Évangélique
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Évangélique (adjectif)
Adj. Qui se rapporte aux évangiles
Evangile : du grec ευ-άγγελον (eu-ággelikon, litt. "bon message", p. ext. "bonne nouvelle"), et qui désigne de manière générale l'enseignement spécifiquement attaché à la religion chrétienne. Les évangiles, livres de base de l'enseignement chrétien, ont été écrits au premier siècle apr. J.-C. et se basent sur le récit de la vie de Jésus-Christ.
Exemple : Une vérité évangélique. C'est une vérité qui est tirée des évangiles.
Expression : Une simplicité évangélique. Se dit d'une vérité compréhensible de tous, et qui est facilement expliquée.
Évangélique (adjectif et substantif)
En tant que substantif, désigne une forme de christianisme ou une personne qui adhère à cette forme, appelée le « christianisme évangélique ». (Anglais evangelicalism, allemand Evangelismus avec majuscule.)
En tant qu'adjectif, désigne ce qui se rapporte à cette forme de christianisme ou à ses adhérents. (Anglais evangelical, allemand evangelisch avec minuscule.)
- Termes à éviter : · Évangélisme · Évangéliste(s)
Credo symbole : ICHTHUS — IΧΘΥΣ
Ίησούς Χρίστος Θεού Υίός Σοτήρ
Iesous CHristos THeou Uios Sôtèr
Jésus Christ Fils de Dieu, Sauveur
Christianisme évangélique
Une signification difficile à saisir
Souvent au pluriel.
Sens souvent évoqué dans les expressions « christianisme évangélique » ou « (les) évangéliques ». Au cours des deux derniers siècles ce substantif a pris des significations souvent confuses, puisqu’il est un homonyme (à la fois un homophone et un homographe) de l’adjectif. L’anglais fait la distinction entre les adjectifs evangelical (« évangélique », « de l’Évangile » ou « des évangiles » ; mais signifie parois également en tant que substantif « adhérent au christianisme évangélique ») et evangelistic (« lié à la promotion de la prédication et de le dissémination de l’Évangile chrétien »).
En français, d'un point de vue européen, le terme est lexicalement plus proche de l'allemand evangelisch (adj.) ou Evangelisch(en) (subst.) qui en Allemagne désigne de façon générique les protestants (luthériens et réformés).
« Évangélique » est en réalité un terme générique. Désignant aujourd’hui dans les régions à prédominance de langues germaniques (Allemagne, Europe nordique, Angleterre (à relativiser), États-Unis, Canada, Afrique du Sud, Australie) la forme dominante du christianisme issu de la Réforme (XVe et XVIe siècles), il ne se caractérise pas par une prise de position singulièrement particulière dans le christianisme réformé (ou « protestant »). C’est à un tel point qu’ailleurs dans le monde le terme « évangélique » est simplement pris comme synonyme de « protestant ». Par exemple, en Belgique on parle volontiers du culte protestant-évangélique ; dans beaucoup de pays francophones en Afrique, l'Église évangélique désigne l'ensemble des églises chétiennes non catholiques reconnues.
La difficulté de la compréhension du christianisme évangélique en tant que phénomène uniforme est due à ce manque de distinction, résultant aussi du fait qu'il n'a pas d'événement précis marquant sa naisannce, un manque de distinction qui ne permet pas de "définir" le christianisme évangélique si ce n'est par des caractéristiques générales de cette mouvance chrétienne plurielle.
L'«Église» évangélique (si tant est que l'expression convient) se rapporte à un sous-ensemble du protestantisme. La foi évangélique se veut conforme aux évangiles.
En tant que telle, la naissance des églises évangéliques se situe à partir du 18ième siècle et est issue des églises protestantes traditionnelles (anglicane, réformée, luthérienne). On ne peut pas attribuer leur naissance à un seul évènement en particulier.
On peut citer comme noms importants John Wesley, Charles Spurgeon, Smith Wigglesworth qui sont considérés comme des fondateurs de la foi évangélique.
