Exponentiation modulaire
L'exponentiation modulaire est un type d'exponentiation exécutée sur un modulo un entier. Elle est particulièrement utilisée en informatique, spécialement dans le domaine de la cryptologie.
Généralement, les problèmes d'exponentiation modulaire prennent forme avec une base donnée b, un exposant e, et un entier m, et l'on souhaite calculer c comme ceci :
Si b, e, et m sont positif et b < m, alors l'unique solution c existe et possède la propriété 0 ⩽ c ⩽ m. Par exemple, on donne b = 5, e = 3, et m = 13, la solution c qui marche est 8.
Les problèmes d'exponentiation modulaires similaires au précédent sont considérés comme faciles à résoudre, même si les nombres en jeu sont énormes. Au contraire, calculer le logarithme discret (à partir de b, trouver les données c, e, et m) est reconnu comme difficile. Ce comportement de fonction à sens unique fait de l'exponentiation modulaire une bonne candidate pour être utilisée dans les algorithmes de cryptologie.
Méthode directe
La méthode la plus directe pour calculer un exposant modulaire est de calculer be directement, puis de prendre ce nombre m. Essayons de calculer c, avec b = 4, e = 13, et m = 497:
On peut utiliser une calculatrice pour calculer 413; ceci a pour valeur 67 108 864. Prenons celle-ci modulo 497, la réponse c est déterminée et est égale à 445.
Notez que b a seulement une longueur de un chiffre et que e a seulement une longueur de deux chiffres, mais la valeur be a une longueur de 10 chiffres.
En cryptologie forte, b a souvent au moins 256 chiffres binaires (77 chiffres décimaux). Prenons b = 5 × 1076 et e = 17, les deux ont des valeurs parfaitement raisonnables. Dans cet exemple, b a une longueur de 77 chiffres et e a une longueur de 2 chiffres, mais la valeur de be a une longueur de 1 304 chiffres décimaux. Ce genre de calculs sont possibles sur les ordinateurs modernes, mais l'absolue énormité de ce genre de nombre ralentit considérablement la vitesse des calculs. Comme b et e augmentent même de plus en plus pour donner une meilleure sécurité, la valeur be devient impraticable.
Le temps requis pour exécuter l'exponentiation dépend de l'environnement opératoire et du processeur. Si l'exponentiation est exécutée comme une série de multiplications, alors ceci requiert O(e) de temps pour être achevée.
Méthode utilisant moins de mémoire
Une seconde méthode pour calculer l'exponentiation modulaire requiert plus d'opérations que la première méthode. En raison de l'exigence moindre de mémoire requise, les opérations prennent pourtant moins de temps que précédemment. Il en résulte que cet algorithme peut se montrer plus rapide :
- soit par de moindres échanges entre cache (antémémoire) et mémoire
- soit par une moindre utilisation du swapping dans le cas de mémoire virtuelle
Cet algorithme utilise le fait que, pour deux entiers donnés a et b, les premières relations impliquent la suivante :
L'algorithme suivant :
- Fixer c = 1, e' = 0.
- Augmenter e' par 1.
- Fixer
.
- Si e' < e, aller à l'étape 2. Sinon, c contient la solution correcte de
.
Notez qu'à chaque passage de l'étape 3, l'équation
devient vraie. Lorsque l'étape 3 a été exécutée e fois, alors, c contient la réponse qui était cherchée.
Reprenons l'exemple b = 4, e = 13, et m = 497. L'algorithme passe par l'étape 3 treize fois :
- e' = 1. c = (1 × 4) (497) = 4 (497) = 4.
- e' = 2. c = (4 × 4) (497) = 16 (497) = 16.
- e' = 3. c = (16 × 4) (497) = 64 (497) = 64.
- e' = 4. c = (64 × 4) (497) = 256 (497) = 256.
- e' = 5. c = (256 × 4) (497) = 1024 (497) = 30.
- e' = 6. c = (30 × 4) (497) = 120 (497) = 120.
- e' = 7. c = (120 × 4) (497) = 480 (497) = 480.
- e' = 8. c = (480 × 4) (497) = 1920 (497) = 429.
- e' = 9. c = (429 × 4) (497) = 1716 (497) = 225.
- e' = 10. c = (225 × 4) (497) = 900 (497) = 403.
- e' = 11. c = (403 × 4) (497) = 1612 (497) = 121.
