Gascogne
La Gascogne est une province du sud-ouest de la France. Elle comprend les départements des Landes, du Gers et des Hautes-Pyrénées, et en partie ceux du Lot-et-Garonne, du Tarn-et-Garonne, de la Haute-Garonne, de l'Ariège, des Pyrénées-Atlantiques et de la Gironde. Le Val d'Aran, bien qu'appartenant à l'État espagnol, fait partie historiquement et linguistiquement de la Gascogne.
Les principales ressources économiques sont :
- la sylviculture
- la pêche
- la production de raisins et de vins
- distillation d'eau-de-vie fine
- tourisme
La langue régionale est le gascon (classé dans les langues occitanes).
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Histoire de la Gascogne
Les clans basco-aquitains étaient présents sur les terres de Gascogne depuis des temps immémoriaux. La région a été conquise par l'Empire romain, puis par les Wisigoths, par les Vascons (qui lui ont donné leur nom), et enfin par les Francs. Avec ces différentes dominations, la Gascogne a émergé comme un état indépendant pendant un temps et à ce jour la Gascogne a gardé la réputation d'être habitée par un peuple têtu et indépendant.
L’antiquité
Selon certains, mais cette théorie ne fait pas l’unanimité, nos ancêtres contemporains de la dernière glaciation, auraient reculé vers le sud jusqu’à ce qu’ils trouvent des terres accueillantes. Ils auraient ansi atteint l’Afrique du Nord puis quelques temps plus tard, avec le réchauffement de la région, seraient revenus s’installer d’abord dans la péninsule ibérique, puis jusqu’au nord des Pyrénées. Ceci expliquerait l’origine des Ibères. Sans doute aussi mythiques que d’autres, les certitudes sur ces périodes étant difficiles à établir.
Quoi qu’il en soit, lorsque les Romains conquirent la Narbonnaise, ils se heurtèrent, au delà de Toulouse à un peuple nouveau pour eux. Ce n’étaient ni des Ligures, ni des Celtes, ils s'appelaient les Aquitains bien que César reconnaisse qu’ils avaient beaucoup d’analogies avec les Ibères du sud des Pyrénées.
Le territoire qui allait devenir la Gascogne était alors habité par une trentaine de tribus d’une importance inégale :
- les Consoranni (Couserans)
- les Bigerionnes (Basse-Bigorre)
- les Huronenses (Olorn)
- les Benarnenses (Béarn)
- les Tarbelli (Dax)
- les Tarusates, plus tard Aturenses (Aire)
- les Sotiates (Sos)
- les Elusates (Eauze)
- les Auscii (Auch)
- les Vasates (Bazas)
- les Convenae (Comminges)
D’abord spectateurs de la conquête de la gaule par les Romains, les Aquitains en devinrent les acteurs en 56 av. JC lorsque Crassus fut chargé par César de soumettre l’Aquitaine. Ce fut la célèbre bataille, suivie du siège de Sos où les Sotiates furent battus. Crassus poursuivit ensuite son œuvre qu’il mena à bien assez rapidement.
Ainsi, à l’exception des hautes vallées des Pyrénées occidentales, l’Aquitaine se trouva sous domination romaine.
La domination romaine
En 27 av. JC, Auguste réorganise l’administration de la Gaule en rétablissant la Narbonnaise et en divisant le reste de la Gaule en trois provinces : l’Aquitaine qui s’étend des Pyrénées et de l’Atlantique à la Loire, la Celtique qui comprend l’Armorique et la Belgique.
C’est au IIe siècle que les Ibères obtiennent leur séparation du reste de l’Aquitaine celtique. L’inscription d’Hasparren montre que neuf peuples ont été séparés des Gaulois. C’est la création de la Novempopulanie.
Le reste de l’Aquitaine va être divisé en deux parties : l’Aquitaine seconde, avec pour capitale Bordeaux et l’Aquitaine première, avec pour capitale Bourges.
La Novempopulanie comptera bientôt douze peuples mais n’en gardera pas moins son nom. En 297, Dioclétien divise la gaule en 120 cités réparties en 17 provinces. La Novempopulanie comprend alors 12 cités :
- Cité des Élusates (Eauze)
- Cité des Aquenses ou Tarbelli (Aqs, puis Dax)
- Cité des Lactorates (Lectoure)
- Cité des Convenae (Saint-Bertrand-de-Comminges)
- Cité des Consoranni (Saint-Lizier)
- Cité des Boïates (La Teste-de-Buch)
- Cité des Benarnenses (Lescar)
- Cité des Aturenses (Aire)
- Cité des Vasates (Bazas)
- Civitas Turba (près de Tarbes, chez les Bigerriones)
- Cité des Iluronenses (Oloron)
- Cité des Auscii (Auch)
Les populations empruntèrent beaucoup de choses aux vainqueurs romains et notamment leur langue. Ils parlèrent donc le latin, mais en le déformant donnant naissance à une langue nouvelle : le gascon. Parti des villes, le latin gagna de proche en proche les campagnes. Seules les populations du versant sud des Pyrénées échappèrent à la contagion et leurs descendants parlent encore la langue d’origine : le basque.
