Fétiaux
Le collège des Fétiaux est un collège de prêtres de la Rome antique.
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Création
Bien que religieux dans la forme, il a surtout un rôle politique comme beaucoup de collèges de prêtres romains. Il était chargé de veiller à la bonne application du ius gentium, le droit international de l'époque, afin de maintenir la pax deorum, l'alliance entre les dieux et Rome. Les rapports de la cité romaine avec l'extérieur ont été placé sous la protection des dieux, selon la légende, par Numa Pompilius, qui a créé ce collège. La tradition romaine lui attribue ainsi la plus grande part de l'organisation religieuse de la cité, mais au moins sur ce point, il est certain que ce n'est pas possible. Ceci entre en contradiction sur plusieurs points avec la tradition annalistique romaine. De plus, le ius fetiale, issu de leur activité, est spécifiquement Latin, est ne porte aucune trace d'influence étrusque.
La reconstitution chronologique en détail de la tradition des Fétiaux est impossible. Mais, comme toutes les créations romaines, c'est une institution pratique, créée pour répondre à un besoin précis.
Rôle et activité
Déclaration de guerre
La fonction des Fétiaux, contrairement à ce que prétend Denys d'Halicarnasse, n'est pas d'éviter la guerre. Ils ne le firent d'ailleurs qu'une fois. Elle est de présenter la guerre comme juste et légitime, et conforme à la tradition. Ceci explique le faible nombre d'interventions des Fétiaux au cours de l'histoire romaine. De toute façon, les Romains n'étaient pas particulièrement pacifiques : les portes du temple de Janus n'ont ainsi été fermées que deux fois de Numa Pompilius à Auguste, une fois au IVe siècle av. J.-C. et une fois en 34 av. J.-C. pour trois mois.
C'est d'ailleurs Tullus Hostilius, le roi le plus belliqueux de l'histoire romaine, qui a mis au point les conditions techniques de déclaration de guerre, qui permettent de déclarer ce qui est contraire à la justice et à la religion. Si tout est fait dans les formes, alors on a une bellum iustum, une guerre juste, et la victoire est nécessairement acquise aux Romains, puisqu'il y a une adéquation totale avec la façon religieuse de déclarer la guerre, conforme à la volonté des dieux. La seule explication de la défaite devient alors le non-respect des rites, et non une infériorité quelconque des Romains.
Les réparations
Après Tullius Hostilius, Ancus Martius a introduit une nouvelle procédure : la rerum repetitio (la réclamation des choses). Elle codifie la demande de réparation de dommages causés à l'ensemble du peuple romain. Elle fut efficace une fois, avec la restitution d'un territoire contesté.
La sacralisation des traités
Les Fétiaux avaient également pour fonction de rendre sacer les traités, c'est-à-dire tabous et sous la protection de Rome. Le terme est cependant ambigu, il sert aussi à désigner les prodiges, comme les enfants nés anormaux, qu'il ne faut pas toucher et qui ne doivent pas rester sur le territoire de Rome (on les abandonnait au Tibre).
Seuls deux traités ont été sacralisés par les Fétiaux, celui avec Albe (le plus ancien), et celui de Zama, en 201 av. J.-C.. Il s'agit là du dernier déplacement des Fétiaux hors d'Italie.
Interventions
- Royauté : 2 interventions pour chaque règne
- Ve siècle av. J.-C. : 5
- IVe siècle av. J.-C. : 9
- IIIe siècle av. J.-C. : 5
- IIe siècle av. J.-C. : 2 (pour de simples consultations)
- Ier siècle av. J.-C. : 0 jusqu'à leur utilisation par Octave pour la déclaration de guerre à Antoine et Cléopâtre.
Les Fétiaux n'intervinrent pas pendant près d'un siècle et demi, et même plus si on exclue les interventions du IIe siècle, c'est-à-dire à l'époque où la conquête romaine se fait. Le Ve siècle n'est pas au contraire le plus belliqueux.
Si l'activité des Fétiaux s'éteint ainsi, c'est probablement que la supériorité militaire de Rome la dispense aussi bien de la guerre juste que des traités honorables (Fœdus æqum).