- e' = 12. c = (121 × 4) (497) = 484 (497) = 484.
- e' = 13. c = (484 × 4) (497) = 1936 (497) = 445.
La réponse finale pour c est par conséquent 445, comme dans la première méthode.
Comme la première méthode, ceci requiert O(e) de temps pour être achevée. Néanmoins, comme les nombres utilisés dans ces calculs sont plus petits que les nombres utilisés dans les calculs du premier algorithme, le facteur constant dans cette méthode tend à être plus petit.
La méthode la plus efficiente
Une troisième méthode qui réduit drastiquement et le nombre d'opérations et la place en mémoire requiert d'améliorer l'exponentiation modulaire. Elle est une combinaison de la méthode précédente et d'un principe plus général appelé exponentiation binaire (connue aussi comme exponentiation par carré).
Premièrement, il est requis que l'exposant e soit converti en notation binaire. Ceci étant, e peut être écrit :
Dans cette notation, la longueur de e est de n bits. ai peut prendre la valeur 0 ou 1 pour n'importe quel i comme ceci 0 ≤ i < n - 1. Par définition, an - 1 = 1.
La valeur be peut alors être écrite :
La solution c est, par conséquent :
Comme un algorithme peut être facilement implémenté dans un langage de programmation qui inclus les priorités d'opérateurs et la mise en réserve(?). L'exemple suivant est en C#. La classe Bignum représente un grand nombre positif arbitraire. Les données base est la base (b), exp est l'exposant (e), et m est le module.
Bignum modpow(Bignum base, Bignum exp, Bignum m) {
Bignum result = 1;
while (exp > 0) {
if (exp & 1 > 0) result = (result * base) % m;
exp >>= 1;
base = (base * base) % m;
}
return result;
}
Ce code, basé sur ceci à la page 244 de Applied Cryptography de Bruce Schneier, 2e, ISBN 0471117099, utilise une simple boucle while pour exécuter tout le travail nécessaire pour calculer l'exponentiation modulaire.
Notez qu'une fois la boucle entrée pour la première fois, le code variable base est équivalent à b. Néanmoins, l'élévation au carré répétée à la troisième ligne de code assure ceci à la fin de chaque boucle, la variable base est équivalente à
, où i est le nombre d'itérations de la boucle. (Ceci donne pour i le prochain bit à travailler de l'exposant binaire exp, où le plus petit bit significatif est exp0).
La première ligne de code transporte simplement la multiplication dans
. Si ai est zéro, aucun code n'exécute ceci effectivement, multipliant le total par un. Si ai est, par exemple, un, la variable base (contenant la valeur
de la base originale) est simplement multipliée dedans.
Finalement, l'exemple b = 4, e = 13, et m = 497 sera essayé dans ce test. Notez que e est égal à 1101 en base deux. Parceque e est d'une longueur de quatre chiffres, la boucle s'exécutera seulement quatre fois :
- Une fois avoir entré la boucle pour la première fois, les variables base = 4, exp = 1101 (binaire), et result = 1. Comme le bit le plus à droite de exp est 1, result est changé en (1 × 4) % 497, ou 4. exp est tronqué à droite pour devenir 110 (binaire), et base élevée au carré pour être (4 × 4) % 497, ou 16.
- Lors de la deuxière exécution de la boucle, le bit le plus à droite de exp est 0, obligeant result à retenir sa valeur actuelle de 4. exp est tronqué à droite pour devenir 11 (binaire), et base est élevé au carré pour être (16 × 16) % 497, ou 256.
- Lors de la troisième exécution de la boucle, le bit le plus à droite de exp est 1. result est changé pour être (4 × 256) % 497, ou 30. exp est tronqué à droite pour devenir 1, et base est élevée au carré pour être (256 × 256) % 497, ou 429.
- Lors de la quatrième exécution de la boucle, le bit le plus à droite de exp est 1. result est changé pour être (30 × 429) % 497, ou 445. exp est tronqué à droite pour devenir 0, et base est élevée au carré pour être (429 × 429) % 497, ou 151.
La boucle termine alors, comme exp est égal à zéro, et le résultat 445 est retourné. Ceci est en accord avec les deux algorithmes précédents.
Le temps d'exécution de cet algorithme est O(log e). Lorsqu'il travaille avec de grandes valeurs de e, il offre une vitesse substancielle et un bénéfice largement supérieur aux deux algorithmes précédents.
