Ferdinand Magellan
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Ferdinand Magellan (Sabrosa (Portugal), printemps 1480 - île Mactan (Philippines), 27 avril 1521) était un navigateur et explorateur portugais.
Au XVe siècle, le fait que la Terre était ronde n'était certainement pas de notoriété publique. Bien que Christophe Colomb avant Magellan ait pu l'affirmer ou du moins s'approcher de cette vérité, le doute existait toujours. À cette époque également, l'Europe avait développé un goût pour les épices, peu communes dans la région, ce qui a développé l'intérêt de certains géographes, explorateurs et commerçants. L'un de ceux-ci, Magellan, croyait fortement qu'il pouvait trouver d'autres terres vers l'ouest, et même sur des terres que l'Espagne pouvait considérer siennes d'après le traité de Tordesillas. Il proposa donc initialement ses services au roi de Portugal. Il faut se rappeler qu'en ces temps éloignés, des commandites était nécessaires pour envisager des expéditions d'aussi grande durée.
Le roi de Portugal n'a pas semblé être très impressionné par les arguments de Magellan. Magellan fit donc la même proposition au roi d'Espagne, Charles Quint (Charles Ier d'Espagne), qui à ce moment n'était qu'un adolescent (il n'avait que 18 ans), avec toutefois beaucoup de responsabilités ; ce dernier fut convaincu par les arguments de Magellan.
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Le voyage du tour du monde
Vraiment elle est ronde
Le roi accorde donc à Magellan, une somme assez intéressante afin qu'il mène à bien son aventure. Il y avait au XVe siècle, beaucoup d'explorateurs et de géographes, provenant du Portugal, tellement que ceux-ci, tout comme Magellan et Christophe Colomb durent s'exiler pour pouvoir trouver les fonds afin de vivre leurs aventures. Nous avons donc ici un problème de taille, car ces deux amiraux, l'un portugais, l'autre génois, devaient gérer une flottille (trois bateaux pour Colomb, cinq pour Magellan) de marins et de capitaines espagnols. Les conflits étaient à prévoir et, dans le cas de Magellan, il n'ont pas tardé. Ils lèvent donc les voiles vers l'actuelle Indonésie en naviguant vers l'ouest pour contourner l'Amérique en septembre 1519, avec près de 240 hommes d'équipages sur cinq bateaux. Magellan à ce moment a 39 ans. Bien que le continent américain eût déjà été découvert, il ne faut pas oublier que Colomb était un contemporain de Magellan, en revanche, lors de la découverte des Amériques, Magellan n'avait que 12 ans.
Il y avait en Amérique plusieurs colonies portugaises déjà établies, principalement dans la région du Brésil actuel.
Les écueils
Des cinq capitaines de l'expédition, il semblerait qu'au moins trois ne partagent pas les mêmes vues que Magellan, à un point tel que certains veulent tuer Magellan. À bord de cette expédition, il y a un certain Antonio Pigafetta qui tient un journal du voyage et c'est grâce à lui que nous sont parvenues non seulement les informations sur les mutins mais le récit complet du voyage parce qu'il fit partie des 18 survivants. Après un bref séjour aux îles Canaries, le chef de la mutinerie, Juan de Cartegena, est fait prisonnier. Quatre mois passent et la flottille arrive près des côtes du Brésil en décembre. La flottille porte le pavillon espagnol et le Brésil est une colonie portugaise, c'est pour cette raison que Magellan décide de s'ancrer au large de ce qui est aujourd'hui Rio de Janeiro. On y fait un ravitaillement et on vogue ensuite en direction du sud pour essayer de contourner l'Amérique du Sud. Nous sommes en décembre 1519 et plus Magellan navigue vers le sud, plus il fait froid. Il fait trop froid et Magellan décide de passer l'hiver en Patagonie (Argentine). Pendant qu'il est là, une autre mutinerie s'organise. Cartegena était prisonnier sur le navire Victoria, dont le capitaine Luis de Mendoza décide de libérer Cartegena. Magellan peut, encore une fois, se défaire de ces mutins. Il abandonne Cartegena en Patagonie et exécute un autre capitaine mutin, Gaspar de Quesada. il pete de trop
Un naufrage
Durant l'été (l'hiver dans l'hémisphère Nord), Magellan décide d'envoyer un de ses navires en reconnaissance pour trouver le fameux passage qui l'amènerait à l'ouest de l'Amérique, vers l'océan Pacifique. Malheureusement le navire Santiago s'échoue en mai. Trois mois plus tard Magellan décide de repartir vers le sud avec les quatre navires restants. C'est en octobre que Magellan aperçoit le passage, vers l'ouest, qu'il nomme à ce moment le détroit de la Toussaint. Dans le dédale de fjords, cerné de falaises menaçantes, dans les eaux sinistres, les récifs et les hauts fonds, qu'il mettra plus d'un mois à traverser, l'histoire raconte que pendant la traversée du détroits, les marins aperçoivent de nombreux feux sur la côtes, il nomment donc cette côte la terre de Feu. Le détroit a été nommé plus tard détroit de Magellan, en son honneur. Un bateau s'échoue, un autre, le San Antonio, fait sédition et repart vers Séville avec une grande partie des vivres.