L’administration romaine assura l’ordre et la paix en Novempopulanie durant trois siècles environ. Puis la décadence de l’Empire Romain entraîna celle de la Gaule entière, préparant ainsi les invasions barbares.
Les Barbares
Les Vandales, les Alains et les Suèves, poussés à l’est par les Huns, traversent la frontière du Rhin dans les derniers jours de 406.
Ils ne font que passer en Novempopulanie qu’ils abandonnent, après l’avoir dévastée, en 409 pour s’installer en Espagne. Ils sont remplacés par les Wisigoths.
En 412, Ataulf obtient de l’empereur romain Honorius, en échange de ses services, un établissement en terre gauloise (voir Jordanes – Histoire des Goths). Ataulf est assassiné en Espagne en septembre 415 et est remplacé par Valia qui règnera de 415 à 418. Ce dernier négocie avec l’empereur Honorius qui lui donne la seconde Aquitaine et des villes voisines. Le nouveau royaume Wisigoth qui avait pour capitale Toulouse comprenait Poitiers, Angoulême, Saintes, Périgueux, Bordeaux et la Novempopulanie.
Il semble que les rois Wisigoths comprirent qu’il valait mieux ménager les populations autochtones qu’ils appelaient « les Romains ». Ainsi, l’organisation Wisigothe se mit en place et n’auraient été les problèmes de religion, tout aurait été parfait entre Gots et « Romains ».
Jusqu’à ce que Clovis, appelé par les évêques de Novempopulanie n’en débute la conquête. Les francs battirent Alaric II, roi des Wisigoth, à la bataille de Vouillé en 507. Les goths ne conservèrent que la Narbonaise ou Septimanie et la Novempopulanie passa sous contrôle franc.
Les Francs
La domination franque n’a pas apporté grand chose à la Novempopulanie si ce n’est la misère et l’anarchie. Le VIe siècle n’est qu’une longue suite de guerres civiles, de dévastations par des bandes armées, de brigandages sur un fond de raids des Vascons venant des zones sud des Pyrénées.
Les famines amènent les épidémies et dans l’imaginaire de l’époque le règne du diable semblait arrivé.
Une vaine tentative de se mettre sous la protection d’un roi prétendu mérovingien, Gondewald, avorta en 586 après le siège de Lugdunum Convenarum. Au VIIe siècle, la domination franque, sous la pression, semble-t-il, de phénomènes sociaux accomplis silencieusement, disparaît.
Un autre envahisseur se préparait de l’autre côté des Pyrénées : le peuple des Vascons !
Les Vascons, protégés par l’accès difficile de leurs montagnes, étaient restés indépendants sur le versant sud des Pyrénées occidentales. Ibères non latinisés, ils avaient gardé leur langue et leurs religions. En 587, ils sortent de leurs retraites et envahissent les plaines de l’Adour et de la Garonne. Leur progression dure jusqu’en 602 où les deux fils de Childebert II, Thodebert II, roi d’Austrasie et Thierry II, roi de Burgondie les vainquirent et leur imposèrent un duc en la personne de Genialis.
La Vasconie
L’autorité de Genialis, comme celle de son successeur Aighinan était plus ou moins effective puisqu’en 626 les Vascons semblent s’en être soustrais à la suite d’une révolte. Ils sont, en effet, indépendants à la mort de Clotaire II, en 628, lorsque son fils Caribert reçut en partage le royaume de Toulouse. La Vasconie faisait certes partie du royaume que son frère aîné Dagobert avait créé pour lui, mais il dut en faire la conquête. Cette dernière s’achevait à peine lorsqu’il mourut, bientôt suivi dans la tombe par son fils et successeur Chilpéric.
Dagobert, devenu seul maître de la Vasconie, eut à combattre une révolte des basques en 635. Les Vascons firent alors allégeance à Dagobert.
Les rois fainéants qui lui succédèrent ne s’intéressèrent guère à la Vasconie qui, avec l’Aquitaine, reprit peu à peu son autonomie. Le pouvoir franc, trop occupé à se battre contre la Neustrie, puis contre les germains laissa s’installer un nouvel ordre.
Entre 660 et 670, suite à l’alliance entre Aquitains et Vascons, le royaume de Toulouse reparut quoiqu’en cachant son nom, par le choix comme chef de Félix, patrice de Toulouse. Il fut remplacé vers 670, par Lupus, duc d’Aquitaine et de Vasconie qui mourut en 710.