L'ensemble des églises évangéliques toutes confondues représentent aujourd'hui près de 500 millions de personnes dans le monde, les plaçant au deuxième rang parmi les religions issues du Christianisme, après le Catholicisme.
Une mouvance chrétienne plurielle
Le christianisme évangélique (parfois, mais rarement appelé évangélicalisme) est une catégorie générale regroupant divers mouvements d’obédience protestante. La diversité de ces mouvements est à attribuer à une caractéristique même d’un des piliers du protestantisme, la Sola Scriptura (« l’Écriture seule »), établissant la Bible comme l’autorité suprême en matière de foi (à l’exclusion de la Tradition, en rupture avec le catholicisme romain) et l’ultime fondement de celle-ci, associé à un choix délibéré pour le libre examen : le croyant est appelé à lire la Bible pour lui-même et forger son avis sur base de sa propre critique et des éclairages des spécialistes. C’est donc à partir d’interprétations divergentes de certains points particuliers des écrits bibliques (du canon protestant), ou alors d’emphase sur certains points non doctrinaux qui peuvent être ou ne pas être disputés, que des écoles différentes se sont constituées en Églises, appelées dénominations.
Les « dénominations »
À ce jour, les principales dénominations évangéliques comprennent les chrétiens
- Baptistes
- Mennonites ou Anabaptistes : mouvement fondé par des chrétiens réformés de l’Europe occidentale (Suisse, France, Belgique, Pays-Bas) au XVIe siècle ; figure de proue : le réformateur néerlandais Menno Simons à qui l’on doit le titre de cette dénomination. Strictement non violents, les mennonites furent dès leur apparition les partisans d’une radicale séparation entre l’ordre religieux et l’ordre politique, préférant se tourner vers le pacifisme et l’action sociale, selon la conception de l'Évangile enseignant qu'un chrétien doit porter du fruit. En même temps, ils conçoivent que le baptême ne peut être reçu qu'après demande, par un adulte consentant, chose inacceptable pour pratiquement tous à l’époque ; ils n'hésitent donc pas à prôner le re-baptême des adultes (d’où leur autre nom d’anabaptistes, littéralement « re-baptiseurs »). Cette attitude radicale leur valut de vifs désaccords des autres mouvements protestants (principalement luthériens et calvinistes), conjugués aux hostilités des catholiques, qui les cantonna dans une pratique secrète de leur foi, et poussa un bon nombre d’entre eux à s’exiler en Amérique du Nord. Les mennonites aujourd’hui représentent une branche assez réduite du protestantisme (1 million d'adhérents), quoique leur vif engagement pour l’action sociale et l’apolitisme s’est traduit en associations et en réflexion sur les grandes questions dans la société moderne.
- Adventistes du Septième Jour (ou simplement « adventistes »). Mouvement fondé par le prédicateur américain William Miller (1782-1849), qui axa avec un certain succès (50.000 personnes – les milléristes – acquises à sa cause en moins de quinze ans) sa prédication sur l’eschatologie chrétienne en avançant que, sur base de calculs à partir de la Bible (surtout le livre prophétique de Daniel), le Second Avènement (ou Seconde Venue) du Christ (autrement dit le retour du Christ sur terre ; en latin Secundum Adventum Christi, d'où le nom d'adventistes), effectivement annoncée dans la Bible mais sans précision de date, devait se dérouler en 1844. L’histoire lui ayant donné tort, la grande déception donna un coup sévère à la popularité de l’adventisme. Ellen White (1827-1915) jouera un rôle important, sinon déterminant, dans la re-popularisation du mouvement en mettant l’emphase sur les erreurs d’interprétation de Miller et surtout l’attachement au respect du jour du samedi (septième jour de la semaine juive) en tant que jour du repos plutôt que le dimanche. D’aucuns parmi les protestants ont