aussi les anciens exilés tutsi.

La réintégration dans l'armée rwandaise de certains membres des anciennes FAR

La constitution d'une diaspora rwandaise dans le monde

des réfugiés fuyant les régimes successifs du Rwanda

Des génocidaires devenus réfugiés et pas toujours poursuivis

Une opposition politique aux origines variées

Un pays à reconstruire

Une réconciliation problématique

Un chantier juridique considérable

Au lendemain du génocide les structures juridiques du Rwanda sont complètement détruites. Il ne reste que deux ou trois juges et quelques avocats. Les rescapés font pression pour que justice soit faite. Le Tribunal pénal international pour le Rwanda se constitue très lentement et l'ONU engage des sommes considérable au regard du budget rwandais de la justice.

La justice rwandaise

130 000 prisonniers pour 7 millions d'habitants

Les évaluations du nombres de personnes à juger varient selon les sources dans une fouchette de plusieurs dizaine de milliers à plusieurs million de personnes. Tout est à reconstruire à commencer par le personnel juridique. Très vite « Avocats sans frontières » organise des missions d'assitance. Mais on se rend compte qu'il faudra deux cents ans pour juger au moins tous les présumés tueurs emprisonnés. Pays très pauvre, le Rwanda doit trouver des solutions. L'idée de réhabiliter les gacaca (prononcer gatchatcha) germe.

La réhabilitation de la justice traditionnelle : les « Gacaca »

A l'origine les gacaca permettaient de régler des différents de voisinage ou familiaux sur les collines. Elles étaient très éloignées des pratiques juridiques modernes. Il s'agissait d'une assemblée villageoise présidée par des anciens où chacun pouvait demander la parole. Gacaca signifie « gazon » en kinyarwanda, c’est-à-dire l'endroit où l'on se réunit.

Le principal obstacle à la création des gacaca fut de former le personnel et de préparer la population à des pratiques qui devaient favoriser un lien entre cette justice populaire ancestrale et la justice gouvernementale.

Le 15 janvier 2005, huit mille nouvelles juridictions « gacaca », (tribunaux populaires chargés de juger les auteurs présumés du génocide rwandais de 1994), ont entamé la phase administrative de leur travail. Elles viennent se rajouter aux 750 « gacaca » pilotes mises en place depuis 2001. Elles ont été créées pour juger tous les présumés auteurs du génocide à l’exception des planificateurs et des personnes accusées de viols qui sont jugées par les tribunaux conventionnels ou par une juridiction de l'Onu : le Tribunal pénal international pour le Rwanda.

Les « Gacaca » sont constituées de personnes élues pour leur bonne réputation. Elles sont qualifiées d'"intègres". Elles ont suivi une formation juridique de base. Les accusés n'ont pas d'avocat, mais tous les villageois peuvent participer et intervenir, soit à charge, soit à décharge. Le premier jugement de la phase opérationnelle a eu lieu le 11 mars 2005.

La majorité de la population ne s'est pas opposée aux tueurs lors du génocide et les rescapés craignent que ces jugements se fassent dans un contexte populaire défavorable à la vérité.

Des ONG comme Amnesty International estiment que cette justice populaire est une justice qui ne protège pas assez les accusés. Mais le Rwanda a-t-il les moyens de faire autrement ? D'autres, comme l'association Survie font ainsi remarquer que c'est le seul moyen de désengorger les prisons rwandaises, de rendre un minimum de justice, et peut être d'envisager une réconciliation sociale. Certains disent aussi que les milices interahamwe rapidement formées à tuer sont jugées par des tribunaux de même origine sociale et qu'il y aurait une cohérence historique dans cette pratique qui peut être salvatrice pour la société rwandaise : le mal et son jugement s'accomplissant dans le même creuset social.

La grande question, est suspendue aux expériences pilotes conduites au Rwanda qui ont montré que ces tribunaux risquent de révéler sept cent cinquante mille personnes ayant participé aux tueries. Cela représente environ six fois le nombre de personnes actuellement emprisonnées et presque 10 % de la population actuelle du Rwanda. (Proportionellement, en France cela représenterait trois million six cent mille personnes). On évalue depuis longtemps que le nombre de tueurs se situe au moins autour du million de personnes. Certains parlent de deux millions. Beaucoup sont en fuite, particulièrement en République démocratique du Congo ou sont morts, notamment du sida à la suite des viols nombreux. De nouvelles vagues de réfugiés dans les pays voisins ont vu le jour en 2005 à cause du démarrage des «Gacaca» et l'une des revendications actuelles des FDLR est l'arrêt de ces juridictions accusées de faire peur aux Rwandais.

Au niveau international

Le TPIR

Voir Tribunal pénal international pour le Rwanda

La « compétence universelle » de justices nationales

Les justices nationales de tous les pays membres de l'ONU doivent adapter leur droit pour juger des crimes qui relèvent de la compétence du Tribunal pénal international pour le Rwanda.

La Suisse a jugé un bourgmestre rwandais accusé de s'être compromis dans le génocide.