Son successeur, Eudes, alias Odon ou Huon de Bordeaux, était sans doute son fils. Son avènement coïncida avec l’arrivée des Arabes en Espagne et il eut à les combattre jusqu’à ce qu’Abd-el-Rahman le vainquit à Bordeaux en 732. Mais l’alliance avec Charles Martel permit de battre les envahisseurs à Poitiers et de les repousser jusqu’en Espagne.
Eudes eut, semble-t-il, cinq enfants :
- une fille, Lampagnie qui avait épousé Manusa, général Maure qui aspirait à se libérer de la tutelle d’Abd-el-Rahman et qui, trahi, trouva la mort non loin de Puigcerdá ; Lampagnie dut à sa grande beauté d’aller finir ses jours dans le harem du sultan de Damas.
- quatre fils :
- Hunald, l’aîné,
- Remistan, dont l’histoire n’a gardé que quelques traces,
- Hatton, qualifié de duc d’Aquitaine et qui semble avoir possédé le Poitou et le Limousin,
- Loup.
A sa mort, en 735, sa dépouille fut enterrée au monastère de l’Île de Ré et Hunald lui succéda, refusant de prêter serment de fidélité à Charles-Martel. Une longue lutte s’ensuivit, obligeant Hunald à abdiquer en 745, date à laquelle son fils Waïfre reprit le flambeau. Assassiné en 768, ce dernier était en passe de rendre les armes à Pépin le Bref.
L’Aquitaine repassait sous domination franque et les Vascons élisaient Loup II, fils d’Eudes, alors âgé d’environ 53 ans, comme duc. Hunald II, fils de Waïfre, ayant tenté de soulever l’Aquitaine contre Charlemagne, et Loup II lui ayant donné refuge en 769, ce dernier fut obligé par Charlemagne de lui livrer le fugitif pour éviter l’invasion de la Vasconie.
Charlemagne devenait ainsi maître de l’Aquitaine et de la Vasconie, du moins le pensait-il puisque c’est à cette époque, en 778, que se situe l’épisode de Roncevaux où l’arrière garde de son armée qui revenait, après avoir détruit les murailles de Pampelune (Iruñea) –laissant ainsi la ville à la merci des maures- fut décimée par les basques.
Le Royaume d’Aquitaine
En 781, Charlemagne fit sacrer son troisième fils, Louis alors âgé de trois ans, roi d’Aquitaine. Ce nouvel état comprenait l’Aquitaine proprement dite ainsi que la Vasconie et avait pour capitale Toulouse. L’administration en était assurée par Guilhem, comte de Toulouse et duc d'Aquitaine (à l'époque, cela désigne un chef militaire).
Les Vascons avaient élevé au pouvoir, après la mort de Loup II (1, à partir de lui, nous numéroterons, entre parenthèse et en chiffre arabe, les ducs et princes qui se sont succédés), l’un de ses fils Sants-Loup (2) qui reconnut la suzeraineté de Charlemagne et prit part, contre son sentiment mais par fidélité, à l’expédition organisée par le roi d’Aquitaine contre Barcelone en 801. Mais cette reconnaissance fut de courte durée puisqu’en 802 Pampelune avait fait allégeance à l’émir de Cordoue.
Toujours est-il qu’en 812, après une révolte menée par Semen-Loup (3), frère aîné de Sanche-Loup (2) qui l’avait remplacé à sa mort, une nouvelle expédition de Louis arriva, en passant par Dax jusqu’à Pampelune. Louis prit la précaution, cette fois-ci, au retour par Roncevaux de s’emparer d’otages qu’il ne libéra qu’une fois arrivé dans une zone sûre où son armée ne risquait plus d’embuscade.
A la mort de son père, Louis le Débonnaire (ou le Pieux) devint empereur et associa ses fils au gouvernement. Il donna en 817 à Pépin d’Aquitaine, la Gascogne, la Marche de Toulouse et une partie de la Septimanie et de la Bourgogne.
Pendant ce temps, dans le duché de Vasconie, l’un des fils de Semen-Loup (3) était devenu prince en 816. Mais Garcia I-Semen (4) mourut en 818, remplacé, à son tour, par un cousin germain, Loup III-Centulle (5). En 819 ce dernier fut dépouillé de ses biens par Pépin Ier qui le bannit. Cependant, pour se concilier les Vascons, il leur donna pour chef Aner-Sants (6), fils de Sants-Loup (2), qui l’aida à combattre les révoltes navarraises. C’est l’époque du comté de Vasconie citérieure qui sera érigé en duché de Gascogne en 852.
