Front de libération de la Bretagne

Front de Libération de la Bretagne – Armée Révolutionnaire Bretonne

L’ARB : Branche armée du Front de Libération de la Bretagne

Trois époques :

Le FLB-ARB est une organisation qui se situe en continuité du mouvement terroriste breton Gwenn ha Du (terrorisme) des années 30. Cependant pour Morvan Lebesque, « Gwenn-ha-Du, honni de la population, opérait en desperado, économisait ses attentats et fuyait une police peu nombreuse qui ne réussit jamais à le découvrir ; le FLB, lui, téléphonait pratiquement ses coups dans un pays quadrillé par les Renseignements. » Les clivages politiques restent très relatifs : les indépendantistes de droite du POBL (Parti pour l'organisation d'une Bretagne libre) se sont déclareront « solidaires des militants bretons qui s'attaquent aux symboles de l'autorité illégitime de l'Etat de non-droit français en Bretagne », représentés par l'ARB, étiqueté à l'extrême gauche.

A plusieurs reprises, le mouvement nationaliste breton a eu tendance à suspecter l'État d'une « stratégie de manipulation et de provocation » en invoquant deux précédents : les infiltrations-manipulations de la DST au sein du FLB des années 60 et l'affaire des paillotes en Corse.

Sommaire

Première époque : 1966-1971

Le sigle du FLB apparaît pour la première fois en 1965. Le FLB-ARB naît en 1966 et se fait remarquer par une série d’attentats (env. 30) en Bretagne contre des symboles de l’Etat français (édifices publics, préfectures, casernes de gendarmerie, bureaux de perception…). En 1966, un communiqué du mouvement clandestin est publié dans le journal fédéraliste L'Avenir de la Bretagne de Yann Fouéré, en adoptant un ton et un style proches de ceux des déclarations irlandaises. « Nous reprenons le combat progressiste et révolutionnaire que chaque génération de Bretons a entrepris pour la liberté de la Bretagne et pour le droit des Bretons à rejeter le statut colonial afin de se gouverner lui-même. »

Rapidement, le FLB qui, par analogie avec l'IRA, donne à sa force de frappe le nom d'ARB (Armée républicaine bretonne), durcit ses actions. Une cinquantaine de militants sont arrêtés en 1969, dont Jean Bothorel et emprisonnés à la « Santé » avant de bénéficier d’une amnistie électorale 6 mois plus tard. Ces militants appartiennent aux organisations traditionnelles du combat breton qui à cette époque était largement encrées à droite (parmi ceux-ci on trouve quelques curés). Entre décembre 1968 et janvier 1969, les premiers réseaux sont démantelés, mais devant l'ampleur du mouvement et de son ancrage dans toutes les catégories de la population, le pouvoir prend peur. Lors de son Tro Breizh (tour de Bretagne), le général De Gaulle donne l'ordre de mettre fin aux arrestations, « surtout de prêtres ! »

Le mouvement breton était « nationaliste de droite » et son combat portait sur les thèmes suivants : - la colonisation forcée de la Bretagne par la France (ruine de l’économie bretonne à compter du XVIIIe siècle) ; - la revendication du strict respect du traité de 1532 liant la Bretagne à la France. « Lequel traité est bafoué depuis la révolution de 1789 » et la fameuse nuit au cours de laquelle fut votée par les députés du tiers état l’abolition de tous les privilèges.

De nombreux attentats à la bombe sont perpétrés contre des préfectures, des perceptions, des monuments et locaux administratifs, des casernes, des gendarmeries, tout ce qui peut représenter l'« État français » en Bretagne.

Le FLB « historique » a disparu de la circulation depuis ce procès pour renaître de ces cendres quelques années plus tard. L'ensemble de l'Emsav (mouvement breton), à l'exception notable de l'UDB (Union démocratique bretonne), refuse de condamner le FLB, et la population sourit au spectacle des perceptions volatilisées.

Deuxième époque : 1972 à 1996

L’ARB devient « révolutionnaire » et on assiste à un changement d’orientation politique, le combat breton s’ancre à gauche. De nombreux attentats sont commis à compter de Janvier 1972. Les cibles évoluent.

Les attentats touchent alors les symboles du grand capital français qui colonise la Bretagne (maison de vacances de Bouygues 1972), les bulldozers parisiens destinés à construire des autoroutes et à faire tomber les talus (remembrement) ainsi que l’omni-présence des médias parisiens qu'elle considère comme des « moyens d'oppression culturelle » (antenne du Roc’h Trédudon en 1974) ainsi que les cibles traditionnelles. Ces attentats apparaissent dans un contexte de profonde crise de la société bretonne . La Bretagne connut en effet en 1972 de très violentes manifestations (grève du lait, grève du joint français, grève des batignoles à Nantes...) au cours desquels la société bretonne se mobilisa pour exprimer sa détresse face à l’appauvrissement la Bretagne (désertification et remembrement), sa colonisation ("joint francais" dont les salaires étaient inférieurs de 20% au reste de la France) et au vieillisement de la population (exode rural). Pour la première fois les agriculteurs et les ouvriers mènent le même combat : SLOGAN DE 1972 : JOINT FRANÇAIS-LAIT-FLB :MEME COMBAT.

