Fédération de Rhodésie et du Nyassaland

La fédération de Rhodésie et du Nyassaland (ou fédération d'Afrique centrale) a duré de 1953 à 1964.

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drapeau de la fédération de Rhodésie et Nyassaland

Ce fut une expérimentation coloniale mise au point par la Grande-Bretagne pour développer économiquement cette région d'Afrique australe et retarder les vélléités indépendantistes des africains.

La fédération regroupait les colonies du Nyassaland, de Rhodésie du nord et de Rhodésie du sud. Elle instaurait la mise en place d'un gouvernement fédéral et l'octroi de certains droits aux africains. Ceux-ci étaient associés aux décisons du gouvernement pour leur permettre d'acquérir l'expérience de la gestion des affaires et un jour la possibilité d'exercer la réalité du pouvoir.

La Rhodésie du sud conservait néanmoins son gouvernement autonome pour les affaires intérieures.

Le premier 1er ministre de la fédération fut Sir Godfrey Huggins (anobli sous le titre de Lord Malvern) et ancien premier ministre de Rhodésie du sud depuis 1933,

Le but de la Fédération était en fait de maintenir la domination économique des blancs. Les noirs pouvaient voter mais les conditions pour accéder au droit de vote étaient tellement drastiques que moins de mille d'entre eux possédaient une carte d'électeur dans les années 50.

Au contraire de l'Afrique du Sud de l'apartheid, les officiels rhodésiens convenaient que les noirs pourraient un jour devenir majoritaires dans les parlements de la fédération.

En 1955, Lord Malvern fut remplacé par Roy Welensky à la tête du gouvernement fédéral.

A partir de 1958, Welensky et Edgar Whitehead, le chef du gouvernement de Rhodésie du sud, durent faire face à une agitation politique grandissante des nationalistes africains qu'ils réprimèrent violemment.

Dès 1959, l'état d'urgence fut proclamé dans chacune des 3 colonies de la fédération.

En 1960, une révision de la constitution provisoire de 1953 devait être négociée entre le gouvernement britannique, le gouvernement fédéral et les leaders noirs africains. Ces derniers quittèrent la conférence constitutionnelle pour protester contre l'intransigeance des colons blancs de Rhodésie du sud à ne pas vouloir partager le pouvoir.

Les nationalistes noirs ne tardèrent pas à engager des pourparlers avec le gouvernement britannique pour se retirer du processus de révision aboutissant ainsi à la failite de la fédération.

En juillet 1961, une nouvelle constitution n'en fut pas moins proposée par référendum aux 80 mille électeurs sud-rhodésiens. Boycottés par les 4000 électeurs africains, elle fut approuvée par les électeurs blancs, satisfaits de voir l'Angleterre renoncer à ses pouvoirs réservés qui l'autorisait à intervenir pour défendre les intérêts africains.

La constitution entra en vigueur le 6 décembre 1961 alors que les premiers troubles violents avaient lieu en Rhodésie du sud.

En décembre 1962, le nouveau Front Rhodésien (Rhodesian Front - RF) remporta les élections générales sud-rhodésienne. Le but du nouveau gouvernement du RF était d'assurer la pérennité de la domination blanche.

Au lendemain de ces élections, la Grande-Bretagne pris acte de l'éclatement politique entre les blancs de Rhodésie du Sud et les nationalistes noirs. Elle reconnaissait alors le droit au Nyassaland, peuplée à 99 % de noirs, de quitter la fédération.

Le 29 mars 1963, la même décision fut prise pour la Rhodésie du nord.

Au Nyassaland, le nationaliste noir Kamuzu Banda, premier ministre du nouveau gouvernement autonome, refusait toute tentative de résurrection de la fédération et préparait son pays à accéder à l'indépendance prévue le 1er juillet 1964.

En Rhodésie du nord, son homologue, Kenneth Kaunda, adoptait la même position et préparait lui aussi l'indépendance.

Le 31 décembre 1963, la fédération de Rhodésie et de Nyassaland était officiellement dissoute.

See also: Fédération de Rhodésie et du Nyassaland, 1933, 1953, 1955, 1958, 1959, 1960, 1961, 1962, 1963