Français de Belgique
Il ne faut pas confondre le français de Belgique et le wallon, le premier est très proche du français de France tandis que le Wallon diffère nettement plus.
Français (de Belgique ou de France) et Wallon sont des langues d'oïl, au même titre que le le picard (également parlé en Belgique) ou le normand.
Le français de Belgique se différencie peu de celui de France ou de Suisse (voir Français de Suisse). Il se caractérise par des archaïsmes, des belgicismes, des wallonismes, des bruxellismes et des accents.
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Les belgicismes
Ce sont des faits de langues propres au français de Belgique. On les retrouve dans toutes les régions francophones du pays. Ce sont soit des archaïsmes : septante (soixante-dix), nonante (quatre-vingt dix), à tantôt (à tout à l'heure)... Des wallonismes qui se sont répandus aux autres régions : avoir facile (n'avoir aucune difficulté)... Ou des emprunts au néerlandais : une dringuelle (des étrennes, du néerlandais drink geld, pourboire).
Exemples
Outre les exemples cités plus haut :
- Avoir difficile : avoir des difficultés (wallonisme)
- Blinquer : briller (du néerlandais blinken)
- Aller à la toilette : aller aux toilettes
- Aller à la cour : aller aux toilettes
- Dame de cour : préposée aux toilettes (la célèbre madame pipi)
- Nenni hein ! : non ! (archaïsme)
- Oufti ! : [exclamation vive] (wallonisme)
Ces belgicismes peuvent également se retrouver dans la grammaire :
- Jouer football : jouer au football (du nérlandais voetball speelen)
Les wallonnismes
Ce sont des faits de langues propres au français de Wallonie. Ce sont, soit des mots wallons passés tels quels, ou transformés, dans la langue française régionale (chien de corotte, de Tchin d'corot' , littéralement un chien de gouttière, c'est-à-dire un chien bâtard), ou des expression wallonnes traduites littéralement (avoir facile de aveûr âxhèye, ne pas avoir de difficultés)
Les bruxellismes
Faits de langues propres au français de Bruxelles-Capitale. Ces bruxellismes viennent de l'histoire même de Bruxelles. Avant le milieu du XIXe siècle, la ville était d'expression flamande. Il en reste, l'utilisation du diminutif flamand -ke (Marieke pour Marie, le manneken-pis (littéralement le petit homme qui pisse) ou néerlandais -je (ketje, p'tit gars), l'utilisation d'un vocabulaire flamand (un ket, un gars, une pintje, un verre de bière), ou la traduction littérale d'expression flamande (le célèbre une fois, traduction littérale du mot néerlandais eens (kom eens hier!: viens un peu ici!)).
Les accents
On retrouve principalements trois grandes familles d'accents, l'accent bruxellois, l'accent picard et l'accent wallon.
L'accent bruxellois est le plus célèbre, c'est le fameux accent belge des histoires belges. C'est en fait du français prononcé avec un léger accent flamand.
L'accent picard est le même que celui que l'on retrouve dans le nord de la France. En Belgique, on le retrouve dans la partie occidentale du Hainaut (Mons, Ath et Tournai).
On peut distinguer différents accents wallons : l'accent carolorégien (Charleroi), l'accent namurois, l'accent ardennais et l'accent liégeois. Ce dernier est de loin le plus prononcé.
Les Wallons ont tendance à ne pas prononcer la dernière syllabe : prende pour prendre. Ils ont tendance à faire traîner les voyelles : Liyéche pour Liège. Un « i » précédé d'une consonne et suivi d'une voyelle se prononce « ch » ou « j » : Tcherè pour Thierry et Didjé pour Didier.
Le « i » se prononce entre le « i » français et le « è » français.