La Belgique a jugé quatre Rwandais accusés d'avoir participé au génocide.

Une loi du 1 mars 1994 rend la justice française compétente pour des crimes contre l'humanité et des crimes de génocide ou de complicité de génocide commis éventuellement par des Français. Ces crimes sont imprescipribles.

Le législateur français a adapté ses dispositifs juridiques par la loi 96-432 du 22 mai 1996 1 qui la rend compétente pour les mêmes crimes que ceux qui relèvent du statut du Tribunal pénal international pour le Rwanda, celui-ci gardant un droit de préemption s'il estime que la justice française a failli à sa tâche.

La justice française instruit un procès contre un prêtre Rwandais suspecté de participation au génocide. Elle a été condamnée en 2004 par la Cour Européenne des Droits de l'Homme pour la lenteur de ce procès. En février 2005, des plaintes ont été déposées par des Rwandais devant le Tribunal aux Armées à Paris pour complicité de génocide.

Une période politique de transition de 1994 à 2003

La lutte contre la division ethnique

Le Front patriotique rwandais a développé son idéologie anti-ethniste et citoyenne. La carte d'identité ethnique a été rapidement abolie. Pour les intellectuels de l'ancien régime, persuadés que l'ancienne majorité ethnique est légitime, cette idéologie est perçue comme un camouflage d'un pouvoir minoritaire. La constitution rwandaise votée par référendum en 2003 a aboli les références ethnistes . Si on analyse les anciennes références des personnes au pouvoir ou dans les différentes instances politiques et administratives, on s'aperçoit que l'ancienne répartition n'a guère changé. Ce qui a changé c'est que la république rwandaise n'est plus « mono-ethnique ». Elle devient cahin caha citoyenne, les sensibilités et les pesenteurs idéologiques n'évoluant pas aussi vite que les lois.

Une nouvelle consitution et des élections en 2003

Le « devoir de mémoire »

Une nouvelle culture se développe au Rwanda qui rappelle la façon dont les Juifs ont découvert aussi le « Devoir de mémoire ». On essaye de faire prendre conscience de l'horreur de ce qui a été fait au cœur de la population. Tout le monde sait, tout le monde a vu, beaucoup ont participé.

Il semble que la majorité silencieuse subisse quelque peu les manifestations de mémoire du génocide qui sont très présentes et fréquentes dans la société rwandaise. Les mots Tutsi, Hutu et Twa sont devenus tabou. On évite de les employer, même dans les cérémonies du souvenir.

Au mois de décembre 2004 640 victimes exhumées d'une fausse commune à Nyundo près de Gisenyi ont été enterrées. Pendant trois ou quatre heures de cérémonie religieuse catholique et de discours politiques, le mot Tutsi n'a été prononcé qu'une seule fois. La grande église était pleine, essentiellement de cette majorité silencieuse dont les leader participent même à l'animation des célébrations. C'est en quelque sorte, au delà des sentiments religieux, un passage politique obligé, ces deux aspects étant toujours très mêlés au Rwanda.

Ce type de cérémonie est quasi hebdomadaire à l'échelle du pays depuis dix ans. De nombreux mémoriaux ont ainsi été érigés. Certains sont plus célèbres que d'autres. Les églises de Nyamata et Ntarama, l'école de Murambi, le mémorial de Gisozy à Kigali, celui de Bisesero près de Kibuye sont incontournables.

L'économie sinistrée

La communauté internationale secouée

L'aide internationale

Les USA, la Belgique et l'ONU demandent pardon au Rwandais

Le génocide au Rwanda devenu référence dans toutes les crises à caractère génocidaire

Les rescapés de la Shoa, et leurs amis, partagés sur le génocide au Rwanda

On doit noter la naissance d'une sympathie historique entre des Juifs et des Tutsi à cause du génocide. Ce mouvement n'est pas partagé par tous les Juifs, dont certains considèrent encore que le seul vrai génocide est la Shoa.

Ce rapprochement n'a pas un caractère religieux mais reste purement sociologique et historique. Des événements similaires, la souffrance des rescapés, le devoir de mémoire sont autant de sujets qui leur semblent pouvoir être mis en commun.

Ce mouvement ne doit pas être confondu avec un courant extrémiste Tutsi très minoritaire qui revendique, à la suite d'hypothèses hasardeuses des premiers historiens du Rwanda et du Burundi, une ascendance juive pour les Tutsi.

Le négationnisme du génocide

Autres chapitres

GENOCIDE AU RWANDA
Rwanda
Histoire du Rwanda
Populations des grands lacs
Ethnisme au Rwanda
Introduction
Les événements initiaux
Causes du génocide
Acteurs rwandais
La communauté internationale
Les institutions religieuses
Particularités du génocide
Conséquences du génocide
Justice internationale (TPIR)
Les médias
glossaire et compléments
Bibliographie

Liens internes

Liens externes

Notes

1.

See also: Génocide au Rwanda : les conséquences du génocide, 1996, 2004, 2005