considéré l’adventisme comme un « culte » (dans le jargon évangélique), autrement dit une secte. Les principales dissensions doctrinales concernaient l'autorité d'Ellen White au sujet des prophéties, son autorité sur les fidèles, et les prises de position doctrinales sur le sabbat, la rigueur des codes vestimentaires et de mode de vie (interdiction formelle de la consommation du tabac et de l'alcool), l'isolation d'avec les autres chrétiens, et la tendance au légalisme (ici, un attachement erroné et trop grand à la Loi juive). On a pourtant observé dans cette mouvance une tendance au rapprochement vers le christianisme protestant. De son côté, le reste du protestantisme a au cours des dernières décennies de plus en plus rejoint l'avis des adventistes sur l'imminence de la Seconde Venue du Christ, annonçant selon la Bible la fin des temps et le Jugement. Les adventistes ont abandonné certaines positions qui faisaient l'objet de reproches comme l'excès de leadership et de direction. Néanmoins, leur position n’a pas vraiment changé concernant le sabbat, les codes vestimentaires ou la consommation de l’alcool, par exemple. Il s’ensuit que les adventistes sont probablement les protestants qui ont le plus de désaccords doctrinaux avec le reste des évangéliques, tant et si bien que leur classification parmi les évangéliques ne va pas toujours de soi. Néanmoins, c’est aux adventistes que l’on doit une partie conséquente de la littérature et de la pensée eschatologique chrétienne contemporaine, et une emphase plus forte sur l’héritage judaïque du christianisme et des doctrines chrétiennes.
- Méthodistes : fondé par le prédicateur anglais John Wesley (1703-1791), qui n’avait pas pour visée de créer une nouvelle Église, en Angleterre et dans les colonies américaines. John Wesley est souvent considéré comme l’un des pionniers du christianisme évangélique (bien que ce dernier ne portait pas encore de nom à l’époque). L’apparition du méthodisme et la conception de Wesley sont, en effet, caractéristiques de traits principaux du christianisme évangélique : l’importance de la conversion personnelle, de la vie et du témoignage de foi, de l’étude de la Bible, de la musique pour la louange et l’adoration et de l’engagement social d'inspiration christique, et surtout de l’« annonciation » (ou : prédication) de l’Évangile chrétien, ou évangélisation.
- Pentecôtistes : existant sous une forme classique depuis le début du XXe siècle, mais aujourd'hui l’une des deux mouvances principales répandues lors du Renouveau charismatique initié dans les années 1950, avec le plus de succès dans les communautés afro-américaines des États-Unis, mais mondialement généralisé et touchant même 60 millions de catholiques. Le pentecôtisme met l’emphase sur le Saint Esprit (considéré comme manifestation spirituelle et continue de Dieu dans l’histoire humaine et dans les histoires des vies humaines) et ses dons, tels que présentés dans le Nouveau Testament, et surtout les écrits pauliniens et les Actes des Apôtres (glossolalie, guérisons miraculeuses, et même résurrections font partie de ces dons). Il s'attache, dans le cadre protestant – et encore plus depuis un mouvement appelé "troisième vague" né aux États-Unis dans les années 1980 –, à un retour le plus conforme possible à l'Église primitive décrite dans ces livres. Dans la pratique religieuse, il se distingue fort du protestantisme traditionnel par un culte dynamique, très émotionnel et charismatique, versant souvent à l’exaltation et à l’extase, voire à la transe. Le pentecôtisme a donné lieu à la naissance de ce qu’on appelle les « églises du Réveil » (Revival churches), un ensemble lui-même éclaté réunissant une variété d'unions d'églises et d'institutions d'enseignement. Il connaît aujourd’hui une grande expansion en Amérique du Sud (surtout au Brésil) et en Afrique subsaharienne.
