Arpitan
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Définition
L'arpitan, ou francoprovençal constitue l'une des trois grandes langues romanes de France avec l'occitan (langue d'oc) et le français (langue d'oïl). Cette langue connaît de nombreuses variations locales. Son déclin continue, mais son expression s'est maintenue avec un accent et des formes lexicales propres. (accents suisse, savoyard, lyonnais, dauphinois...)
La dénomination de francoprovençal est un terme créé par un linguiste du XIXe siècle. Il correspond à une langue qui fut parlée sous une déclinaison de différents dialectes. À mi-chemin entre le groupe des langues d'oïl (d'où le nom de franco) et le groupe des langues d'oc, (d'où le nom de provençal), il n'en est pas pour autant un mélange de français et d'occitan, mais il constitue un groupe linguistique roman distinct. L'appellation originelle de franco-provençal est désormais écrite sans trait d'union afin d'en éviter la confusion et de souligner le caractère indépendant du francoprovençal (auxquels certains préfèrent 'Arpitan' car sans connotation aux langues d'oil ni d'oc)
Aire de diffusion de l'Arpitan
Francoprov.GIF
Le territoire linguistique du francoprovençal est délimité, tout en les englobant, par les régions suivantes (dans le sens des aiguilles d'une montre)
en France
- la majeure partie de Rhône-Alpes, soit : le Forez (département de la Loire), la Bresse, la Dombes, le Bugey, Lyon, le Dauphiné, la Savoie et une partie de la Franche-Comté;
en Suisse
- il couvre tout l'espace romand à l'exception de la frange Nord du canton du Jura qui fait partie des parlers d'oil.
en Italie
- son aire linguistique est la vallée d'Aoste (à l'exeption de la vallée Walser de Gressoney) . Il concerne aussi les hautes vallées piémontaises avec les communes suivantes :
Ala di Stura, Alpette, Balme, Cantoira, Carema (Carème), Castagnole Piemonte, Ceres, Ceresole Reale (Cérisoles), Chialamberto (Chalambert), Chianocco (Chanoux), Coassolo, Coazze, Corio, Frassinetto, Germagnano (St-Germain), Giaglione (Jaillons), Giaveno, Gravere (Gravière), Groscavallo, Ingria, Lanzo torinese (Lans), Lemie, Mattie, Meana di Susa, Mezzenile, Monastero di Lanzo, Noasca, Novalesa (Novalaise), Pessinetto, Pont Canavese, Ronco Canavese, Rubiana, Sparone, Susa (Suse), Traves, Usseglio (Ussel), Valgioie (Valjoie), Valprato Soana (Valpré), Vénaus, Viù (Vieu).
Les vallées plus méridionales du Piémont sont occitanes.
La relative rareté du corpus écrit provient essentiellement de la « francisation » précoce des grands centres urbains et culturels de l'aire francoprovençale, parmi lesquels Lyon, Genève, Grenoble.
Généralement appelé « patois », il a longtemps été socialement déconsidéré, au même titre que les dizaines d'autres patois qui faisaient la richesse linguistique de la France. Demain, sa disparition est avancée en France et en Suisse (sauf, peut-être dans des zones isolées du canton du Valais), bien qu'il se soit maintenu en Val d'Aoste pour des raisons politiques et historiques. Toutefois, le « patois » (ainsi dénommé par les valdôtains eux-mêmes) regresse considérablement à Aoste et dans la vallée de la Doire baltée ; il se maintient plus aisément dans les localités des vallées latérales (Cogne, Champorcher, Valsavaranche…), moins cosmopolites, où l'idiome participe également d'une certaine revendication identitaire, dans la lignée de l'action d'Émile Chanoux.
Historique
En 1873, le linguiste Ascoli a défini le francoprovençal en ces termes : « J'appelle franco-provençal un type linguistique qui réunit, en plus de quelques caractères qui lui sont propre, d'autres caractères dont une partie lui est commune avec le français et dont une autre lui est commune avec le provençal, et qui ne provient pas d'une tardive confluence d'éléments divers, mais au contraire atteste de sa propre indépendance historique, peu différente de celle par lesquelles se distinguent entre eux les autres principaux types romans ». Historiquement il s'agit pour les trois-quarts des territoires définis comme faisant partie de l'ancienne Allobrogie pré-romaine.
Morphologie
Ces langues sont souvent attestées dès le XIIe siècle, mais sont peu écrites et restent avant tout un véhicule oral. Au XIIIe siècle, avec l'abandon du latin comme langue de rédaction, apparaissent les premiers textes officiels comme des actes notariés ou des testaments. Il subsite néanmoins au moins un long texte du XIIIe siècle écrit en francoprovençal lyonnais, la Vie de sainte Béatrice d'Ornacieux, dû à Marguerite d'Oingt, dont voici un extrait :
« § 112 : Quant vit co li diz vicayros que ay o coventavet fayre, ce alyet cela part et en ot mout de dongiers et de travayl, ancis que cil qui gardont lo lua d'Emuet li volissant layssyer co que il demandavet et que li evesques de Valenci o volit commandar. Totes veys yses com Deus o aveyt ordonat oy se fit. »
Liste des dialectes de la langue arpitane
Bibliographie
- Certains textes valdôtains ont été collectés dans le recueil « Tobie de Brissogne » aux éditions Musumeci, Quart (AO).
- « Manuel pratique de philologie romane » Pierre Bec (Ed. Picard, Paris 1971), ébauche, p. 357 et seq., une analyse philologique du francoprovençal. Les dialectes alpins ont été plus particulièrement étudiés par
- « Atlas linguistique et ethnographique du Jura et des Alpes du nord » (ALJA), Gaston Tuaillon, co-auteur, avec Jean-Baptiste Marti (éditions du CNRS). Gaston Tuaillon est également l'auteur de nombreux articles et monographies (cf. savoyard).
Voir aussi
Liens internes
Liens externes
- Dictionnaire Freelang - Dictionnaire arpitan savoyard-français/français-arpitan savoyard.
- Dictionnaire lyonnais
- Dictionnaire du Dauphinois septentrional
- Carrefour culturel arpitan - magazine, informations, débats