Onze militants sont arrêtés en octobre 1972 et jugés pour la première fois par la cour de sûreté de l’Etat, pour « infraction en relation avec une entreprise individuelle ou collective consistant à substituer une autorité illégale à l'autorité de l'État » . Au procès, l'Etat français se voit montré du doigt par les activistes et les dizaines de témoins de moralité comme le général de la Bollardière venus les soutenir. Le procès a été l'occasion de dénoncer un Etat français hyper centralisé refusant de reconnaître ses minorités nationales. Au même moment, Glenmor, l'auteur du kan bale an ARB (chant de marche de l'ARB) remplit la salle de la Mutualité, à Paris, lors d'un gigantesque gala de soutien. Les 11 Bretons qui comparaissent devant la Cour de sûreté de l'Etat (créée en 1963 suite à la guerre d'Algérie) sont condamnés à des peines de prison avec sursis, et relâchés immédiatement.

Le combat breton est alors mis sous les projecteurs pour se poursuivre pendant les années 70 avec un pic en 1975 (10 attentats dont la centrale nucléaire de Brennilis). Cette époque est marquée par le décès de Yann-Kel Kernaleguen tué par sa propre bombe à Chateaulin (Christian le Bihan en 1985).

Le 14 février 1974, la destruction du relais émetteur de télévision de Roc-Trédudon (Finistère), attribué au FLB sans preuves convaincantes, permet au ministre de l'Intérieur de dissoudre l'organisation tout en durcissant la répression.

Il faut attendre 1978 et l'attentat du Château de Versailles, et l'intensification des campagnes de l'organisation bretonne pour voir la justice durcir le ton. Les attentats ainsi que les procès se succèdent jusqu’en 1981. En 1976, Didier Patte est arrêté sur un mandat d'un juge de Rennes, au sujet d'un transit d'armes par le port du Havre. La police était persuadée que le Mouvement Normand servait de base d'approvisionnement à l'organisation clandestine bretonne.

Les 19 militants encore emprisonnés en 1981 sont amnistiés par François Mitterrand et le FLB-ARB voit son activité réduire malgré quelques coups d’éclats dont l’attentat contre la cité judiciaire de Rennes en 1996. La plupart des affranchis décidèrent alors de se ranger et certains d'entre eux intégrèrent même l'Union démocratique bretonne (UDB), mouvement autonomiste breton condamnant la violence et participant au scrutin électoral.

Troisième époque (depuis 1996)

Ce dernier attentat marque l’apparition d’un troisième FLB-ARB dont les mobiles ainsi que les chevilles ouvrières ont changé. Cette 3e génération commet onze attentats. A compter de la fin des années 90, on assiste à une reprise des attentats revendiqués par une Armée révolutionnaire bretonne dont les liens et la filiation avec le FLB des années 70 n'apparaissent pas clairement. Les artificiers de l'ARB frisent l'amateurisme et les fréquents ratages. Cependant cette thèse sur l'amateurisme de l'ARB ne permet pas d'expliquer les prouesses de Belfort, de Cintegabelle, du vol de Pléven. Toutes les hypothèses fleurissent :

Le 28 septembre 1999 : L'ARB, avec l'ETA effectue le vol de 8,5 tonnes de dynamite et de 11 kilomètres de cordeau dans une usine d'explosifs de la société Titanite, à Pléven, en Côtes-d'Armor. Les relations d'entraide entre clandestins basques et activistes bretons sont anciennes: la région bretonne sert depuis des décennies comme planque aux terroristes basques en cavale et les derniers gros ennuis judiciaires des militants bretons résultaient principalement de cette hospitalité. Le gouvernement espagnol estime toujours qu'une partie de la direction de l'ETA est cachée en Bretagne.

Suite à cette affaire, le nationaliste Denis Riou est incarcéré mis en examen pour avoir hébergé les Basques de Plévin (selon lui à la demande de Charlie Grall). Pendant son emprisonnement, les attentats redoublent, jusqu'à celui de Quévert et la mort de Laurence Turbec, qui fera parcourir une onde de choc dans les terres bretonnes. le choc va être immense et la condamnation unanime (ex. La Bretagne,c'est la vie du Conseil Culturel de Bretagne). Les élus vont mettre fin à une « tolérance amusée pour un folklore militant marginal, mais jusqu'alors considéré comme inoffensif, voire sympathique, ils découvrent à cette occasion qu'ils ont parfois laissé prospérer le pire ». Ils faisaient sourire avant Quévert. Ils sont rejetés depuis.

Liste des attentats et protagonistes

Année 1966

Année 1967

Année 1968

Année 1971

Année 1972

Année 1974

Année 1975

Année 1976

Année 1977

Année 1978

Année 1979

Année 1980

Année 1983

Année 1984

Année 1985

Année 1988

Année 1994

Année 1995

Année 1996

Année 1998

Année 1999

Article connexe : Affaire de Pléven

Année 2000

Bibliographie

Voir aussi

See also: Front de libération de la Bretagne, 10 décembre, 11 mars, 12 novembre, 13, 14, 14 août, 14 février