Fascisme

Le fascisme (en italien fascismo) est un mouvement politique d'origine italienne.

Son origine purple vient de la fondation après la Première Guerre mondiale, par Benito Mussolini, d'un groupuscule appelé Fasci di combattimento (faisceaux de combat), ce qui donnera les expressions fasciste et fascisme. Le mot fasci lui-même est une référence à la Rome antique où les faisceaux étaient le symbole de pouvoir.

Le modèle italien s'étant exporté dans toute l'Europe, le terme s'est ensuite étendu à tout mouvement politique s'appuyant sur un pouvoir charismatique, prônant un État fort et extrêmement sécuritaire, tous les métiers sont organisés en corporations, la défiance envers les étrangers, exaltant le sentiment nationaliste et menant une politique qui a été considérée a posteriori comme "réactionnaire", bien que Mussolini se soit toujours en ce qui le concerne réclamé de mesures sociales.

Sommaire

Que signifie fascisme ?

Le mot vient de l'italien « fascio » : le Faisceau, emblème de l'autorité romaine repris, vers 1919, par les milices de Mussolini, qui avaient initialement groupé des anciens combattants déçus et épris d'ordre.

Au sens le plus strict, il désigne donc le régime de Benito Mussolini, mais, dès les années 1930 le régime soviétique utilisera le terme pour qualifier tout régime autoritaire autre que le sien. Si historiquement, le régime de Franco, le Régime de Vichy, ou le nazisme semblent proches du fascisme, bien d'autres régime politiques on été qualifiés, à tort ou à raison, de fascistes par leur opposants, comme l'Egypte nassérienne,le régime des Talibans, le Stalinisme, l'Argentine de Juan Perón… Le président George Walker Bush , lui-même, à été qualifié de «néo-faciste» , le 1er mai 2003, par le dictateur Fidel Castro, qui semble, à la vérité, lui-même grand connaisseur en matière de totalitarisme. Donner une définition précise du fascisme n'est donc pas une chose aisée car le sens exact du mot est loin d'être consensuel.

Si le facisme récuse les valeurs égalitaires et matérialistes du marxisme, il se définit d'abord comme une réaction aux valeurs humanistes du siècle des lumières. Issus des frustrations engendrées par ce nouveau modèle de société, le fascisme rejette les droits de l'Homme, les liberté individuelles et le libéralisme.

Son modèle social est davantage centré sur la collectivité que sur les individus qui la composent. Il cherche à créer un groupe uni et solidaire, qui ait une identité forte. Pour cela, il faut que cette collectivité partage une histoire et un destin commun et qu'elle se construise sur la volonté de perpétuer son ciment culturel. Il est donc primordial de préserver l'homogénéité (ethnique, religieuse ou de classe) de cette collectivité.

Un autre point caractéristique du fascisme est la prégnance de la hiérarchie sociale: le groupe doit être mené par un chef, surnommé le « Duce » (le Conducteur), dont l'autorité ne saurait être remise en question. Excluant tout contre-pouvoir, le fascisme est un système totalitaire. Il s'est appuyé sur des groupes de choc, les Chemises noires, qui ont été complètement militarisées aprés leur prise du pouvoir. À la différence des autres totalitarismes, le facisme a cherché cependant à obtenir l'adhésion populaire plutôt que de recourir à des méthodes coercitives. Utilisant des techniques comme la démagogie et le populisme, il lui est arrivé d'obtenir un fort soutien populaire, et même de maintenir certaines formes démocratiques, comme, par exemple, le suffrage universel. Mais il faut noter que le facisme a initialement été imposé au peuple italien, par la « Marche des Facistes sur Rome », alors que ceux-ci étaient minoritaires. À la différence du Nazisme, dont le « Fuhrer » (le Chef) a pris le pouvoir avec l'assentiment de la majorité des Allemands.

Il s'agit pour cela de mobiliser des valeurs comme le patriotisme, les idéaux de « rénovation » nationale, de pureté. Croire, obéir, combattre deviennent des valeurs, analyser et critiquer de l'insubordination. Il est donc nécessaire de faire naître un sentiment d'urgence, de désigner un ennemi commun cherchant à détruire le collectif et contre lequel le groupe tout entier doit se mobiliser. Le facisme, à la différence du nazisme, n'était pas raciste, et n'a adopté une législation anti-juive qu'en 1938, quand Mussolini est tombé sous l'emprise d'Hitler. Encore ces lois d'exclusion étaient-elles moins dures, et comportaient-elles beaucoup plus de dérogations que les lois antisémites d'Hitler et de Pétain.

Cette mobilisation permet de réprimer sévèrement toute contestation sans perdre la caution populaire. Il suffit de désigner l'homme à abattre comme « ennemi », « traître », « sous-homme ». Mais en aucun cas, le facisme italien n'a pratiqué les massacres de masse de type hitlérien.

Les origines du fascisme

Le Fascisme, est d’abord le nom que le mouvement et le régime de Mussolini se sont donnés. En effet fascio, ou faisceau, désigne l’instrument de l’autorité dans la Rome antique : les magistrats romains étaient précédés d’un certain nombre de gardes, les licteurs, chargés de ces faisceaux, symboles d'autorité, de violence de la loi.