- Évangéliques libres : la seconde mouvance principale née du Renouveau charismatique initié dans les années 1950. Ils se caractérisent par une liturgie libre (en ce sens qu’elle est flexible), peu de réglementations, une organisation de type associatif, et une prédilection pour les méthodes les plus modernes d’exercice du culte (audiovisuel, sonorisation, informatique, musique contemporaine…) et d’évangélisation (évangélisation dite dynamique, avec des stratégies établies, prospectus, sites Internet…). À défaut d’étiquette claire, ce sont souvent eux qui se déclareront plus directement « évangéliques », comme un catholique se déclarerait chrétien.
- De l’Armée du Salut
Unis dans les diversités
Les diversités qui se répercutent en termes sociaux, culturels, ethniques et linguistiques autant que dénominationnels ne posent aux évangéliques, paradoxalmement peut-être, aucun problème d'ordre doctrinal. C'est une conséquence directe d'un autre pilier du protestantisme, celui de la Sola Fide (« la foi seule ») selon lequel, pour le dire simplement, peu importe la dénomination d'une personne, c'est sa foi seule et non ses actions qui sont vues par Dieu comme critère pour son salut ou non. Les évangéliques sont, il semble, les moins frileux à admettre que les membres de leur Église ou de leur dénomination ne seront pas tous sauvés lors du Jour du Jugement. Aussi préfèrent-ils, sans distinction de dénominations (et quand bien même le catholicisme romain n'est vu par eux que comme une autre dénomination), parler de l'Église (tout court) aussi appelée Église universelle à la suite du Symbole des Apôtres (« Je crois en . . . la Sainte Église universelle . . . »), qui est à comprendre comme l'ensemble des "vrais" croyants en Christ, sauvés par leur foi.
C'est un point doctrinal de la croyance chrétienne évangélique qui encourage grandement l'œcuménisme – à un tel point que ce terme d'œcuménisme désigne plus souvent, dans la rhétorique des évangéliques, le contact avec les croyances chrétiennes non protestantes plutôt qu'un rapprochement (alors considéré comme logique et chrétien) entre les diverses dénominations évangéliques.
Depuis un quart de siècle, on observe dans les groupes protestants à caractère évangélique une tendance au rapprochement entre les différentes dénominations. Une politique volontariste pour l’ouverture à tous, la minimisation des différences et la fuite du "dénominationalisme", en plus du fait du manque de distinction du christianisme évangélique en général, l’amène déjà depuis longtemps aussi à une tendance à l’uniformisation sur base de ce qui les unit tous : l’attachement à l’Écriture biblique en tant que fondement de leur foi.
La fuite de l’étiquette et de la catégorisation trop rapide les pousse à développer des comportements ecclésiastiques interdénominationnels. Ainsi, les chrétiens d’obédience évangélique (ainsi que, à une moindre mesure, les protestants traditionnels) auront une forte tendance à se nommer simplement « chrétiens », à avoir des pratiques ou activités similaires en dehors du simple culte hebdomadaire institué, et à développer un langage dont les fondements bibliques (afin d’éviter les particularismes et la labellisation) amène souvent certains à le qualifier de « patois de Canaan ». En guise d'exemples : dans ce « patois », se convertir est plus valablement remplacé par l’expression « rencontrer Jésus » ou « accepter Christ », pratiquer sa foi sera plutôt appelé « vivre en Christ », l’engagement à la repentance est volontiers désignée par l’expression « mourir au péché »…
Cette tendance occasionne souvent une difficulté de communiquer de façon compréhensible l’Évangile de manière directe aux non-convertis au christianisme évangélique (que le jargon évangélique anglo-américain appelle les unchurched ; comprenez ceux qui ne font pas (encore) partie de l'Église (universelle, sans considération de dénominations)). L’avantage qu’il faut y attribuer, pourtant, est que cette tendance force les évangélisateurs (c’est-à-dire, idéalement dans le christianisme évangélique, tous les croyants) à chercher une façon de communiquer l’Évangile de façon plus compréhensible dans le monde développé actuel, et par des moyens plus en phase avec le cadre sociologique de l’endroit d’évangélisation. C’est, il faut le dire, probablement l’un des éléments d’explication du succès de la foi chrétienne évangélique aujourd’hui.
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