La famine
À l'époque de Magellan, la circonférence de la Terre n'est pas encore connue avec précision, malgré le travail de certains anciens Grecs. Magellan la croit beaucoup plus petite qu'elle n'est en réalité. Magellan croit qu'une fois le détroit traversé, il arrivera rapidement aux îles des épices. Une question de quelques jours. Il n'a aucune idée de l'immensité de l'océan Pacifique et durant toute sa traversée la plus directe possible, par malchance, il n'approche aucune des nombreuses îles parsemées dans les mers du Sud, à l'exception de deux atolls, baptisés las islas de los Tiburones (aujourd'hui, île Caroline Kiribati) où il ne put accoster.
L'eau n'est plus potable, les rations vont s'amenuisant, le biscuit même vient à manquer, l'équipage doit survivre en mangeant des rats. Sans fruits et ni vitamine C, le scorbut attaque l'équipage. Vers le mois de mars 1521, après quatre mois, ils arrivent donc à Guam où ils peuvent faire un bon ravitaillement incluant des fruits frais. Ils font voile par la suite pour les Philippines, et y parviennent le 28 mars.
Ils trouvent des paysages d'idylles, les épices, les oiseaux multicolores, des indigènes accueillants qui se laissent convertir sans difficulté (c'était aussi l'un des buts du voyage).
Là un petit roitelet, le rajah de l'île minuscule de Mactan, refuse de se plier à la loi des envahisseurs blancs, il affronte la dérisoire vanité de Magellan qui estime, lui, que soixante Portugais en armure avec des mousquets peuvent résister à des indigènes nus dix fois plus nombreux. Une pluie de flèches empoisonnées. L'une d'elles atteint Magellan, qui meurt là, dans quelques centimètres d'eau.
Le retour
Son successeur aux commandes de la flottille est Juan Sebastian Elcano. Des 237 marins du départ, il en reste à peine 100, pas assez pour une flottille de trois bateaux. Elcano décide donc de repartir avec seulement deux des navires. Les deux navires quittent donc les Philippines début mai et arrivent aux fameuses îles aux Épices 6 mois plus tard.
Ils atteignent les îles aux Épices en novembre et chargent les deux navires restants. Pour des raisons de sécurité, on décide que l'un naviguera vers l'est et l'autre vers l'ouest. Celui qui retourna vers l'est, le Trinidad, fut arraisonné par des marins portugais qui ne trouveront à bord que vingt marins-fantômes. Le Victoria réussit à traverser l'océan Indien et à passer le cap de Bonne Espérance, pour rejoindre l'Espagne. Il ne reste que 18 membres d'équipage, incluant Antonio Pigafetta, qui a pu nous raconter l'histoire. Le Victoria fut le premier bateau qui effectua la circumnavigation complète du globe. Tous frais déduits, les épices rapportées à fond de cale procurèrent le bénéfice énorme de 428 000 maravédis.
Il faut essayer de comprendre en nous plaçant au XVe siècle les hasards, les difficultés et l'héroïsme d'une telle entreprise.
Lien interne
- Antonio Pigafetta
- Enrique de Malacca, l'interprète de Magellan.
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