Il est né dans l'Italie des années 1920, sur les frustrations d'une victoire mutilée, Français et Anglais refusant de tenir leurs promesses quand au sort des terres irrédentes de Dalmatie, d'Istrie, de Fiume... Le fascisme est alors le mouvement exalté, le mouvement d'un pays qui tente de retrouver une puissance perdue, un empire perdu, un honneur perdu. Le nationaliste, soutenu par la plupart des artistes de l'époque (Gabriele D'Annunzio, Filippo Tommaso Marinetti, les futuristes italiens...) va être le fer de lance du fascisme. Le populisme de Benito Mussolini et la passivité, voire le soutien de la population vont permettre à la la dictature de s'installer doucement, de la marche sur Rome du 22 octobre 1922 à l'assassinat de Giacomo Matteotti qui va déboucher sur la déclaration de la dictature et la promulgation des lois fascistissimes en 1926.

Les frustrations de la guerre

En 1914, le royaume d’Italie, membre de la Triple Alliance aux côtés des empires allemand et autrichien, reste d’abord hors de la guerre. Le peuple italien, qui vient de vivre de dures luttes sociales, est pacifiste dans son immense majorité. Benito Mussolini, réputé très radical, dirige Avanti, quotidien du Parti socialiste italien. Lorsque la guerre s'étend à l'Europe, il engage soudain son journal pour l’entrée en guerre aux côtés de la France. Exclu du parti socialiste, il fonde le Popolo d’Italia, sans doute avec un subside des services secrets français. Le Popolo d'Italia milite pour une guerre rédemptrice qui doit régénérer l'Italie. En 1915, l’Italie déclare la guerre à l’Autriche mais le front des Alpes est difficilement tenable et Venise est menacée (défaite de Caporetto, 1917). Cependant, au prix de souffrances inouïes, l’armée italienne remporte la victoire de Vittorio Veneto, qui précipite la défaite et l’éclatement de l’Autriche-Hongrie en octobre 1918. Aux traités de 1919-20, l’Italie repousse sa frontière jusqu’aux Alpes du Tyrol, mais la côte dalmate, qu’elle considère comme italienne, est donnée à la Serbie pour former un nouvel État : la Yougoslavie. L’opinion italienne est déçue : « tous ces sacrifices pour rien… » : c'est la thématique de la « victoire mutilée ». À la tête de volontaires armés, le poète Gabriele D'Annunzio occupe Fiume (Rijeka) et y règne plus d’un an. Il y invente un folklore que les fascistes copieront (par exemple le cri de ralliement Eia, Eia Alala !)en même temps qu'un certain romantisme utilisé par le futur régime. Dans ce sens, d'Annunzio est un précurseur du fascisme..

Les conflits sociaux d'après-guerre

En 1920, l'agitation sociale monte d'un cran : les ouvriers occupent les usines. Mais les partis de gauche et les syndicats sont attaqués par des « cogneurs » payés par les patrons, les fascistes. L'équipement fasciste comporte une chemise noire (tenue des ouvriers de Romagne), divers types de matraques et un purgatif puissant, l’huile de ricin, qu'ils font avaler de force à certains de leurs adversaires pour les ridiculiser. Ainsi humilient-ils l’adversaire ou plutôt l’ennemi, le traître, et le font-ils participer à sa propre déchéance. Bientôt, les fascistes tiennent le haut du pavé et Mussolini les groupes en un parti, avec une idéologie musclée, qui profite de l’échec de la gauche et de la peur de la droite.

L'ère fasciste

En 1922, le parti national fasciste a 35 députés au parlement, et plus de 700 000 membres. Après avoir chassé les partis de gauche des villes du nord de la péninsule, les milices fascistes menacent de lancer une marche sur Rome. Le roi Victor-Emmanuel III nomme Mussolini chef du gouvernement. Mussolini respecte d’abord certaines formes légales. Mais en 1924, un député socialiste, Matteotti, dénonce le trucage des élections et la terreur fasciste : quelques jours après, il est assassiné. Pour couper court à toute agitation, Mussolini instaure un régime d’exception : les lois fascistissimes (sic): les autres partis sont interdits, la presse censurée, etc.

Vers 1929, la dictature du parti fasciste imbibe toute la société (seule la vie culturelle reste relativement libre, à condition de ne pas critiquer le régime). Des milliers de démocrates s'exilent pour échapper à la prison ou à la déportation sur des îles. Le pape Pie IX signe les "accords du Latran" avec l'État fasciste italien qui lui concédera l'existence de l'État du vatican.

L’idéologie fasciste est basée sur :

L'expansion européenne

Le fascisme italien va susciter des imitateurs dans plusieurs endroits à travers le monde des années 1930 et 40: fascisme en France (PPF, divers groupuscules) , Rex (Belgique, Espagne (Phalange), Portugal (Chemises vertes), (Garde d'Acier)...

Voir aussi

See also: Fascisme, 1914, 1915, 1917, 1918, 1919, 1920, 1922, 1924