Ce comté, puis duché de Vasconie devait revenir, à la mort d’Aner-Sants (6) en 836, à son frère Santz-Santz (7) lui même remplacé, à sa mort vers 864 par son neveu Arnaud (8) qui était le fils de sa sœur Sancia et de Emenon, comte de Poitiers, puis d'Angoulême. Arnaud mourut en 864 et la succession des ducs gascons est en rien très claire. Une légende affirme qu'en 872, les Gascons nommèrent comme comte, Santz Mitarra, un fils d'un comte de Castille. Ce Santz Mitarra serait l'ancêtre des futurs ducs et comtes de Gascogne qui se sont succédés jusqu'en 1032, date de la mort du dernier prince de cette famille.
Les comtes de Gascogne
La chronologie difficile à déméler des ducs et comtes de Vasconie devient un peu plus claire à partir de Sants Mittara (9).
Son fils Gassie-Sants (10) dit le Courbé le remplaça à la tête de la Gascogne avant 893. Il eut trois fils, Sants-Gassie (11) qui lui succéda vers 930 dans un duché amputé des parts de ses frères, Guilhem-Gassie, tige des comtes de Fezensac et d’Armagnac et Arnaut-Gassie, tige des comtes d’Astarac.
Sants-Gassie (11) eut, semble-t-il, au moins trois fils :
- Sants, Guilhem et Gombaut,
Sants–Sants (12) ne laissant aucun enfant, son frère Guilhem-Sants (13) lui succéda vers 961 et régna sur la Gascogne jusqu’en 996 au moins. Il eut, de sa femme Urraca, fille de Garcia-Sancho, roi de Pampelune cinq enfants : Bernat-Guilhem, Sants-Guilhem, Brisce, épouse de Guillaume V de Poitiers, comte de Poitiers, duc d’Aquitaine, Garsende, épouse d’un grand seigneur de Bourgogne et Toda, femme de Bernard Ier, comte de Besalu.
Bernat-Guillaume (14), duc de Gascogne et comte de Bordeaux, étant mort le 25 décembre 1009 sans laisser de postérité, le pouvoir échut à son frère Santz-Guilhem (15) qui le garda jusqu’à sa mort, le 4 octobre 1032.
Son neveu, Eudes ou Odon de Poitiers (16) hérita du duché de Gascogne puis du comté de Bordeaux. Il mourut en 1039 et Bernat (17) dit Tupamaler, comte d’Armagnac fut reconnu comte de Gascogne
Bernat était, en effet, le petit fils de Brisce de Gascogne et était donc le descendant le plus direct de Guilhem-Sants (13) au sens de la coutume. Mais le frère d'Eudes, Guy-Geoffroy ou Guillaume VIII, duc d’Aquitaine lui contesta le pouvoir, étant devenu comte de Bordeaux vers 1044 . Après nombre de péripéties, les Poitevins l’emportèrent à la bataille de la Castelle en 1063. Guy-Geoffroy, plus connu sous le nom de Guillaume VIII d’Aquitaine fut suivi par Guillaume IX, le fameux troubadour, puis par Guillaume X de Poitiers qui mourut en 1137, laissant la couronne d’Aquitaine à sa fille Aliénor.
En 1152, par le mariage d’Aliénor avec Henri II Plantagenêt, comte d’Anjou et duc de Normandie, le duché d’Aquitaine et celui de Gascogne furent unis à l'empire Plantagenêt qui comprenait l'Angleterre, la Normandie, l'Anjou-Maine-Touraine.
En réalité, il ne restait plus grand chose de la Gascogne de Sants Mittara, elle même déjà réduite par rapport à la Novempopulanie par la création du Comté de Comminges (Xe siècle) comprenant alors le Couserans. Les partages successifs entre les descendants du Courbé virent la création d’une mosaïque de seigneuries indépendantes qui reconnaissaient, ou non, la souveraineté des ducs suivant les circonstances et les alliances du moment.
L'histoire de la Gascogne unie comme territoire politique s'arrête là, mais pas l'histoire de la Gascogne médiévale. On pourrait dire qu'au niveau politique, il y a des « Gascognes ». Mais la principale division sera celle entre une Gascogne occidentale, située autour de Bordeaux, de Dax et de Bayonne, unie à l'Angleterre (jusqu'en 1451/1453) et une Gascogne occidentale, située autour des comtés d'Armagnac et de Bigorre, qui sera pro-française pendant la guerre de cent ans.
Géographie de la Gascogne
Les villes les plus importantes sont :
La Gascogne s'appuie sur les contreforts montagneux des Pyrénées et s'ouvre sur le golfe de Gascogne. La grande masse de la forêt des Landes occupe une place centrale dans l'espace géographique de la Gascogne actuelle.
